US Magazine 709 du 11 juin 2011

Un vrai mic...bac !

LA SESSION 2011 DU BAC restera dans les annales pour la quantité de dysfonctionnements constatés.

Côté coulisses, les suppressions de postes
de personnels enseignants et administratifs,
couplées au manque d’anticipation
sur les départs en retraite au 30 juin se
traduisent par :

- des erreurs et retards dans l’organisation
(convocations arrivées au compte-gouttes,
parfois en dernière minute, parfois seulement
sur les boîtes mail académiques des
collègues ; 20 % des Franciliens non payés
de la session 2010 quand la session 2011 a
commencé, etc.) ;

- des enseignants sommés de continuer à
faire cours tout en faisant passer des oraux
(épreuves de langue vivante en STG et ST2S
etc., mais aussi collègues en collège) ;

- la course aux correcteurs dans différentes
matières (3 000 copies de philosophie sans
correcteur au lendemain de l’épreuve en
région parisienne, généralisation de l’appel
aux stagiaires même n’ayant jamais enseigné
en cycle terminal en Martinique, etc.).

Improvisation

Côté scène, les élèves subissent les contrecoups
d’une organisation en flux tendu :
sujets de remplacement en SES, rumeurs de
fraudes, scandale de la gestion de la fuite de
l’exercice 1 du sujet de bac S en mathématiques.
Au lieu de donner les 4 points de
l’exercice à tous les candidats, ou de faire
passer de nouveau l’épreuve, le ministre
choisit d’annuler l’exercice ! Les élèves
sérieux ayant passé du temps dessus ne
voient leurs efforts gratifiés... d’aucun point.

Il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt :
l’écrasante majorité des élèves a fait son travail
avec honnêteté. La couverture médiatique
axée sur la triche aux smartphones rend
compte d’une réalité dont il faut se préoccuper,
certes, mais qui demeure marginale.

Le bac a toujours du sens

Faut-il en conclure que le bac a vécu ? Nous
affirmons que non. Seul examen national terminal
anonyme, il assure l’égalité de traitement
des candidats sur le territoire. Tout à la fois diplôme de fin d’études secondaires et
passeport vers le supérieur, le bac est aussi
actuellement la seule garantie nationale
d’équité dans un système éducatif où l’autonomie
devient le mot d’ordre. Si le SNES
considère nécessaire de revoir le contenu et les
modalités de certaines épreuves, il n’accepterait
pas que soit remis en cause le caractère
national terminal du bac. Le bac a du sens, il
faut lui donner les moyens de se tenir dans des
conditions convenables.

Valérie Sipahimalani

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