Actualité théâtrale

Petit Montparnasse à partir du 9 septembre 2015

"Un tango en bord de mer" de Philippe Besson Mise en scène de Patrice Kerbrat

Stéphane à la cinquantaine. Il est un écrivain reconnu. Vincent vient tout juste de passer la trentaine et c’est un dilettante.

Ils ont vécu plusieurs années ensemble jusqu’au jour où Vincent, sur un coup de tête, est parti sans explications.

Un soir, deux années plus tard, dans le bar d’un luxueux hôtel, ils se croisent par hasard. Mais est-ce vraiment un hasard ?

Le bar est désert et la vodka aidant, ils reviennent sur les années qui les ont réunis, sur les conséquences qu’ont eues sur l’un et sur l’autre la séparation brutale et sur ce qu’il reste de traces après l’amour.

Stéphane fait preuve de sagesse et de maturité dans son propos.

Pour Vincent, la préoccupation première semble être de ne céder ni au regret ni à l’attendrissement mais lequel des deux trouve le plus de plaisir dans ces retrouvailles ?

Petit à petit, l’intimité qui les a unis, la tendresse d’autrefois refait surface et même si Vincent annonce qu’il a décidé de changer de vie, de créer une famille et d’avoir des enfants, les sentiments qui les a jadis rapprochés n’ont pas dit leur dernier mot.

Philippe Besson a écrit des dialogues d’une grande justesse, d’une sensibilité sans sensiblerie, que relaient avec virtuosité et un naturel confondants, deux comédiens formidables.

Jean-Pierre Bouvier et Frédéric Nyssen interprètent avec une belle complicité ces deux personnages qui, deux années après s’être quittés brutalement, réapprennent à se frôler, à retrouver avec émotion mais sans épanchement jamais, les gestes d’autrefois, la saveurs, les odeurs et entre autres, celle de leurs corps qu’ils n’ont pas oubliée.

Les personnages tout en nuances sont, en dépit des apparences, peu contrastés.

Ils finissent par se rejoindre dans la tendresse retrouvée.

Dans le texte ciselé de Philippe Besson, les vrais sentiments se lisent entre les lignes.

Si l’histoire des retrouvailles de ces deux amants est universelle, elle met en présence deux hommes et la force de leur amour.

Le public qui multiplie les rappels en fin de représentation confirme que la pièce de Philippe Besson n’est pas qu’anecdotique, qu’elle est bel et bien militante.

Francis Dubois

Petit Montparnasse 31 rue de la Gaité 74 014 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative 01 43 22 77 74

Page d’accueil

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « De Pékin à Lampedusa »
    Ils connaissent les dangers de la traversée du désert et de la Méditerranée et pourtant ils sont des milliers à se lancer, au péril de leur vie, dans ce périple où les attendent des passeurs sans foi ni... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Liberté ! (avec un point d’exclamation) »
    Des pieds chaussés de chaussettes rouges s’échappent d’un coffre d’où sort la voix d’un homme fredonnant la chanson de Moustaki Ma liberté. C’est bien de liberté que va nous parler Gauthier Fourcade et,... Lire la suite (Août 2017)
  • « Contagion »
    Nombreux sont ceux qui ont cru, tout au moins au début, que le développement des réseaux sociaux allait permettre de sortir du formatage des media et contribuer à redonner vie à la démocratie en... Lire la suite (Août 2017)
  • « De si tendres liens »
    Dans une série de tableaux successifs se déploie la relation d’une mère divorcée et de sa fille unique, une relation où les souvenirs de l’une rencontrent ceux de l’autre avec ce qu’il peut y avoir de... Lire la suite (Juillet 2017)
  • « Night in white Satie »
    Un drôle de bonhomme, ce Monsieur Satie, avec son pince-nez un peu de travers, ses costumes de velours (il en acheta sept identiques, tous de couleur moutarde, à la suite d’un héritage), son chapeau... Lire la suite (Juin 2017)