Brevet

Résulats de l’enquête Brevet (mise à jour)

Le Snes avait mis en ligne une enquête sur le brevet au mois de juin alors que les discussions avec la DGESCO étaient en cours. Plus de 1300 collègues syndiqués ont répondu.
Vous trouverez ci-dessous les résultats de cette enquête qui ont, très majoritairement, confirmé les positions du Snes et sur lesquelles le Snes s’est appuyé pour défendre une autre conception du Brevet.

L’enquête du Snes a reçu 1 353 réponses de collègues syndiqués. La grande majorité des répondants exercent en collège (94,1%).

1. Contrôle continu

Le ministère ne veut prendre en compte dans le contrôle continu que les points au-dessus de 10 (comme pour une option facultative) dans chaque discipline dès lors qu’elle fait l’objet d’une épreuve terminale.

Q1 Souscrivez-vous à cette logique ?
Réponse Nombre  %
Oui 64 4,8%
Non 1 168 88,4%
Ne sait pas 89 6,7%
Total 1 321 100,0%
Q2 Pensez-vous que la meilleure façon d’évaluer votre discipline au brevet est (une seule réponse)
Un contrôle continu seul prenant en compte l’intégralité de la note... 225 16,6%
Un contrôle continu avec la note intégrale et une épreuve terminale... 962 71,1%
Uniquement une épreuve terminale écrite... 83 6,1%
Uniquement une épreuve terminale orale... 16 1,2%
Un contrôle continu avec les seuls points au-dessus de 10 et une épreuve terminale... 47 3,5%
Un contrôle continu seul avec uniquement les points au-dessus de 10 pris en compte... 4 0,3%
Total 1 353 100,0%

Les réponses montrent, quelle que soit la discipline, l’attachement à un contrôle continu qui soit pleinement pris en compte, position que le Snes avait défendue dès le départ. Le choix d’un contrôle continu seul ou d’épreuves terminales sans contrôle continu est très faible : la profession souhaite un équilibre entre les deux modalités.

2. Note de vie scolaire

Q3 Etes-vous favorable au principe d’une note de vie scolaire ?
Oui 289 21,6%
Non 1 002 74,7%
Ne sait pas 50 3,7%
Total 1 341 100,0%
Q4 Pensez-vous que la note de vie scolaire doit compter pour l’obtention du brevet ?
Oui 157 11,7%
Non 1 130 84,3%
Ne sait pas 53 4,0%
Total 1 340 100,0%

Au-delà du refus massif du principe même d’une note de vie scolaire (près des trois quarts des réponses), on peut constater un rejet encore plus massif de sa prise en compte pour le brevet.

3. B2i

Le ministère entend imposer l’évaluation des 7 piliers du socle. Deux piliers font déjà l’objet d’une validation obligatoire pour l’obtention du brevet : le B2i et le niveau A2.

Q5 La validation du B2i a-t-elle posé des problèmes dans votre établissement ?
Oui 889 66,2%
Non 274 20,4%
Ne sait pas 180 13,4%
Total 1 343 100,0%
Q6 Avez-vous participé à la validation des compétences du B2i ?
Oui 662 49,8%
Non 666 50,2%
Total 1 328 100,0%
Q7 Vous a-t-il semblé facile de faire le lien entre la discipline que vous enseignez et les compétences à valider dans le cadre du B2i ?
Oui 559 41,7%
Non 657 49,1%
Ne sait pas 123 9,2%
Total 1 339 100,0%

L’enquête met en lumière les difficultés qui continuent d’exister dans de nombreux établissements pour valider le B2i. Mais elle montre aussi que la validation des compétences du B2i concerne près de la moitié des enseignants qui ont répondu, même si le lien avec la discipline enseignée n’est pas facile à faire. C’est manifestement le caractère obligatoire de la validation qui explique ces réponses contradictoires.

L’enquête ne posait pas explicitement la question mais on sait que l’équipement des établissements ou la formation des personnels ne sont pas à la hauteur. Rappelons que la France se situe au 21ème rang sur les 27 pays européens en matière d’utilisation des TICE.

L’évaluation par compétence pose aussi d’importants problèmes, notamment lorsqu’il s’agit d’introduire la validation du B2i dans sa propre discipline.

4. Niveau A2 en LV

Seuls les enseignants de LV devaient répondre aux questions suivantes concernant la validation du niveau A2.

La validation du niveau A2 vous a-t-elle posé problème ?
Q8 Pour l’expression orale
Oui 190 74,2%
Non 66 25,8%
Total 256 100,0%
Q9 Pour l’expression écrite
Oui 92 38,2%
Non 149 61,8%
Total 241 100,0%
Q10 Pour la compréhension orale
Oui 113 45,6%
Non 135 54,4%
Total 248 100,0%
Q11 Pour la compréhension écrite
Oui 90 36,7%
Non 155 63,3%
Total 245 100,0%
Q12 Pour l’interaction orale
Oui 203 82,2%
Non 44 17,8%
Total 247 100,0%
Q13 Pour l’articulation entre le niveau A2 et les programmes enseignés en classe (B1 en LV1)
Oui 192 76,8%
Non 58 23,2%
Total 250 100,0%

Analyse détaillée des réponses de l’enquête collège, partie LV

5. Socle et livret de compétences

Q14 Vous sentez-vous prêt(e) à participer à l’évaluation du socle l’année prochaine ?
Oui 115 8,7%
Non 1 088 82,1%
Ne sait pas 123 9,3%
Total 1 326 100,0%
Q15 Si non, pour quelles raisons ? (Plusieurs réponses possibles)
1.Vous ne souscrivez pas à cette nouvelle forme d’évaluation 569 42,1%
2.Vous ne vous sentez pas suffisamment formé(e) 567 41,9%
3.Vous ne trouvez pas évident d’évaluer ce type de compétences 597 44,1%
4.Vous n’estimez pas pertinent d’évaluer par compétence 364 26,9%
5.Vous trouvez que le livret de compétences donne des indications peu claires 496 36,7%
6.Autre raison 102 7,5%

L’enquête met clairement en évidence que l’évaluation du socle ne va pas de soi. 34,6% des répondants (42,1% des 82,1% qui ont répondu « non » à la question précédente) ne souscrivent pas à cette nouvelle forme d’évaluation et 36,2% ne trouvent pas évident d’évaluer ce type de compétences.

En tout état de cause, plus de 8 sur 10 ne se sentent pas prêts à entrer dans la démarche cette année. En outre, l’introduction de ce mode d’évaluation se heurte à un défaut de formation et même d’information. Les expérimentations conduites ces dernières années, qui n’ont d’ailleurs fait l’objet d’aucun bilan, n’ont pas permis à de faire des livrets de compétences des instruments d’évaluation clairs et pertinents.

6. Epreuves terminales : sciences

A renseigner par les seuls enseignants de SVT, physique chimie et technologie :

Q16 Estimez-vous pertinent que votre discipline soit évaluée sous la forme d’une épreuve terminale écrite, comme le propose le Ministère ?
Oui 207 62,9%
Non 102 31,0%
Ne sait pas 20 6,1%
Total 329 100,0%
Q17 Si oui, êtes-vous favorable (une seule réponse)
A ce que chacune des 3 disciplines concernées fasse l’objet d’une épreuve spécifique 125 58,7%
A ce qu’une discipline soit tirée au sort au niveau national quelques jours avant l’épreuve 52 24,4%
A ce que la discipline soit choisie par les élèves 36 16,9%
Q18 Etes-vous favorable à une épreuve sous forme de QRC (questions à réponses courtes) ?
Oui 58 19,2%
Non 212 70,2%
Ne sait pas 32 10,6%
Total 302 100,0%
Q19 En physique et en SVT, souhaiteriez-vous que l’épreuve intègre une évaluation des capacités expérimentales (de type TP) ?
Oui 130 48,3%
Non 94 34,9%
Ne sait pas 45 16,7%
Total 269 100,0%
Q20 Si une seule discipline sur les trois devait être évaluée en contrôle terminal (au choix par l’élève ou par tirage au sort), estimez-vous nécessaire que les deux autres disciplines soient évaluées dans le cadre du contrôle continu ?
Oui 293 94,2%
Non 11 3,5%
Ne sait pas 7 2,3%
Total 311 100,0%
Q21 Si oui
Avec la note intégrale prise en compte 287 97,6%
Avec une prise en compte des seuls points au-dessus de 10 7 2,4%
Total 294 100,0%

Majoritairement les enseignants de SVT, physique-chimie et technologie sont favorables à une épreuve terminale au brevet pour chaque discipline (61 %).

Les questions à réponses courtes envisagées par le ministère sont majoritairement rejetées (70,2 %).

En revanche, les enseignants sont partagés concernant une éventuelle épreuve de capacités expérimentales. Ils sont attachés à ce que ces trois disciplines soient évaluées au brevet d’une manière ou d’une autre : contrôle continu (94 %) ou terminal et souhaitent très massivement que l’intégralité de la note de contrôle continu soit prise en compte (à 97 % ).

On peut noter aussi qu’ils rejettent majoritairement le choix de la matière par les candidats.

7. Epreuves terminales : langue vivante

A renseigner par les seuls enseignants de langue vivante :

Le ministère envisage une épreuve orale de langue vivante (en plus du niveau A2 à valider dans le socle) « à partir d’un document support produit par l’élève qui peut notamment s’appuyer sur le PDMF (parcours de découverte des métiers et des formations) ».

Q22 Etes-vous favorable à une épreuve orale de langue vivante ?
Oui 217 82,2%
Non 47 17,8%
Total 264 100,0%
Q23 Etes-vous favorable à ce que l’entretien de langue s’appuie sur le PDMF ?
Oui 46 18,1%
Non 208 81,9%
Total 254 100,0%
Q24 Etes-vous favorable à ce que le document déclencheur soit :
Produit par l’élève 60 23,7%
Produit par l’enseignant 193 76,3%
Total 253 100,0%
Q25 Auriez-vous préféré une épreuve écrite ?
Oui 50 19,8%
Non 202 80,2%
Total 252 100,0%

Le projet ministériel prévoit, pour la langue non choisie pour l’épreuve terminale, la prise en compte des seuls points au-dessus de 10 dans le contrôle continu.

Q26 Etes-vous favorable à cette conception ?
Oui 22 7,6%
Non 251 87,2%
Ne sait pas 15 5,2%
Total 288 100,0%
Q27 Si non, que souhaiteriez-vous ?
Que les deux langues fassent l’objet d’une épreuve terminale 72 28,9%
Que toute la note soit prise en compte dans le contrôle continu pour la langue non choisie pour l’épreuve terminale 146 58,6%
Qu’aucune des deux langues ne fasse l’objet d’une épreuve terminale 31 12,4%

Les enseignants de LV sont favorables à une épreuve orale de LV au brevet (82,2 %) et rejettent l’idée d’une épreuve écrite (80,2%). Ils s’opposent également à l’idée d’une épreuve orale s’appuyant sur le PDMF, ce qui valide la position prise par le SNES en juin dernier.

Ces résultats méritent d’être analysés plus finement. Nous complétons ces premières remarques avec une analyse sur la partie Langues vivantes du site du SNES (à venir).

Analyse détaillée des réponses de l’enquête collège, partie LV

8. Epreuves terminales : Histoire des Arts

A renseigner par tous les enseignants :
(toutes les disciplines sont concernées par ce nouvel enseignement).

Q28 Etes-vous satisfait que l’enseignement de l’histoire des arts devienne obligatoire dès la rentrée 2009 ?
Oui 354 30,6%
Non 561 48,4%
Ne sait pas 243 21,0%
Total 1 158 100,0%
Q29 Approuvez-vous le principe d’une évaluation obligatoire de l’histoire des arts au brevet ?
Oui 217 19,3%
Non 908 80,7%
Total 1 125 100,0%
Q30 Le ministère veut imposer une évaluation de l’histoire des arts, dans ce cadre, faudrait-il selon vous (plusieurs réponses possibles)
Une épreuve terminale écrite ? 124 9,2%
Une épreuve terminale orale ? 136 10,1%
Une épreuve orale en fin d’année, effectuée à l’interne de l’établissement par les professeurs
impliqués dans l’enseignement de l’histoire des arts ?
267 19,7%
Une évaluation dans le cadre du contrôle continu dans chaque discipline impliquée ? 391 28,9%
L’évaluation d’un projet interdisciplinaire ? 327 24,2%
L’installation de l’histoire des arts comme un nouvel enseignement par une mention dans le bulletin trimestriel ? 320 23,7%

Les enseignants sont partagés sur le principe de l’obligation d’un enseignement d’histoire des arts.

Cependant, pour les trois disciplines les plus concernées, le rejet est majoritaire : à 66, 7 % en éducation musicale, 55,8 % en arts plastiques, 50, 5 % en histoire-géographie.

En revanche à 80,4 % les enseignants n’approuvent pas le principe d’une évaluation obligatoire de l’histoire des arts au brevet. Cependant le refus est moins marqué dans les 3 disciplines les plus concernées (de 69,4% à 78,2%). Ce sont surtout les enseignants des disciplines scientifiques qui rejettent massivement cette idée.

Aucune modalité d’épreuve n’emporte l’adhésion de la profession, mais l’idée d’une épreuve terminale écrite ou orale est rejetée. La DGESCO ferait bien d’en tenir compte.

9. Epreuves terminales : Histoire-Géographie, Education civique

A renseigner par les seuls enseignants d’histoire-géographie-éducation civique :

Q31 Etes-vous satisfait de l’épreuve actuelle d’HG-EC ?
Oui 54 25,5%
Non 154 72,6%
Ne sait pas 4 1,9%
Total 212 100,0%
Q32 Si non, pourquoi ? (Plusieurs réponses possibles)
Le paragraphe argumenté est trop difficile pour un élève de 3ème 52 23,7%
L’étude de documents manque d’ambition 97 44,2%
L’épreuve ne fait pas assez appel à la restitution de connaissances 38 17,3%
L’épreuve se résume trop à une simple restitution de connaissances 12 5,4%
L’épreuve de repères occupe une place trop importante 7 3,2%
Autre raison 13 5,9%
Q33 Etes-vous favorable à une épreuve uniquement sous forme de QRC (questions à réponses courtes)
Oui 9 3,2%
Non 258 92,1%
Ne sait pas 13 4,7%
Total 280 100,0%

Les enseignants d’histoire-géographie ne sont pas satisfaits de l’épreuve actuelle du brevet (à 72,6%), plutôt parce qu’ils estiment que l’étude de documents manque d’ambition (44,2 %) Cet indicateur montre clairement que les collègues sont attachés à ce repère en tant que point fondamental des pratiques disciplinaires de l’Histoire- géographie. 23,7% estiment que le paragraphe argumenté est trop difficile pour des élèves de troisième.

Ils rejettent massivement l’idée d’une épreuve avec des questions à réponses courtes. Il faut donc trouver une voie médiane entre l’exercice des QRC et celui du paragraphe. Le SNES a déjà ouvert le débat autour de propositions telles que la « rédaction organisée » ou une confrontation de points de vue en Education civique.

10. Epreuves terminales : Français

(A renseigner par les seuls enseignants de lettres)

Q34 Etes-vous satisfait de l’épreuve actuelle de Français ?
Oui 101 36,9%
Non 157 57,3%
Ne sait pas 16 5,8%
Total 274 100,0%
Q35 Si non, pourquoi ? (Plusieurs réponses possibles)
Elle manque d’ambition 100 28,4%
Elle est trop difficile pour un élève de 3ème 2 0,6%
Elle n’est pas toujours en lien avec les apprentissages du programme de 3ème 32 9,1%
Les questions posées ne permettent pas forcément de vérifier la bonne compréhension du texte ou les acquis langagiers 98 27,8%
Les contraintes pour la rédaction n’en font pas toujours un exercice très motivant ou pertinent 98 27,8%
Autre raison 22 6,3%

Les collègues de français sont majoritairement mécontents de cette épreuve mais pour des raisons assez partagées. Ils semblent avoir du mal à choisir ente les trois reproches principaux (manque d’ambition, de pertinence et d’intérêt) peut-être parce qu’ils souhaiteraient répondre aux trois en même temps !

Mais il faut certainement tenir compte du contexte particulier de cette année. En effet, l’épreuve de français du DNB 2009 était particulièrement peu pertinente et peu intéressante, mal adaptée au travail qui avait pu être mené dans les classes. Cette épreuve était visiblement construite dans "l’esprit" du nouveau programme de français, qui pourtant n’était pas en application. La priorité avait été mise sur des questions de connaissance de la langue, déconnectées de toute analyse du texte. Ce parti pris a désorienté bon nombre d’élèves et d’enseignants.

Il serait fort dommageable qu’à l’avenir l’épreuve de français s’inscrive dans cette logique de cloisonnement entre la connaissance de la langue, l’analyse et la production des textes.

10. Epreuves terminales : maths

A renseigner par les seuls enseignants de mathématiques :

Q36 Etes-vous satisfait des modalités de l’épreuve actuelle de mathématiques ?
Oui 96 41,2%
Non 128 54,9%
Ne sait pas 9 3,9%
Total 233 100,0%
Q37 Si non, pourquoi ? (Plusieurs réponses possibles)
Elle manque d’ambition 100 46,6%
Elle est trop difficile pour un élève de 3ème 3 1,4%
Elle n’est pas toujours en lien avec les apprentissages du programme de 3ème 38 17,7%
Elle est trop standardisée 56 26%
Autre raison 18 8,4%

Comme en histoire-géo et en lettres, les collègues de maths se prononcent en majorité (54,9 %) contre les modalités de l’épreuve terminale en raison de : son manque d’ambition et sa facilité (46 %), son caractère trop standardisé (26 %), et certainement aussi du barème imposé souvent critiqué car très éloigné des pratiques de l’année.

Néanmoins, 42,1% s’estiment satisfaits, ce qui représente un taux supérieur à celui des autres disciplines. Il montre des opinions très contrastées voire opposées.

Certains collègues semblent traduire à travers leurs réponses une certaine nostalgie du passé ou peut-être la crainte de modalités à venir qui seraient encore pires.

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