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saison 2006-2007

au Théâtre de la Cité Internationale partenaire réduc’snes

En 1967, André Malraux décide de créer une maison de la Culture au sein de la Cité Internationale. Louis-André Perinetti, metteur en scène responsable de l’université du théâtre des Nations en devient le directeur en mai 1968.
A l’époque, il existe une seule salle d’une capacité de 1000 places. Le lieu subira au fil des années des modifications sensibles. L’ancien atelier de menuiserie va devenir un théâtre de poche, "Le jardin". L’ancienne salle des fêtes devient "La Galerie" et l’Orangerie ouvre ses portes sous le nom de "Resserre".
La mission première de ce lieu qui était de promouvoir le Théâtre contemporain international (on y a vu se produire « le Bread and Puppet », « La Mamma de New-york » , « l’Odin Theater » entre autres) se perd dans le courant des années 70 et, à la fin de années 80, le Théâtre de la Cité n’attire plus un réel public.
En 1991, Nicole Gautier reprend le flambeau. Son objectif : proposer au public le plus large possible une programmation novatrice en prise avec les formes contemporaines du spectacle vivant (théâtre et danse) dans ses formes et ses contenus les plus divers, répertoire, auteurs, geste, marionnettes, théâtre visuel...
Le Théâtre de la Cité a trouvé sa vraie destination. Il est devenu aujourd’hui ce qu’ Antoine Vitez nommait « Un théâtre élitaire pour tous ».

Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas au Théâtre de la Cité Internationale même si l’on retrouve des affinités affirmées d’année en année. Ici, une présentation de saison est une fête. Plusieurs parcours sont proposés au gré desquels, on assiste dans différents lieux de la Cité, dans les salles, dans les jardins, à des moments de théâtre proposés par les artistes qui se produiront au long de l’année. Ce que l’on voit au cours d’une après-midi de présentation, ce ne sont pas des extraits des spectacles futurs mais bien de petits spectacles spécialement conçus pour l’occasion et qui, bien entendu, reflètent l’esprit du travail de chaque troupe.

Au cours de la saison 2006-2007, après "Le Révizor" de Gogol dont Christophe Rauck propose une version joyeuse n’occultant pas pour autant la cruauté du texte, avec des chansons ajoutées comme une sorte de clin d’œil au théâtre de Brecht (voir article spécifique), ce sera, jusqu’au 3 décembre "Atteintes à sa vie" de Martin Crimp dans une mise en scène de Joël Jouanneau.
Jouanneau qui avait travaillé ce texte avec les élèves du Conservatoire le reprend ici avec beaucoup d’entre eux devenus depuis des comédiens professionnels.
Un auteur à découvrir qu’on pourrait situer, s’il le fallait absolument, du côté de Samuel Beckett ou d’Harold Pinter. (voir article spécifique)

Avec "Oxygène" qui suivra, jusqu’au 19 décembre, on n’est plus dans le théâtre traditionnel ou narratif. On pourrait parler de théâtre-concert format discothèque. Et pour résumer on pourrait dire que le texte trace, à coups de mots, d’opinions, d’affirmations lancées à 100 à l’heure, le portrait d’une génération en demande d’explications. Le texte est d’Ivan Viripaev et la mise en scène de Galin Stoev.

Du 8 janvier au 6 février 2007, "Intimae" sous titré " petits opéras obliques et insulaires" , est un spectacle "tout public" annoncé comme du théâtre visuel. Michel Laubu qui a conçu le texte et la mise en scène s’est inspiré d’ "Espèces d’espaces" de Perec.
L’univers poétique du spectacle mélange sur le plateau, meubles divers, objets, marionnettes, acteurs manipulateurs et musiciens.

"Elle", qu’on pourra voir du 6 mars au 6 avril, est une courte pièce de Jean Genet mise en scène par Olivier Balazuc et Damien Bigourdan. C’est un concentré du théâtre de Genet, une sorte d’imposture où tout serait truqué mais terriblement vrai. Les metteurs en scène en ont fait un moment de lucidité et un énorme éclat de rire.

Du 15 mars au 6 avril 2007 ce sera au tour de "Fées" , texte de Ronan Chéneau, mise en scène de David Bobée. "Fées" est le deuxième volet d’une trilogie consacrée aux enfants des années soixante dix, cette génération embarrassée face à l’héritage que leur ont laissé leurs parents.

"Tout le bonheur est à l’intérieur" sous-titré "Dispositif pour une télévision d’art et d’essai" est une réalisation d’Odile Darbelley et Michel Jacquelin, poètes de l’absurde et maîtres de la création contemporaine interactive. Ce sera du 31 mai au 30 juin 2007.

La danse est aussi largement présente dans cette programmation.

Après une chorégraphie d’Alban Richard, "Disperse" en octobre, dans laquelle Alban Richard est à la recherche des traces laissées sur un plateau par les corps en mouvements des danseurs,
comme des particules humaines prises dans un mouvement centrifuge, douze chorégraphes dont Dominique Hervieu se sont regroupés autour d’Annie Sellem, metteur en scène pour donner "Les fables à la fontaine" du 9 au 19 décembre. Les mots connus ou moins connus de La Fontaine deviennent mouvements, images, rythmes en allant du baroque au hip hop...

Paco Décina, en résidence au Théâtre de La Cité Internationale pour trois ans, proposera "Indigo" une chorégraphie dans laquelle il va lancer les danseurs de sa compagnie dans "l’espace blanc" qui est pour lui le lieu où doit surgir tout ce qui est enfoui.
Ce sera du 1erau 6 février.

Du 5 au 10 mars, le chorégraphe Pierre Rigal donnera "Arrêts de jeu". Avec ses danseurs, il fait une adaptation très personnelle du match de football contre la Rda en 1982 que la France perdit. Jeux lumineux et effets d’optique accompagnent les joueurs, sortes de gladiateurs modernes.

Du 2 au 6 avril Daniel Dobbels avec "L’insensible déchirure". Les musiques de Messiaen, Schoenberg, Boulez accompagnent la plongée du chorégraphe pour qui la danse est "cet art qui voile son propre déchirement" dans l’Holocauste et les années noires de la deuxième guerre mondiale.

Cirque de création : "I look up, I look down" un spectacle de Chloé Moglia et Mélissa Van Vépi. Deux voltigeuses-acrobates-danseuses entreprennent l’assaut d’une paroi et transforment une technique en moment poétique. Ce sera du 11 au 21 janvier 2007

La Biennale internationale des Arts de la Marionnette se tiendra du 23 au 29 avril.
La marionnette aujourd’hui sortie de l’idée toute faite qu’elle ne se justifiait que dans des spectacles pour enfants est devenue un des arts les plus inventifs. Elle est en plein essor et cette fois-ci un éclairage particulier sera donné sur les artistes néerlandais.

D’autres manifestations ponctuelles s’ajouteront dans le courant de l’année à la programmation annoncée. Francis Dubois

Théâtre de la Cité Internationale
17 boulevard Jourdan
75 014 Paris
Réservations
(partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 43 13 50 60
http://www.theatredelacite.com

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