Archives 2006

Une opération de dénigrement bien orchestrée !

CO-PSY : Une opération de dénigrement bien orchestrée !

Depuis quelques semaines un feu roulant de critiques s’abat sur les co-psy. Lors de l’émission « le téléphone sonne » du 16/01,consacrée à l’orientation dans le supérieur, un conseiller du CIDJ s’est livré à des attaques violentes contre les co-psy, recrutés selon lui à la maîtrise, ne connaissant rien à la situation de l’emploi et des débouchés, parce que provenant uniquement du champ de la psychologie*.
Notons que pour un organisme qui veut prouver sa supériorité en matière d’information, il aurait été souhaitable de vérifier l’exactitude des informations dont on se sert pour argumenter son propos. Il aurait également été utile d’éclairer les auditeurs sur le niveau de formation et la spécificité professionnelle des conseillers embauchés par le CIDJ et par le Bureau information jeunesse ! *

Dans le dossier de la revue « capital » de janvier 2006 consacré à l’emploi des jeunes, la première mesure proposée par les rédacteurs consisterait à « recruter et former des conseillers d’orientation compétents », la quatrième mesure plaide pour la création d’un guichet unique. S’appuyant sur les propos d’une assistante sociale des Hauts de seine, qui « en aurait ras le bol de faire le travail des conseillers « qui n’expliquent pas qu’avec un BEP compta on n’a rien mais qu’avec un CAP poissonnerie « on trouve un job à 1700 euros chez Auchan », l’auteur en profite pour épingler « les tares de l’orientation » !
Parmi ces tares bien entendu, « le recrutement de psychologues qui connaissent très peu le monde de l’entreprise » et « les emplois du temps anémiés » des co-psy ! La solution : recruter comme le demande madame Tharin « des vacataires venant d’autres horizons » Les horizons de la flexibilité et de la docilité sans doute !

Confondant systématiquement orientation et insertion à court terme dans l’emploi, passant sous silence les résistances légitimes des jeunes et des familles à se diriger vers des secteurs où dominent l’emploi précaire, la non-reconnaissance des qualifications, la déréglementation du travail, ignorant délibérément les besoins réels de formation et de qualification dans les 10 ans à venir, il est facile de pontifier sur les bonnes solutions et de trouver des boucs émissaires !

Devant la convergence des attaques et les propositions provenant de la droite la plus libérale qui ne tarit pas d’éloges devant le système d’orientation britannique fonctionnant comme un GIP, on voit bien que les grandes manœuvres ont commencé. La chute vertigineuse des postes aux concours pourrait constituer l’acte 1 d’un drame qui viserait à faire disparaître le métier pour le remplacer par une fonction accessible aux enseignants en reconversion, dont la formation serait très sommaire.

Mais la pièce n’est pas jouée !
Face à ces coups de boutoir contre la profession il y a urgence ! Le SNES propose un plan d’action qui s’intègre aux actions décidées nationalement avec les autres catégories de personnels sur la politique éducative, l’emploi et les salaires.

La première étape se situe le 28 janvier à Paris où des délégations de province et des collègues de la région parisienne sont attendus pour débattre de la situation et des suites de l’action. Soyons nombreux !

* Les co-psy sont recrutés par concours ouvert aux licenciés de psychologie puis suivent une formation de deux ans en sociologie d u travail et de l’éducation, en psychologie de l’orientation, de l’éducation, du travail, et font 20 semaines de stage en milieu professionnel, dans des organismes d’insertion, dans les CIO et les établissements
* Les conseillers du CIDJ sont recrutés à Bac + 2 au niveau national et le plus souvent au niveau Bac au plan local

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