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Un film de Gustavo Hernandez (Uruguay)

"The silent House" Sortie en salles le 16 mars 2011

Wilson et sa fille Laura arrivent à la nuit tombante dans la maison en mauvais état qu’ils ont l’intention de réparer avant de la mettre en vente. Les travaux doivent débuter dès le lendemain. En attendant, il improvisent une chambre dans le salon délabré du rez-de-chaussée. Wilson s’endort mais Laura, restée éveillée, est intriguée par des bruits provenant de l’étage, qui pourraient signaler une mystérieuse présence.
Face à l’insistance de Laura, Wilson décide de gravir l’escalier qui conduit aux pièces du haut mais il n’en reviendra pas et Laura le découvrira bientôt sans vie, le visage ensanglanté.

Commence alors pour elle une longue nuit de cauchemar.
Tourné en un seul plan séquence de 78 minutes, "The silent house" est le premier film d’épouvante tourné en temps réel.
Depuis l’arrivée du père et de sa fille aux abords de la maison, la caméra accompagne Laura seconde après seconde. sans aucune ellipse temporelle ou géographique, avec, comme seule variation possible, les éloignements ou rapprochements de la caméra du sujet.
Gustavo Hernandez a opté pour cette façon de filmer son sujet dans le but de créer une proximité entre le personnage en état d’effroi et le spectateur. Il s’agissait pour lui de ressentir les émotions du personnage comme s’il elles concernaient n’importe lequel des spectateurs.
"The silent house" est inspiré d’un fait divers survenu dans les années quarante dans un petit village. La construction du film a été élaborée à partir d’informations recueillies qui ont permis d’imaginer les quatre vingt dernières minutes de la vie des personnes dont on a retrouvé les corps mutilés accompagnés d’une série de photographies énigmatiques et inquiétantes.
L’idée du plan séquence unique pour raconter ces quatre vingt minutes de l’exploration de la maison hostile par une jeune fille au comble de la frayeur, était tentante. Mais la tentative a-t-elle atteint les deux objectifs que s’étaient fixés Gustavo Hernandez : divertir et effrayer.
D’une part le plan séquence réduit considérablement la respiration du récit et la possibilité d’inclure les rebondissements nécessaires au suspens. Toute rupture dans le déroulement du récit est du coup impossible et, même si la caméra peut se rapprocher du visage pour y lire le degré de frayeur, la narration finit par languir un peu.
C’est sans doute pour remédier à cette langueur, qui s’installe en contradiction avec le film de genre, qu’une séquence a été ajoutée au film. Elle survient après le générique de fin et apporte de précieuses indications sur le personnage de Laura. Alors, s’impose un retour en arrière et se révèle l’importance d’objets qui apparaissaient de façon récurrente au cours du récit.
Mais un film d’épouvante doit-il nécessairement effrayer le spectateur ? Et c’est sans doute l’intérêt majeur de "The silent house", qu’à aucun moment le trait ne soit forcé. Pourquoi nier qu’il s’agit surtout d’un un exercice de style car, de ce point de vue, le film révèle une multitude de qualités et s’avère très réussi.
Francis Dubois

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