US 690 du 16 janvier 2010

Réforme du lycée : Demi-journée banalisée

Au lycée Sophie-Germain (Paris), la grande salle habituellement réservée
aux devoirs est pleine. Plus des deux tiers des enseignants, soit une
cinquantaine, ont répondu présents à l’invitation du chef d’établissement.

Le proviseur présente l’architecture de la
nouvelle Seconde, les horaires, les enseignements
d’exploration, le dispositif d’accompagnement
personnalisé et l’objectif de la
réunion. Quelle offre d’enseignements d’exploration
pouvons-nous offrir aux élèves,
quelle utilisation des 10 heures laissées au
choix de l’établissement, présentées comme
nouvel « espace de liberté » ? Il suggère qu’une
partie de ces heures pourrait permettre d’alléger
les effectifs en langues vivantes (les
classes, tous niveaux confondus, sont à 35-36
élèves dans ce lycée très demandé), ce qui
implique que des choix devront être faits en
réduisant l’existant dans d’autres disciplines,
sans préciser davantage. Il insiste cependant
sur le fait que l’horaire global professeur est
inchangé, avec 39 heures hebdomadaires.
Pendant près de deux heures, les collègues
débattent. Majoritairement, ceux qui s’expriment
ne s’inscrivent pas dans le cadre fixé par
le proviseur, mais dans une analyse critique du
projet gouvernemental, sans défendre pour
autant le statu quo. Que ce soit en langues
vivantes, en lettres, en sciences, en enseignements
technologiques, la déception et la critique
filtrent
dans de nombreuses interventions sur les conséquences de la réforme sur les
postes (le contexte budgétaire a été rappelé),
les contenus d’enseignement, la charge de
travail. Nombre de questions restent
d’ailleurs sans réponse.
Que vont devenir
les dédoublements pour travaux pratiques en
sciences ? Quels vont être les effectifs dans le
cadre de l’accompagnement personnalisé ?
Qui va décider, et quand, des contenus des
enseignements d’exploration, comparés aux
TPE par certains, aux IDD du collège par
d’autres. Quel est le véritable objectif de ces
enseignements ? Et c’est bien sûr autour des
questions du métier et des qualifications que,
finalement, le débat se noue entre les enseignants,
avec des points de vue divers sur l’articulation
entre contenus, horaires et qualifications
disciplinaires.

Présentés comme inévitables, les choix à
opérer sur les 10 heures à répartir dans le cadre
de l’autonomie relancent en fin de réunion
une discussion concurrentielle entre disciplines.
« Qui va décider si on ne se met pas d’accord
 ? » demande une collègue. « Moi. C’est
mon travail
 »
, répond le proviseur.

La section SNES du lycée Sophie-Germain, Paris

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