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Un film de Cary Joji Fukunaga (Mexique)

"Sin Nombre" Sortie en salles le 21 octobre

Fuyant la misère, la jeune Sayra, son père et son oncle entreprennent le long voyage qui devrait les conduire aux Etats-Unis.
Casper est un fervent membre de la Mara Salvatrucha, un redoutable gang qui sévit en Amérique Centrale. Il commet une entorse aux règlements et dès lors, les événements se précipitent. Il finit par commettre un crime et sa fuite l’amène à se trouver mêlé, sur le toit du train qui file vers le nord, au immigrants parmi lesquels se trouvent Sayra et sa famille.
La Mara salvatrucha ou MS-13 est un gang impliqué dans des activités criminelles au Etats-Unis qui fut crée, dans les années 80, par de jeunes immigrants salvadoriens. Certains de ses membres après avoir été condamnés sur le territoire américain ont été renvoyés au Salvador. Le gang s’y est alors constitué étendant son existence chez les adolescents guatemalthèques honduriens. Selon certaines estimations, le gang compterait dans le monde entre 50 000 et 600 000 membres.
"Sin Nombre" traite d’un double problème celui de l’immigration actuelle, celle qui sait qu’elle va vers le moins pire plutôt que vers "l’Eldorado"et celui de l’émergence de ces bandes nées de la pauvreté et du chômage et qui trouvent une identité dans la violence extrême et dans l’application de règles aveugles et draconiennes.
Il nous entraîne dans les épisodes éprouvants de ces voyages où le danger permanent oblige à anticiper les écueils et à se tenir constamment sur le qui-vive où les candidats à l’exil sont confrontés aux intempéries, à la faim, à la saleté. Ils sont des dizaines installés sur le toit des wagons, sanglés pour ne pas qu’un arrêt brutal ne les propulse hors du train à se dire que tous ne parviendront pas au terme du voyage.
Le film nous fait également pénétrer le fonctionnement de la Mara salvatrucha, son mode de recrutement, ses règles, l’aveuglant pouvoir de chefs sanguinaires.
La rencontre entre Sayra et Caster constitue le troisième volet du film et ça n’est pas le moins réussi. Dans un contexte de perpétuel danger, d’extrême précarité, d’un lendemain problématique naît une histoire d’amour dont on sait qu’elle court à sa perte. C’est un peu comme s’il fallait vivre, dans le peu de temps qui reste et malgré le danger, l’essentiel du bonheur.
Si par son ampleur, par la sauvagerie,"Sin Nombre" fait penser au western, il lui arrive, dans les moments dramatiques de s’approcher de la tragédie grecque. La fougue de Sayra, la détermination de Casper vont dans le sens de la tragédie. Les paysages amples et le faciès rude des protagonistes rappellent le western. Un film noble et palpitant.
Francis Dubois

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