US magazine 699 du 18 septembre 2010

Rythmes scolaires : nouvelle manne pour le MEN

LUC CHATEL A INSTALLÉ LE COMITÉ DE PILOTAGE de la Conférence nationale sur
les rythmes scolaires le 7 juin 2010. Des débats publics et consultations sont prévus
dans toute la France jusqu’au 15 décembre. Le rapport du comité de pilotage sera
remis au ministre mi-janvier. Ce dernier présentera mi-mai les pistes de travail
retenues et son calendrier d’application
.

Le ministre veut donc agir
vite et annoncer une modification
du calendrier scolaire,
sans attendre les résultats de
l’expérimentation « cours le
matin, sport l’après-midi » qui a
débuté dans 83 collèges et
41 lycées, alors même que l’Allemagne
est en train de mettre
fin à une telle organisation,
d’ailleurs contestée par les chronobiologistes.
Il est bien évident
que la question des rythmes scolaires
concerne l’ensemble du
système éducatif, son organisation
et ses missions : elle nécessite
donc que tous les acteurs de
la formation s’en emparent.

Vers « moins d’école » ?

Or, les entrées ministérielles dans
ce débat sont considérablement
réduites : seules certaines données
sont mises en avant et
d’autres, primordiales, soigneusement
occultées. Ainsi, les
élèves auraient des journées trop
longues générant fatigue et stress,
un nombre de jours de classes
parmi le plus bas en Europe, un
nombre d’heures de cours supérieur
à la moyenne des pays de
l’OCDE... L’idée sous-jacente est toujours qu’il faudrait « moins
d’école » et dans le même temps
les pressions économiques, budgétaires,
les demandes de certaines
familles, peuvent conduire
à une simple diminution du temps
scolaire accompagnée d’un renvoi
à l’extérieur de toutes les activités
culturelles, sportives, artistiques,
voire des enseignements
d’EPS, d’arts plastiques, d’éducation
musicale.
Pour le SNES, la question des
rythmes scolaires doit être posée
en partant des missions de
l’école, des objectifs que l’on
veut voir assignés à la formation,
de la culture commune, des
contenus et des pratiques, mais
aussi du temps global de l’élève,
de l’articulation entre travail dans
et hors la classe.

Rythmes, mais aussi
missions, contenus,
pratiques...

Certes, on ne peut nier les évidences
 : emplois du temps compliqués,
mauvaise répartition des
cours sur la journée et la semaine,
pause méridienne trop courte,
longueur du premier trimestre,
mauvais zonage des vacances... ont un impact important sur la
réussite des jeunes.

Mais les rythmes scolaires ne
constituent qu’un facteur parmi
d’autres de la réussite ou de
l’échec. Il serait tout aussi nécessaire
de parler de la qualité des
locaux, de la restauration scolaire,
de l’encadrement éducatif,
de la formation des enseignants,
sans oublier les
réductions budgétaires et les
suppressions de postes, les
réformes en cours, le renforcement
de la ghettoïsation sociale
des établissements... Et ne faudrait-
il pas aussi parler des
rythmes et de la qualité de vie
des jeunes hors de l’École ?
Nous devons investir ce débat à
tous les niveaux, dans les établissements,
lors des réunions,
conférences..., et également sur le
site ministériel où il est possible
de s’exprimer : http://www.
rythmes-scolaires.fr

Un espace sera ouvert sur le site
du SNES avec des ressources,
documents de synthèse pouvant
aider chacun à réfléchir et intervenir.

Fabienne Bellin ,
Sandrine Charrier

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