US 677 du 2 février 2009

Reconquête du mois de juin : sacrifier la qualité

En publiant le calendrier de fin d’année scolaire, sans consultation préalable, le ministère a fait le
choix de privilégier les effets d’annonce au détriment de la qualité du service public et des
conditions de travail des personnels.

Début des conseils de classe de Seconde le
15 juin, début du bac le 18 juin, le ministère
espère ainsi « récupérer deux à trois semaines
de cours » pour les élèves de Seconde. Mais
ces pressions sur le calendrier de l’orientation,
sur la tenue des examens, sur les conditions de
corrections et de délibérations vont encore fragiliser
le baccalauréat et perturber gravement
les procédures d’orientation et d’affectation
pour un gain bien maigre que le SNES a
constaté lors de l’expérimentation menée à la
session 2008. En audience, le 27 janvier, le Directeur
général de l’enseignement scolaire
(DGESCO) c’est pourtant félicité de l’excellence
de ces résultats, mais il a refusé de fournir au
SNES son bilan écrit.

En dehors de la méthode consistant à faire
connaître par communiqué de presse (y compris
aux recteurs) un tel texte sans aucune consultation
préalable, c’est l’orientation propre du
texte qui est à combattre : afin de pouvoir afficher
une bien hypothétique « reconquête du
mois de juin » Xavier Darcos met élèves, enseignants,
conseillers d’orientation psychologues
en difficulté. Moins de temps pour les candidats
pour « souffler » entre certaines épreuves (les
candidats bénéficiant d’un tiers-temps qui subiront
10 heures d’épreuves en S-SI), moins de
temps pour rencontrer élèves et familles lors des
procédures d’orientation, moins de possibilité
de dialogue, des commissions d’appel pouvant
se dérouler le samedi... Dans ces conditions, la revalorisation du coût de correction d’une copie
proposé par le ministre ne tient compte ni de la
réalité du travail ni des délais imposés.

Le SNES a demandé que le calendrier soit revu
pour éviter aux candidats des journées de composition
qu’elles dépassent les 6 heures et pour
laisser le temps nécessaire de correction ; que
l’épreuve de philosophie soit avancée au 16
juin, que les épreuves « lourdes » du bac S (physique-
chimie et SVT ou SI) soient réparties sur
deux jours et que l’histoire-géographie soit
remontée dans le calendrier. Le SNES a exigé
que les enseignants de lettres n’aient pas à corriger
en même temps l’écrit et l’oral de l’EAF.

Il demande que le temps de l’orientation soit
suffisant en avançant les conseils des classes
d’orientation (Troisième et Seconde).
Le SNES exige que le ministère réponde rapidement
à cette demande de remise à plat de
l’ensemble du calendrier de fin d’année (brevet,
baccalauréat, conseils de classe, procédure
d’orientation...).

Thierry Reygades

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