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Un film de Juliette Garcias (France)

"Sois sage" Sortie en salles le 15 avril

Un jeune fille livre le pain à travers la campagne au volant d’une camionnette. Elle s’arrête dans les fermes, les manoirs, dans les hameaux isolés.
Un des points de livraison de sa tournée est une grande maison bourgeoise isolée qu’occupent un compositeur célèbre, sa femme, chanteuse lyrique, et leur petite fille.
L’intérêt que la jeune fille porte à cette demeure et à ses occupants cache un mystère bientôt dévoilé.
Le musicien célèbre est le père d’Eve. Accusé d’avoir eu une relation incestueuse avec sa fille quand elle était petite, il a été condamné et n’a plus le droit de la voir. Il s’est, au fil des années, accommodé de cette séparation et il a reconstruit sa vie.
Mais Eve veut renouer avec son père, effacer le passé et donner un sens à ce qui n’aurait jamais dû se passer…
L’intérêt du film de Juliette Garcias est qu’il contourne jusqu’à l’éviter, ce qui aurait pu être le motif central du récit, l’inceste et ses séquelles. Pour revoir son père, Eve a attendu que les questions qu’elle pose et se pose se soient précisées, qu’elles aient atteint une maturité, qu’elle y ait assez réfléchi pour que la démarche qu’elle entreprend soit responsable et qu’elle puisse en attendre de vraies réponses. Celles qui lui permettront de franchir les obstacles et d’entrer le plus sereinement possible dans sa prochaine vie de femme.
Est-ce la preuve d’un désamour, ces actes qui proviennent de celui sensé protéger et aider à se construire. Peut-on, sous prétexte d’amour, démolir physiquement, affectivement, psychologiquement et sexuellement ? Eve sait bien qu’il y aura du chemin à faire pour apporter des réponses aux questions et que ce qu’elle attend ne peut provenir que de son père et que ce qu’elle a à dire, elle ne le dira à personne d’autre qu’à lui. Que de lui seul dépend son devenir.
On pouvait attendre pour développer un tel sujet, une narration classique, linéaire et des dialogues explicatifs. En guise de narration, il y a le visage lumineux d’Eve, un regard qui voit, s’interroge et attend patiemment les réponses, une silhouette, une attitude déterminée, un profil volontaire, une grâce. Quant aux dialogues, ils sont surtout réservés aux moments périphériques.
Les plans sont nécessairement longs pour mieux accompagner le personnage d’Eve comme si elle était à apprivoiser, comme s’il fallait lire au plus secret de son regard, comme s’il fallait atténuer la confusion, le désarroi qui la guettent et la mèneront peut-être à la folie.
Il fallait pour jouer le personnage d’Eve sur lequel repose le film, une jeune comédienne de grand talent. Juliette Garcias l’a trouvée en la personne d’Anaïs Demoustier, pas si débutante que ça, dont le visage lumineux suffirait à éclairer-et à justifier-le film.
Francis Dubois

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