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Repères pour la mise en oeuvre du Parcours de formation à la culture de l’information

Un document intitulé "Repères pour la mise en oeuvre du Parcours de formation à la culture de l’information" a été publié le 12 octobre sur le site Eduscol. Il est accessible à l’adresse : http://eduscol.education.fr/cid53581/reperes-pour-mise-amp-oelig-uvre-parcours-formation-culture-information.html

Nous publions ici nos toutes premières remarques. Nous vous invitons à réagir, à participer au débat et à la réflexion.

Le mot du Directeur Général de l’Enseignement scolaire

De bonnes intentions au début (1er paragraphe) comme la formation à l’information Documentation devant constituer « un élément de la culture générale » pour tous mais rapidement le lien est fait avec le socle commun « pour répondre au mieux aux attendus du socle commun ». Comme remarqué lors des réunions à la DGESCO pour le projet de réactualisation de la circulaire de missions, il y a une volonté d’articulation avec le socle commun alors même que celui-ci se met difficilement en place dans les établissements. Les termes employés rappellent d’ailleurs fortement les 1ères versions proposées par la DGESCO pour la circulaire et les principales problématiques (numérique, socle commun). D’autre part, il est question de parcours or nulle trace ni dans l’énoncé de la problématique ni même dans les 10 fiches proposées ! Enfin, soulignons que ce document est tout autant à destination des professeurs documentalistes que des équipes pédagogiques. On ne peut y voir donc qu’une énième tentative de faire des professeurs documentalistes les vendeurs du socle commun et par la même occasion, des formateurs de 1er choix pour faire passer la bonne parole.

L’introduction de Jean Louis Durpaire (IG EVS)

Une introduction synthétique et historique qui place d’emblée ce document comme la suite logique de plusieurs années de recherches. On ne peut que partager les références citées. Cependant comment ne pas être surpris par ce qu’écrit Mr Durpaire qui "constate que la culture de l’information n’est pas suffisamment installée dans les pratiques pédagogiques, éducatives et culturelles du système éducatif français "alors que dans le même temps, le nombre de postes proposés aux CAPES de Documentation est en baisse, que le nombre de postes vacants augmentent chaque année et surtout que malgré les demandes récurrentes du SNES d’élaboration d’instructions pédagogiques officielles, rien n’est fait pour reconnaître le rôle pédagogique du professeur documentaliste ? Le SNES a demandé à maintes reprises la création d’un groupe de travail auquel il serait associé pour mener cette réflexion et faire des propositions. Le silence de la DGESCO suite à nos amendements au projet de circulaire de missions ainsi que la difficulté à rencontrer l’inspection Générale reflète bien le paradoxe de la situation. On peut s’interroger par la même occasion sur les relations entre la DGESCO et l’IG. Pour quelles raisons ce document voit il le jour alors que le travail sur la circulaire est mis sur pause ? Est-ce une stratégie conjointe de la part du binôme DGESCO-IG ou est-ce un signe de mésentente ??

Les 10 fiches repères

Le ton est donné dès le 1er paragraphe, ces 10 fiches « font apparaître 10 capacités et 10 attitudes toutes inscrites dans le socle commun de connaissances et de compétences ». Le contenu des dix fiches même s’il peut représenter un intérêt semble être destiné à des professeurs documentalistes n’ayant pas reçu de formation au préalable (reconversion, plan de formation des stagiaires à temps plein dès l’obtention du CAPES et devant être opérationnels dès leur prise de fonction ?).
Sans faire une analyse détaillée de chacune des fiches, on peut s’arrêter un moment sur la manière dont le document propose la mise en œuvre de cette culture de l’information. Nulle part, il n’est fait mention du rôle pédagogique de manière claire puisque le professeur documentaliste doit « encourager la créativité des élèves, coopérer avec les enseignants de discipline pour faciliter l’usage des ressources documentaires, évaluer les acquis,...et pour cela « mettre à disposition des ressources, mettre en œuvre une veille informationnelle, collecter la documentation nécessaire à l’établissement et à la traiter,... Un paragraphe qui semble être un copié-collé de la version DGESCO pour la nouvelle circulaire. Le tableau page 13 constitue l’apothéose avec les capacités et attitudes du socle commun, bien éloigné des contributions de Brigitte Simonnot et de Nicole Boubée (au début du document).
Enfin et pour terminer, de nombreux indices ne nous trompent pas sur l’intention de l’auteur d’utiliser les professeurs documentalistes et de faire de nous les vecteurs des réformes en cours. A plusieurs reprises, les situations d’exemples s’appuient sur l’accompagnement éducatif (page 21), le PDMF (page 23), l’histoire des Arts (Page 27)...

Comment ne pas s’interroger sur le statut d’un tel document ? Pourquoi cette publication par la DGESCO alors que nous n’avons plus de nouvelles du projet de circulaire de missions ? Est-ce encore une occasion ratée de voir émerger une réelle réflexion sur la culture informationnelle et sur le rôle pédagogique du professeur documentaliste ?

N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires en écrivant à documentalistes@snes.edu

A noter :
Une lecture critique et très intéressante de Pascal Duplessis, pour alimenter les nécessaires débats et construire collectivement une réflexion critique sur ce document est disponible sur son blog à l’adresse :
http://lestroiscouronnes.esmeree.fr/

[Déjà 3 billets ont été publiés :

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