US 717 du 11 janvier 2012

Versailles : le lycée diversifié attaqué

Le recteur de Versailles est mis en difficulté par une forte
mobilisation pour préserver un lycée diversifié et de proximité.

Le recteur a annoncé la couleur, juste avant les
vacances de Noël : pour reprendre une partie
des 495 emplois, il a décidé d’amplifier l’appauvrissement
de l’offre de formation, déjà
sinistrée par de nombreuses fermetures de
filières et de divisions les années précédentes,
en utilisant la réforme des STMG pour supprimer
28 divisions.

SUPPRESSION DE VOIES DE RÉUSSITE
POUR LES ÉLÈVES

Ces suppressions, décrétées avec une extrême
brutalité, sans concertation avec les personnels,
parfois même sans celle du chef d’établissement,
le rectorat les justifie au nom d’une
logique de pôle ; il affirme ne vouloir maintenir
la filière des technologies du tertiaire que dans
les établissements accueillant au moins deux
Premières, de manière à offrir aux élèves au
moins un choix entre deux enseignements de
spécialités. La réalité montre que ces regroupements
vont bien au-delà de ces ajustements
et mettent à mal la conception d’une offre de
proximité pour tous les élèves, et les conditions
d’étude et d’enseignement qu’elle permet.
La secrétaire générale adjointe du rectorat
a ainsi dénoncé la gabegie que représentaient
des classes à 24 élèves, demandant aux élus
des personnels, lors du groupe de travail sur la
carte des formations, s’ils trouvaient normal
des classes à moitié vides.

En toile de fond de cette réduction drastique du nombre de divisions, il y a également le choix de
diminuer le nombre d’élèves en STG que le recteur
trouve excessif dans l’académie, et d’imposer
une réorientation des flux d’élèves pour
remplir les classes des séries générales L et ES.
Le SNES a dénoncé cette conception technocratique
et managériale de la carte des formations
qui s’oppose à l’idée d’orientation choisie
et met en cause la voie de réussite qu’est pour
beaucoup d’élèves la filière des technologies du
tertiaire. Il est remarquable d’ailleurs que le recteur
supprime les STG dans des lycées réputés,
au nom d’une certaine hiérarchie des formations.

MOBILISATION FORTE ET MASSIVE

Face à cette attaque contre la conception d’un
lycée diversifié, à la dégradation des conditions
d’études des élèves et de travail des personnels
qu’elle annonce (effectifs chargés, supsuppressions
de postes...), les personnels de plusieurs
établissements touchés dans l’académie
se sont rapidement mobilisés, avec l’appui des
sections départementales et académique : Francisque
Sarcey à Dourdan, Léonard de Vinci à
Saint-Michel sous Orge, Blaise Pascal à Orsay,
Maurice Éliot à Épinay sous Sénart, Charles
Monod à Clamart et Louis de Broglie à Marly.
Assemblée générale, pétition, audience auprès
des élus et du recteur, journées de grève, rassemblement
devant le Rectorat le jour du CTA...
Devant les revendications et les actions des
personnels relayées et soutenues par les élus du
SNES lors du CTA, le recteur a décidé de réexaminer
les fermetures envisagées.

Les élus du SNES continueront à
accompagner et soutenir les
actions menées par les collègues.

N’hésitez pas à contacter :
lycee@versailles.snes.edu

Marie-Damiène Odent,
Marie-Pierre Carlotti

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