US 669 du 4 juillet 2008

Réforme des lycées : première rencontre

Prenant contact avec les organisations syndicales(
1), Jean-Paul de Gaudemar a rencontré(
2) le SNES le 19 juin 2008. Le ministre s’exprimant
le 10 juillet, la première étape consiste à
« donner un peu de consistance » au texte de
cadrage avant cette date. Le SNES a rappelé ses
inquiétudes sur le calendrier (mise en oeuvre
de la réforme sur trois ans, commençant par la
classe de Seconde à la rentrée 2009) et ses exigences
de consultation de la profession sur les
structures et les programmes.

Il a insisté sur la nécessité d’une méthode assurant
la transparence sur les propositions des uns
et des autres, et signifié son opposition à toute
réforme pilotée par la RGPP et le principe du
non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux
partants à la retraite ou par une politique du
type « moins d’élèves qui réussissent mieux au
lycée ». Affirmant ne pas avoir de projet préétabli,
Jean-Paul de Gaudemar assure vouloir travailler
à partir de propositions et traiter dans
l’ordre trois questions : organisation pédagogique,
conséquences sur le métier, conséquences
sur le fonctionnement des établissements.

Sur le premier point, il propose de distinguer,
dans des proportions variables suivant le niveau,
3 blocs horaires :

- enseignements communs, assurant une culture
générale et/ou de « fondamentaux » ;

- enseignements qui marquent des choix (détermination
en Seconde GT, spécialisation progressive
en Première-Terminale) ;

- enseignements ou activités destinés à accompagner
l’élève : aide, soutien, approfondissement,
travail interdisciplinaire, travail sur l’orientation,
découverte des métiers, espaces
d’autonomie pour les élèves...

Nous avons rappelé que les personnels de vie
scolaire et les CO-Psy remplissaient déjà certaines
de ces missions et énoncé deux principes :

- la priorité est de donner les moyens, dans le
cours, de prévenir et de traiter la difficulté scolaire,
la mise en place d’un accompagnement ne
pouvant justifier une diminution de l’horaireélève
de cours ;

- l’organisation de la partie « enseignements qui
marquent des choix » en Seconde doit permettre
de découvrir la réalité des parcours proposés dans
le cycle Première-Terminale, sans enfermer ni
recréer les hiérarchies qui existent actuellement.

La discussion a permis de faire acter la nécessité
d’augmenter le vivier en Seconde GT, de maintenir
la structuration du lycée en deux temps
(Seconde GT puis Première-Terminale), d’interroger
l’articulation entre l’ensemble généraltechnologique
et la voie professionnelle, et enfin
que l’autonomie des établissements n’est pas un
objectif en soi, mais un outil pour la réalisation
des objectifs fixés par la réforme.

Roland Hubert

1. La CGT éduc’action a annoncé le 16 juin sa participation
aux discussions.

2 Compte rendu complet sur le site du SNES, rubrique
« agir, réforme des lycées ».

Autres articles de la rubrique US 669 du 4 juillet 2008

  • Procédure d’admission post-bac
    Initialement dédiée aux seules CPGE, la procédure s’est étendue progressivement à d’autres formations (ingénieurs, BTS, licence...). À terme, l’entrée dans l’enseignement supérieur passera par ce... Lire la suite (Juillet 2008)
  • 200 lycées : il faut suspendre le dispositif
    Présentés comme une réponse à la demande des lycéens d’un meilleur encadrement, les dispositifs « réussite scolaire des lycées » prévus dans 200 lycées procèdent d’une logique identique à celle de... Lire la suite (Juillet 2008)