Archives

jusqu’au 20 janvier 2008

"Sauve qui peut, pas mal comme titre" d’après Thomas Bernhard au théâtre de la Bastille – partenaire Réduc’snes

La tg STAN est, depuis 2000, une troupe belge coutumière du Théâtre de la Bastille et du Festival d’Automne. Les points forts de leurs créations auront été Les Antigones de Jean Cocteau et Jean Anouilh, Tout est calme de Thomas Bernhard en 2000-2001 ou plus récemment My dinner with André d’après le scénario du film de Louis Malle en 2005-2006.
Jalente de Keersmaeker, Sara de Roo et Damiaan de Schrijver, créateurs de la célèbre troupe ont rassemblé cette fois cinq dramuscules de Thomas Bernhard. Cinq textes dans lesquels l’auteur dissèque le passé nazi des allemands qu’il associe à la menace latente du fascisme dans notre société.
Le fil rouge qui relie ces cinq textes est la difficulté des allemands à digérer les séquelles de la deuxième guerre mondiale. Si le sujet abordé est grave, Thomas Bernhard détourne, avec l’humour qu’on lui sait, le cours du propos. Un humour souvent teinté d’absurde qui vire parfois au franchement cocasse.
Sauve qui peut, pas mal comme titre, comporte entre chaque scène, des intermèdes au cours desquels les comédiens se griment ou se déguisent de façon grotesque. Ces espaces, proches de l’opérette, renforcent la critique de l’hypocrisie quand la valse viennoise est dansée par des officiers en uniformes d’apparat et des dames coincées dans leurs corsets à baleines.
L’intolérance, la xénophobie, les réactions de refus vis a vis des immigrés sont monnaie courante aujourd’hui et Thomas Bernhard se contente dans ces textes de nous tendre un miroir et de dire sans détour ce que nous refusons de voir et que nous faisons doucement passer dans l’ordre des choses.
Un décor minimal, une grande bâche jetée sur un tas d’objets. Un texte très musical jouant sur la répétition jusqu’à l’obsession et qui touche parfois à la caricature. Une mise en scène, de Matthias de Koning, au rythme parfois ralenti pour mieux appuyer là où ça fait mal. Ces textes de Thomas Bernhard ne pouvaient pas tomber en de meilleures mains que celle du Tg STAN.
Francis Dubois

Théâtre de La Bastille
76 rue de la Roquette 75 011 Paris Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 43 57 42 14 – www.theatre-bastille.com
Après la programmation dans le cadre du Festival d’automne jusqu’au 22 décembre 2007, reprise du 8 au 20 janvier 2008

Autres articles de la rubrique Archives

  • "Le médecin de son honneur" de Calderon
    Calderon de la Barca est considéré comme le plus grand poète dramatique du siècle d’or espagnol. L’auteur, surtout connu pour "La vie est un songe" a écrit un conte noir, "Le médecin de son honneur".... Lire la suite (Octobre 2007)
  • "Autour de ma pierre, il ne fera pas nuit"
    Dans une ville qui pourrait être Naples l’été, il y a six personnages, le père, ses deux fils, les femmes qui les aiment et un poète errant. La chair à vif ils échangent ou font semblant, se frôlent,... Lire la suite (Octobre 2007)
  • "Je tremble" de Joël Pommerat
    Joël Pommerat était présent au 60ème Festival d’Avignon avec trois spectacles : "Le petit chaperon rouge" créé à Brétigny sur Orge, "Au monde" créé au Théâtre National de Strasbourg en 2004 et "Les... Lire la suite (Octobre 2007)
  • au Théâtre de la Cité Internationale
    Voilà un théâtre qui propose chaque année une programmation singulière, novatrice, parfois audacieuse alternant théâtre, danse, musique, cirque. Le projet de Nicole Gautier et de son équipe est de faire... Lire la suite (Octobre 2007)
  • La maman bohème ; Médée ; Conversations avec ma mère
    "La maman bohème" suivi de "Médée" et "Conversations avec ma mère" constitue un début de saison prometteur au Théâtre de la Commune, Centre Dramatique national d’Aubervilliers. La maman bohème –Médée... Lire la suite (Octobre 2007)