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Un film de Stephan Elliott

"Un mariage de rêve" Sortie en salles le 6 mai

"Un mariage de rêve" est l’adaptation d’"Easy Virtue", une pièce de jeunesse de Noël Coward, écrite en 1924 et qui connut à sa création un beau succès. En 1928, un cinéaste alors presque débutant, Alfred Hitchcock, en tournait une version muette.
"Easy Virtue" est une critique de la haute société anglaise figée dans le respect obtus des mœurs victoriennes récemment ébranlées par la guerre. S’en suit une étude psychologique sur la confrontation entre les premiers mouvements de liberté, le craquèlement de la morale et la résistance des vieilles certitudes.
Alfred Hitchock avait axé l’adaptation sur le conflit entre la vieille et la nouvelle Angleterre de 1920. Si Stephan Elliott et son scénariste, dans leur adaptation de la pièce, ont conservé ce contenu au récit, ils ont tenté de l’assortir du potentiel comique du texte de Coward.
John, le fils de la famille revient flanqué de son épouse, Larita, trentenaire émancipée dont la présence et les excentricités contrarient les projets de Mrs Whittaker et parmi eux, celui de voir son fils s’établir auprès d’elle et l’aider à diriger un domaine sur le déclin.
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Larita, qui bouscule les règles établies, ne s’attire guère que la sympathie de Mr Whittaker qui vit en marge de sa famille et peut-être même en marge du monde depuis son retour de la guerre. Il en résulte une complicité grandissante et silencieuse entre les deux personnages qui se démarquent des autres, campés, sous prétexte sans doute de garder le cap de la comédie, de façon un peu trop attendue.
Les mécanismes narratifs appuyés s’ils se justifient parfois au théâtre ne font pas forcément les bonnes recettes au cinéma et Kristin Scott Thomas est une comédienne assez chevronnée pour jouer, sans qu’on ait besoin de l’enlaidir, le personnage déjà saturé de la sentinelle pathétique, veillant sur des valeurs dépassées.
Et c’est peut-être parce que Stephan Elliott a voulu dans son récit ne jamais perdre de vue les aspects comiques et dramatiques du récit qu’il passe à côté d’un final dont il ne fait rien de plus qu’une pirouette scénaristique.
Mais toutes ces réserves n’entament en rien les qualités et la réussite de l’autre film, celui pour lequel a opté Stephan Elliott, comédie traditionnelle tour à tour espiègle truculente non dénuée de revers dramatiques et humains, avec des comédiens qui s’accordent parfaitement à cette logique narrative.
S’il est vrai qu’en cette période morose, le public attend du cinéma qu’il le divertisse et lui "vide la tête", il trouvera avec "Un mariage de rêve" un moment d’évasion dont il n’aura pas à rougir.
Francis Dubois

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