US 734 du 14 septembre 2013

Vie lycéenne : ne pas se payer de mots

La ministre déléguée à la Réussite éducative souhaite développer l’engagement
lycéen. Des mesures sont nécessaires.

George Pau-Langevin annonçait en mai une
sensibilisation à l’engagement lycéen et
installait la commission de consultation pour
l’acte 2 de la vie lycéenne : « ni coquille vide ni
exercice mené exclusivement rue de Grenelle, elle
doit se faire dans les établissements »
.

La circulaire(1) sur les semaines de l’engagement
lycéen constate la trop faible reconnaissance du
rôle des instances par les adultes, l’information
insuffisante des élèves sur les droits dont ils
disposent pour participer à la vie de leur établissement,
le taux encore trop faible pour l’élection
des CVL (47% au niveau national), la stagnation
du développement des Maisons des
lycéens.

FORMATION OBLIGATOIRE EN OCTOBRE !

La circulaire préconise pour toutes les classes
une formation spécifique aux droits et devoirs
dans l’établissement, aux instances et enjeux de
la vie lycéenne. Les équipes pédagogiques et
éducatives sont responsables de cette formation
obligatoire de deux heures. L’opération est censée
s’achever à la fin de la 7e semaine avec le
renouvellement partiel des CVL sans que le dispositif
ne soit plus explicite : sur quels créneaux
(ECJS, heure de vie de classe) et par qui ?

Des ressources pédagogiques en ligne et un
guide de mobilisation à l’usage des élèves
devraient être en ligne (introuvables à cette
date). Les initiatives des élèves portant sur des
questions citoyennes, débats, forums, rencontres
associatives et divers événements par les CVL et
les MDL pourront aussi être encouragées.

RENOUVEAU DÉMOCRATIQUE

La place des élèves dans la communauté
éducative s’est construite avec les foyers socio-éducatifs (1961) et les délégués de classe (septembre
1968), puis à chaque mouvement
lycéen. Les textes se sont étoffés, donnant plus
de marge d’initiatives, plus de rôle à leurs élus.
Pourtant, cette revendication des syndicats
lycéens demeure.

Les mesures, tels les référents « vie lycéenne »,
l’abaissement de la majorité associative à 16 ans,
le renforcement du rôle des CVL, ne seront efficaces
que si elles s’articulent avec la prise en
considération du point de vue des élèves et de
leurs projets. Au coeur de ces problématiques,
les CPE jouent un rôle essentiel. Lors de la
consultation ministérielle, le SNES et la FSU ont
fait des propositions pour que les instances
lycéennes contribuent à un renouveau démocratique
du système. Dans les CVL comme aux
CA, les personnels ne sauraient en être tenus à
l’écart.

Valérie Héraut

(1) Circulaire n° 2013-117 du 29-7-2013, BO n° 31 du 29 août.

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