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Un film de Idit Cébula (France)

"Rue Mandar" Sortie en salles le 23 janvier 2013

La mère qui vient de mourir vivait dans un appartement de la rue Mandar où la famille a grandi. Ses trois enfants se retrouvent pour des funérailles qui se dérouleront à hauteur de leurs personnalités fantasques.

Emma, célibataire, est venue d’Israël où elle s’est installée et vit de ses travaux de traduction.

Rosemonde est psychiatre, heureuse en ménage, mais voit avec une inquiétude de "mère juive" son fils unique aller finir ses études aux États-Unis.

Quant à Charles, le frère, il a réussi professionnellement et le couple qu’il forme avec Aline tourne plutôt rond.

Ensemble ils se retrouvent pour des funérailles qui, quoiqu’empreintes d’une vraie tristesse, vont connaître un déroulement des plus cocasses.

" Rue Mandar" échappe de justesse à ce sujet rabattu cher au cinéma (pas seulement français) des retrouvailles occasionnelles d’une famille que les aléas de la vie ont dispersée et dont les membres éparpillés n’ont plus guère l’occasion de se retrouver au fur et mesure que le temps passe.

Le choix qu’a fait Idit Cébula, de traiter le deuil en comédie fait sortir le film des sentiers battus et lui évite des séquences attendues.

La crise de spasmophilie de Rosemonde au bon milieu de l’enterrement, qui la fait se retrouver la tête dans un sac poubelle et les jambes en l’air dans le corbillard, ou les initiatives fantasques d’Emma qui décide de brader sur le trottoir, devant l’immeuble de la rue Mandar, les meubles et les objets de l’appartement, détournent à la fois le spectateur et les protagonistes du suivi de l’événement conducteur qui les a réunis.

Pourtant lorsque la comédie tend à déborder, un incident survient qui ramène à la réalité.

Tous les gags dont le film est constellé ne sont pas toujours d’une grande finesse et quelquefois, l’effet espéré par la réalisatrice tombe à plat, mais à chaque fois, la séquence qui suit vient balayer la légère déception.

Et si l’on peut reprocher au scénario et aux séquences burlesques certaines faiblesses parfois, on est dans tous les cas convaincus par une interprétation de grande qualité.

Emma est jouée par Sandrine Kiberlain qui sait laisser poindre, derrière un personnage déjanté, l’émotion et le désarroi lié à son statut de femme seule et exilée.

Emmanuelle Devos est irrésistible dans l’expression retenue de son chagrin que vient troubler le prochain départ de son fils pour les États-Unis.

Richard Berry trouve avec le personnage de Charles, un rôle à la hauteur de son talent trop souvent sous-utilisé.

"Rue Mandar" ne révolutionnera pas le domaine de la comédie à la française mais c’est un film qui, en jouant à la fois sur le drame de la disparition d’une mère et la franche comédie conduite jusqu’à la cocasserie, se teinte de charme et parfois d’une certaine originalité.

Francis Dubois

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