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Sciences intégrées : le SNES continue d’en demander l’abandon

Nous avons un mandat demandant l’abandon de l’expérimentation « sciences intégrées en 6ème ». Cependant elle s’étend : une quarantaine de classes, 10 académies (Versailles, Créteil, Clermont-Ferrand, La Réunion, Lille, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Poitiers et Nancy l’an prochain), 3 niveaux (il semble que quelques classes de 4ème soient concernées).

Mandat de Clermont Ferrand, 2007.

« À l’opposé des PPRE qui privent les élèves en difficulté de savoirs formateurs et exigeants, le SNES réaffirme le rôle incontournable que joue chaque discipline dans l’appropriation de la culture commune : ce sont les complémentarités des approches et des contenus des différentes disciplines qui donnent aussi du sens aux savoirs. Leur croisement dans des travaux interdisciplinaires exigeants contribue à donner du sens aux apprentissages, mais ne peut être efficace que s’il est assuré par des enseignants volontaires qui n’enseignent que leurs disciplines. Or l’expérimentation « sciences intégrées en Sixième » tourne le dos à une telle approche. Elle doit être abandonnée. »

Rappels sur la nature de l’expérimentation (synthèse d’après le site dédié)

- « Poursuivant la recherche d’un enseignement scientifique et technologique rénové, se situant dans le sillage de La main à la pâte, des collèges volontaires, accompagnés par l’Académie des sciences et l’Académie des technologies, en expérimentent avec souplesse une approche intégrée, centrée sur l’investigation et le développement de l’esprit scientifique. » La démarche d’investigation est déjà prescrite en SVT et en sciences physiques, mais elle transforme complètement la technologie telle que nous la concevons en collège, lui faisant perdre sa spécificité (d’organisation pédagogique basée sur la démarche de projet technique).
Dans la pratique, il s’agit de faire trois groupes avec deux classes, chacun de ces groupes étant pris en charge par un seul professeur (de physique, de svt ou de techno), dont le service hebdomadaire comprend une heure de concertation avec les deux autres. La pédagogie prônée est celle de la démarche d’investigation, appliquée à de grands thèmes permettant de fédérer les trois disciplines.

Les horaires des élèves sont de :
- 6ème : 3h30 (1h30 techno, 1h30 svt, 0h30 physique non statutaire)
- 5ème : 4h30 (1h30 techno, 1h30 svt, 1h30 physique)
- En terme de DGH, le coût hebdomadaire de 2classes de 6ème en SVT + technologie est de 8 heures. Il monte ici pour 2 classes / 3 groupes et la concertation à 13h30. Les modalités de financement de ce surplus ne sont pas claires.

Organisation et calendrier

L’expérimentation ressort de l’article 34 de la loi Fillon. Elle est donc prévue sur 4 ans, et 2008-2009 en constitue la troisième année.
Au départ, elle ne devait s’appliquer que sur un semestre de 6ème. Les collègues engagés auraient pour la plupart souhaité continuer sur l’année, puis en 5ème. Certains continueraient cette année en 4ème.
L’accompagnement est de taille : dispositifs de formation et de mutualisation académiques et nationaux, partenariat éducation nationale / académies des sciences et des technologies / privé, site Internet dédié.
Nous n’avons pas à l’heure actuelle d’information des collègues expérimentant.
- L’inspection de SVT indique que les collègues se plaisent, mais pointent des difficultés à enseigner les disciplines qui ne sont pas les leurs, car ils manquent de recul sur ces disciplines. Ils apprécient les heures de concertation, d’avoir une à deux classes de moins, et d’avoir les élèves sur un horaire plus conséquent.
- Diverses organisations temporelles semblent être testées : regroupement des heures sur une demi-journée ou pas, en barrette ou pas, avec parfois co intervention.
Exemples de propositions de thèmes : de quoi est fait le monde (matière et matériaux), comment se transforme le monde…
Elèves et familles auraient un ressenti positif.
- Pour les élèves, des évaluations avec groupes témoins hors expérimentation ont été faites, mais elles sont très orientées « La main à la pâte », donc biaisées ! La DGESCO a commandé une évaluation à la DEPP, sur la base des contenus des programmes officiels et non sur ceux de l’expérimentation.

Au final, une expérimentation coûteuse dont on peut comprendre que certains collègues y trouvent des avantages : moins de classes, heures de concertation, formation sur mesure… même s’il faut abandonner la monovalence…Fort lobbying des Académies, qui surfent maintenant sur la découverte des métiers et cherchent toujours à imposer la démarche d’investigation. Il semble aussi que les dérapages commencent : certains chefs d’établissement auraient imposé l’expérimentation, d’autres ouvrent des postes fléchés (Versailles).

Le SNES demande l’abandon de cette expérimentation.

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