US 686 du 14 novembre 2009

Toutes les raisons de se mobiliser !

Luc Chatel devrait
présenter son
projet de réforme du
lycée dans les
semaines qui viennent.

Il s’agit principalement
et à taux d’encadrement constant :
- d’installer l’accompagnement (2 heures par
semaine à tous les niveaux) ;
- de confier l’orientation aux enseignants ;
- d’équilibrer les flux entre les séries générales ;
- de rénover les séries STI et STL.

Les solutions proposées consisteraient à réduire
les horaires disciplinaires, dont ceux des actuels
enseignements de détermination en classe de
Seconde (SES, artistiques, technologiques...) et à
proposer en Première des programmes communs
aux trois séries générales dans la plupart
des disciplines non scientifiques (dont les langues
vivantes qui ne seraient plus qu’outils de communication).
Ces dispositifs, assortis de stages de
(re)mise à niveau pendant les vacances, sont
censés permettre aux élèves de changer d’orientation
jusqu’à la fin de la classe de Première.

La dotation horaire des classes ne changerait pas,
mais la répartition des heures prévues pour les groupes à effectifs réduits et les dédoublements
serait laissée à l’autonomie de l’établissement.

Ce projet est inacceptable.

Il renvoie au local la responsabilité de gérer la
diminution des heures de cours, et il élude toute
réflexion sur le contenu des enseignements et les
mécanismes de la difficulté et de l’échec scolaires.
Il n’ambitionne pas d’améliorer le taux au
bac bloqué à 64 % depuis 15 ans. Les programmes
de la classe de Seconde, les effectifs,
plus largement les conditions d’enseignement et
de vie scolaire ne sont pas remis en cause. Le
gouvernement chercherait-il seulement à gagner
des moyens par l’éradication du redoublement
au lycée (orientation choisie en Seconde, passerelles
de la série S vers les autres...) ?

Le SNES porte davantage d’ambition pour le
lycée. Il revendique de meilleures conditions
de travail et d’études, avec pour objectif à terme
de mener l’ensemble des jeunes au baccalauréat.

Le SNES demande
➜ 30 élèves au plus dans les classes du lycée
général, avec travail en petits groupes ;
➜des séries STI et STL diversifiées centrées
sur des champs technologiques,
attractives pour les jeunes en terme de culture et d’enjeux socio-économiques ;
➜ une réflexion sur l’ensemble du temps de
l’élève et pas seulement sur les heures de cours ;
➜des CO-Psy en nombre suffisant pour construire
avec les élèves leur projet d’orientation ;
➜une réflexion de fond sur les programmes et
les pratiques ;
➜un cadrage national des programmes et des
horaires, garant de l’égalité alors que l’ouverture
de la carte scolaire renforce la ghettoïsation
de certains établissements.

Le SNES dénonce le choix du gouvernement d’aller
vite, quitte à empiler une succession de projets
bâclés, plutôt que de prendre le temps de
construire un lycée ayant l’ambition de faire réussir
davantage d’élèves.

La qualification de ses jeunes est une force, mais
aussi une nécessité pour la Nation : la réussite professionnelle
repose sur une formation initiale de
qualité, c’est au lycée de l’offrir. Nous devons obtenir
une autre réforme !

T. Reygades , V. Sipahimalani

Pour plus d’informations sur la réforme
et sur le projet du SNES : www.snes.edu,
campagne lycée.