Communiqués de l’intersyndicale

Soutiens d’élus politiques à la demande de moratoire

L’idée d’un moratoire fait son chemin !


Paris, le 5 mai 2004

COMMUNIQUE DE PRESSE
Nicole Touquoy-Morichaud, Conseillère régionale Ile-de-France, Mouvement Républicain et Citoyen

« Monsieur Sarkozy, faites des économies ! ne délocalisez pas le CNDP ».

Le Gouvernement cherche à réduire le déficit de la France par des privatisations d’entreprises, des ventes de terrains et de bâtiments.

Une mesure prise avant les élections régionales par Monsieur Raffarin, Premier Ministre, a échappé à cet inventaire :
La délocalisation du CNDP (Centre National de Documentation Pédagogique) à Chasseneuil du Poitou !

Outre le préjudice énorme porté à ce service public de l’éducation menacé de l’éloignement de ses partenaires habituels (ministères, chaînes nationales de télévision, éditeurs,.. ;) le coût de ce transfert dans des bâtiments inoccupés du Futuroscope est un gouffre financier.

Monsieur le Ministre, écoutez les demandes des élus et des personnels qui s’opposent à ce démantèlement, choisissez l’intérêt général plutôt que le soutien à une mesure sans objet, économisez les fonds publics :

RENONCEZ A LA DELOCALISATION DU CNDP !

Le 4 mai 2004, Nicole Touquoy-Morichaud, Conseillère régionale MRC, Membre du Comité de suivi du CNDP


Paris, le 15 avril 2004

L’intersyndicale vient de recevoir de la part d’André Santini, ancien ministre, maire d’Issy-les-Moulineaux et député des Hauts-de-Seine, le message suivant :

« J’ai pris connaissance avec attention de vos derniers messages et suis intervenu auprès du nouveau Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour demander un moratoire concernant la délocalisation du CNDP à Chasseneuil-du-Poitou.
Je ne manquerai pas de vous tenir informé de sa réponse. »

Candidat aux régionales de mars 2004, monsieur Santini s’était prononcé en faveur d’un moratoire « qui donnera le temps de construire un projet d’intérêt public pour l’édition pédagogique en y intégrant les missions et les savoir-faire reconnus du CNDP et des CRDP ».

Monsieur Santini, qui fait partie de notre comité de suivi, avait également exprimé son soutien à notre projet alternatif d’une implantation à Vanves, dans la circonscription dont il est le député et où se trouve déjà le SFRS-CERIMES pour lequel il était également intervenu.


Paris, le vendredi 16 avril 2004

M. Jacques CHIRAC
Président de la République
55-57, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS

Monsieur le Président,

La délocalisation du Centre National de la Documentation Pédagogique (CNDP), et le récent transfert d’une première tranche des services à Chasseneuil-du-Poitou, dans l’immeuble dénommé Arobase 4, « décidé » au cours du Conseil d’administration du 24 juillet dernier, entraînent un certain nombre de disfonctionnements que nous souhaitons dénoncer, par la présente, avec la plus grande vigueur.

Comme vous le savez, de nombreux élus franciliens, tout comme beaucoup de leurs collègues de la région Poitou-Charentes se sont mobilisés de longue date, contre ce projet de délocalisation en se battant notamment pour la sauvegarde de l’emploi et la poursuite des missions essentielles de conception et de transmission des ressources pédagogiques.

Or, aujourd’hui, il semble bien qu’une nouvelle étape soit malheureusement franchie dans le démantèlement d’un service public indispensable à la production et à la diffusion des savoirs. C’est cette réelle « discontinuité du service public » de documentation pédagogique que nous souhaitons dénoncer, par la présente, car elle porte atteinte à l’avenir de la filière du service public de l’éducation, dans son ensemble.

En effet, la suppression de certain services, dont la DRID (Direction des Ressources et de l’Ingénierie Documentaires), dont la plupart des activités n’ont pas été remises en route depuis bientôt un an, l’éclatement entre Paris et le Poitou de la Direction de la commercialisation, ajoutés à des intimidations répétées afin de forcer à des départs volontaires du personnel et des menaces de licenciements, nous incitent à vous alerter, une nouvelle fois, quant aux conséquences dramatiques que ce transfert peu concerté, précipité et subi par les personnels du CNDP, ne manquera pas d’occasionner.

Que dire, par ailleurs, du manque manifeste de concertation avec les personnels du CNDP, des Centres Régionaux de Documentation Pédagogiques (CRDP), de l’absence recherchée de tout dialogue et des imprécisions quant au surcoût de cette opération de transfert de Paris vers Chasseneuil-du-Poitou ?

En effet, en comparaison, la proposition alternative de relocalisation du CNDP dans les bâtiments, notoirement sous-exploités, du CNED à Vanves, dans les Hauts-de-Seine aurait le mérite de s’inscrire dans un souci de bonne gestion des finances publiques, eu égard au moindre coût occasionné.

Le service public d’édition et de documentation du CNDP ne peut et ne doit être vendu aux plus offrants. Nous souhaitons ainsi, par la présente, vous indiquer notre ferme détermination à nous opposer, et à le faire savoir, à toute tentative de casser davantage l’unité de l’école républicaine, au profit d’une marchandisation et d’une régionalisation de l’Education nationale que beaucoup d’élus réfutent, comme cela ne vous a pas échappé.

Les élus franciliens, issus de sensibilités politiques différentes, les responsables syndicaux, en particulier ceux qui font partie du Comité de suivi de la délocalisation du CNDP - dont la Présidence d’honneur est assurée par Lucie et Raymond AUBRAC - sont particulièrement soucieux de la préservation des missions du CNDP, tête de réseau d’un ensemble de 31 centres régionaux et 83 centres départementaux, qui démontrent au quotidien leur efficacité. Ils souhaitent ainsi que les propositions émises par le personnel, très préoccupé par l’avenir de cette institution, puisse être écoutées, entendues et mises en application.

Un moratoire sur cette question éminemment emblématique de la production et de la diffusion de tous les savoirs aux plus jeunes, aurait le mérite d’envisager, avec sérénité et dignité, un recours pour sauver les personnels et le projet d’une société ouverte sur la connaissance et sa diffusion.

Comme vous le savez, des pistes alternatives existent. Nous espérons ainsi que sous votre haute bienveillance, le dialogue puisse reprendre de manière constructive, afin de garantir l’indispensable continuité de la mission du service public de documentation pédagogique.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre haute considération.

Sont signataires, les conseillers régionaux suivants, membres du Comité de suivi :

- Francine BAVAY, Vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France
- Eric FERRAND, Adjoint au Maire de Paris, chargé de la vie scolaire, Conseiller régional d’Ile-de-France
- Anne HIDALGO, Première adjointe au Maire de Paris, Conseillère régionale d’Ile-de-France
- Gabriel MASSOU, Conseiller régional, Président groupe « communiste, alternative citoyenne et républicain »
- Francis PARNY, Vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France
- Marie-José RAYMOND-ROSSI, Conseillère régionale d’Ile-de-France
- Nicole TOUQUOY-MORICHAUD, Conseillère régionale d’Ile-de-France
- Henriette ZOUGHEBI, Conseillère régionale d’Ile-de-France, Membre du Comité des régions


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