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Sortez..... avec Réduc’snes en juin et juillet

Sélection de spectacles de qualité dans des lieux partenaires, complémentaire de celle publiée dans l’US-Magazine de mai. Les adresses, comme d’autres caractéristiques des lieux, sont accessibles dans la base Réduc’snes (917).
> Aubervilliers 93, le Théâtre de la Commune (01 48 33 16 16, www.theatredelacommune.com, tarif réduc’snes = 15€), dirigé par Didier Bezace dont nous avons publié un grand entretien en 2004, se promène en divers lieux dans sa ville en juin avec "Ici et là" : 9 spectacles, de ou d’après Georg Büchner, Marguerite Duras, Jean-Pierre Larroche et Benoit Fincker (inédits poétiques et malicieux "A distances" et "Prolixe"), Jack London, Fabrice Melquiot, Valère Novarina, et le "Petit Théâtre Baraque de Branlo et Nigloo" ("Une case provisoire", dès 12 ans)...
> Avignon, Théâtre des Carmes (04 90 82 20 47, http://perso.wanadoo.fr/forum.theatre, 10€) à partir du 17/6, "Un impossible amour possible" pièce bilingue franco-arabe, puis, pendant le Festival d’Avignon, " Adam de Craponne et Nostradamus ",
" Croisière ou Le Grand Théâtre du Monde Contemporain ", accueil de Bernard Lubat... André Benedetto, directeur du Théâtre des Carmes, co-fondateur du festival Off d’Avignon, auteur et comédien, reprend avec sa Cie ses créations qu’il a présentées début juin au Théâtre Jean Vilar de Vitry/seine.
> Nanterre 92, Théâtre des Amandiers ( 01 46 14 70 03, www.nanterre-amandiers.com, 14€), " Schweyk " de Brecht, adaptation du roman de Hasek "Les aventures du brave soldat Chveik" écrit en 1921 et retravaillé par Brecht d’abord sur scène en 1928 avec le collectif Piscator en Allemagne en rompant avec la dramaturgie classique, puis complètement réécrit en exil en 1940 sous l’intitulé "Schweyk dans la deuxième guerre mondiale". Une mise en scène de Jean-Louis Martinelli, directeur du Théâtre, jusqu’au 26 juin
> Paris 5e, Théâtre Mouffetard (01 43 31 11 99, http://www.theatremouffetard.com/ 15€). Jusqu’au 2 juillet, deux spectacles en alternance, le très humoristique parcours à travers l’histoire des religions de Mohamed Kacimi, " La confession d’Abraham " mise en scène par Michel Cochet avec Pierre Forest, et un autre parcours, tout aussi empreint d’humour, à travers l’écriture et le jeu théâtral, de l’antiquité à nos jours, en questionnant en particulier ses relations à la réalité de son temps... " Un théâtre pour la vie ".

photographe Chantal DEPAGNE

Dans cette création originale, Christophe Thiry et ses comédiens juxtaposent avec finesse des extraits de textes théâtraux forts de seize auteurs différents. Traité parfois à la manière d’un spectacle en train de se faire, on regrettera seulement une trop grande insistance répétitive de quelques clins d’œil aux spectateurs et au point de vue de la salle, mais, au-delà d’une intention didactique inédite et réussie, l’ensemble constitue un spectacle particulièrement vivifiant qui génère un grand moment de plaisir. Philippe Laville
> Paris 11e, Théâtre de la Bastille (01 43 57 42 14, www.theatre-bastille.com, 12,5€). " C’était hier ", suivi de " Paysage ", de Harold Pinter mise en scène de Gian Manuel Rau jusqu’au 1er juillet.
Deux courtes pièces écrites entre 1967 et 1970, qui tournent autour de la mémoire, des trous de mémoire, du tricotage des souvenirs entre des individus qui ont chacun leur vision de leur histoire commune. Comme le dit un des personnages : « les choses qu’on se rappelle prennent corps au fur et à mesure qu’on se les raconte ». Chacun parle du passé et la communication révèle les désirs enfouis, les expériences manquées, les abîmes des relations humaines. Le jeune metteur en scène est déjà bien connu en Allemagne et en Autriche. Des dialogues de prime abord insignifiants, mais avec de légers décalages entre les propos des uns et des autres, naît une atmosphère incertaine dont le metteur en scène augmente l’étrangeté en faisant chanter par les acteurs des standards américains. Les acteurs sont tous très bons. Micheline Rousselet
> Paris 13e, Théâtre "Les 5 diamants" (01 45 80 51 31, 8€), petit théâtre original sur la Butte aux Cailles récemment menacé par une opération immobilière, dirigé par Catherine Brieux dont la Cie crée " Les Caprices de Marianne " de Musset ; 2 spectacles musicaux accueillis simultanément : " A Ticket to Broadway " de Luc Dessois et " Opéras en délire ", création humoristique du "Grand Théâtre Lyrique Ambulant".
> Paris 15e, Théâtre Silvia Monfort (01 43 73 30 51, 23€) jusqu’au 19 juin, " Pour toi, Baby ! sérénade électorale "("Of Thee I sing"), comédie musicale de George et Ira Gershwin créée le 26 décembre 1931 à New York, approche caustique du système libéral américain des années 30 et d’un fonctionnement électoral dont les perversions évoquent immanquablement la situation actuelle. Jean Lacornerie, qui fut l’assistant de Jacques Lassalle, et Bernard Yannotta, musicien de renom qui dirige actuellement l’orchestre des Pays de Savoie, poursuivent avec ce spectacle leur travail commun d’exploration de multiples formes qui croisent la musique et le théâtre, de l’opéra de chambre à la comédie musicale.
> Paris 18e, à L’atalante (01 46 06 11 90, 11€) jusqu’au 20/6 " Avant la retraite " de Thomas Bernhard, le virulent dénonciateur à travers ses œuvres de la culture nazie recyclée dans le présent autrichien des années 80, mise en scène d’Agathe Alexis avec sa Cie de Béthune (directrice depuis 92 du CDN du Nord-pas-de-Calais). Voir notre article spécifique sur le site. P.L.
> Paris 20e, au Théâtre National de la Colline (04 62 52 52, www.colline.fr, 18 €, jusqu’au 16 juin) : "BRAND" d’Henrik Ibsen, mise en scène de Stéphane Braunshweig. En 1864 Henrik Ibsen entame l’écriture d’un long poème dramatique qui deviendra au fil du travail un drame en cinq actes qui sera publié en 1866. Tout de suite après, Ibsen se lancera dans l’écriture d’une autre œuvre fleuve : Peer Gynt. Si on est restés sur sa faim avec les adaptations bricolées de « Nora » par Ostermeir ou de « Hedda Gabler » par Lacascade, on peut se réjouir avec « Brand » du travail de traduction remarquable d’Eloi Recoing. Stephane Braunshweig a fait preuve de force et de maîtrise dans sa mise en scène et une interprétation hors pair vient parachever ce magnifique travail que nous offre à voir sur la scène de sa grande salle, le théâtre de la Colline. C’est Philippe Girard qui joue le rôle du pasteur intégriste (il était l’interprète de Rodrigue dans « Le soulier de satin » mis en scène par Olivier Py ») et on doit beaucoup à son souffle, à sa force, à son physique de prophète d’écouter avec un plaisir entier des monologues longs comme des sermons. Il ne faut surtout pas se laisser effrayer par la durée du spectacle : quatre heures avec deux entractes. On sort de là comblé et avec la certitude d’avoir vu un des plus beaux spectacles de la saison. Francis Dubois

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