Enseigner l’évolution

Sur les notions d’espèces, sur le transformisme

La définition de l’espèce dans les nouveaux programmes 2008 du collège n’est pas sans poser quelques problèmes de didactique.
Guy Rumelhard nous livre ici quelques réflexions et pistes de travail.

« Les notions d’espèces »
morceaux choisis (texte à télécharger en bas de cette page)

"On peut d’emblée mettre un « s » à concepts d’espèce car, comme les concepts de temps, d’espace, de cause, de gène, de milieu et bien d’autres il y a plusieurs sens scientifiques et plusieurs usages possibles simultanément, selon les données observables, les problèmes posés et le contexte. Le temps par exemple est réversible (surtout en physique) ou irréversible (dans le domaine de l’évolution), mais aussi cyclique (en biochimie). Nous allons justifier ce pluriel."

"Une longue tradition pédagogique considère que les élèves sont des « tables rases » au sens ou leur savoir préalable et leurs modes de raisonnement peuvent être négligés ou effacés sans difficultés. Il suffit donc d’énoncer clairement (pédagogie dite des idées claires) les conceptions scientifiques actuelles en les appuyant sur des observations ou des expériences qui « mettent ce savoir en évidence » (attention au sens anglais du mot evidence qui signifie preuve). "

"Définir et dénommer une espèce est une condition de possibilité de toute classification. Identifier une espèce par sa description plus ou moins partielle, est trop long ! Il faut remplacer cette description par un nom. Mais identifier une espèce par un seul nom qui lui est spécifique, risque d’entrainer une pulvérisation ! La double dénomination (espèce + genre = le lion = felis leo) implique d’accepter des regroupements entre espèces qui ne se reproduisent pas entre elles.
Tenter des regroupements s’appuie sur des critères morphologiques qui sont nécessairement discutables puisqu’il n’y a pas le critère opératoire de la reproduction par définition. La discussion s’ouvre alors sur la pertinence des regroupements, et leurs modalités (tiroirs, dichotomies, emboitements, etc.), sur les catégories successives : genre, famille, classes, etc. On s’inscrit ici dans une conception de la phylogénie."

Cuvier : conditions de possibilité et d’impossibilité, ruptures morceaux choisis (texte à télécharger en bas de cette page)

"Le bicentenaire de la naissance de Darwin (1809-1882) et surtout les 150 ans de la publication de son maitre livre « De l’origine des espèces » en 1859 a donné lieu en 2009 à de nombreux articles et numéros spéciaux de revues de vulgarisation scientifique de haut niveau. Ces textes de grande qualité rédigés par des spécialistes français et étrangers ne sont cependant pas exempts de graves erreurs dues à une analyse plus médiatique que réellement conceptuelle de l’histoire du transformisme."

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