Situation et enjeux

Suivi de la loi de refondation de l’Ecole : déni de réalité

Institué par la loi de refondation de l’Ecole de 2013, le comité de suivi a présenté à l’Assemblée un second rapport le 22 février.

Présidé par le député PS Yves Durand, rapporteur de la loi de refondation, le comité de suivi est composé de quatre sénateurs et de quatre personnalités désignées par le ministre de l’Éducation nationale.
Le rapport qu’il a présenté fait état de l’avancée de la mise en œuvre de la refondation : priorité au primaire, réforme de la formation des enseignants, programmes, évaluation et vie des nouvelles instances. Il pointe ensuite la mise en place précipitée de la refondation.
Il fait ensuite un point sur le service public du numérique éducatif. Dès son introduction, le comité se dit « frappé de l’implication forte des enseignants, chefs d’établissement, inspecteurs pédagogiques et de tous les personnels, à qui il a été demandé d’énormes efforts d’adaptation pédagogique pour mettre en œuvre la réforme. » Sur la réforme du collège, il constate que les EPI et l’AP sont en phase de démarrage et que « d’une manière générale, il apparaît clairement que la priorité est donnée par les enseignants à l’application des nouveaux programmes. »
ENVERS ET CONTRE LES PROFESSEURS
Par-delà les synthèses, apparaît un tout autre état des lieux de l’école. Les propos de chef d’établissement et d’IPR f laissent voir une réforme de papier : « il est difficile de parvenir à connaître les contenus réels de EPI. » ou encore « concernant le dispositif AP, il sert souvent à mettre en place des dédoublements ». Le comité de suivi concède que les 3EPI font l’objet d’une mise en œuvre pour le moins disparate d’un collège à l’autre ». Pour le comité de suivi, la culture professionnelle des enseignants du second degré est un frein qu’il faut savoir lever. Cela passe par une formation inter degrés dès la formation initiale en insistant sur les compétences fondamentales. Le numérique et les formations à distance en seront le levier.
S’inscrivant dans la fièvre évaluatrice du New Public Management, ce rapport oublie une fois de plus qu’une véritable refondation de l’École ne peut se faire sans et contre les véritables experts que nous sommes et surtout contre eux. Il est urgent d’écouter les personnels et de prendre en compte leur expérience pour faire réussir tous les élèves. Au lieu de cela, le comité de suivi s’obstine et doute de l’intérêt de diminuer le nombre d’élèves par classe en REP ! Enfin, il propose que des représentants de la société civile et du monde économique participent à la rédaction des programmes !

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