US 736 du 7 décembre 2013

Rapport OCDE : PISA penche du mauvais côté

S’il y a tout lieu d’accueillir avec prudence les résultats d’évaluation des systèmes
scolaires par PISA, l’augmentation du nombre d’élèves en difficulté donne raison au
SNES-FSU et à la profession qui dénoncent depuis des années cette dégradation.

La nouvelle cuvée triennale de PISA est arrivée
pour des épreuves passées en mai 2012
par des élèves de 15 ans. Cette évaluation internationale a l’ambition d’évaluer les systèmes
éducatifs de pays en ne testant que trois
domaines, ce qui est très
réducteur et révélateur
d’une conception des missions de l’École et qui de
plus marginalise les autres
champs disciplinaires. Le
classement des pays
annoncé par certains
médias est trompeur.
Rappelons que les participants (qui ne sont pas
tous des pays) changent
à chaque édition de PISA
et que la confection de
l’évaluation (méthode
d’échantillonnage,
cahiers tournants et
redressements statistiques) produit des incertitudes sur les
résultats. Par exemple, l’incertitude annoncée de
plus ou moins 7 points sur le score global en
mathématiques pour la France (495 pour une
moyenne OCDE de 494) place notre pays dans
un intervalle (de 488 à 502) qui regroupe onze
pays. On peut ajouter que dans certains pays la
passation des tests relève pour les élèves de
l’honneur national alors que tout se passe dans
une grande indifférence en France.

PLUS D’ÉLÈVES EN DIFFICULTÉ

Les résultats de la France sont dans la moyenne
des pays de l’OCDE ; stables en compréhension
de l’écrit et en sciences mais en recul
en mathématiques. Le problème principal
réside dans l’augmentation du nombre
d’élèves en difficultés,
qui de plus est fortement corrélé au milieu
socioéconomique des
élèves.

Soumise pendant des
années à une saignée de
moyens, notre École ne
parvient pas à réduire les
inégalités sociales, à
mettre en œuvre une
réelle démocratisation. Ces
inégalités scolaires sont
d’autant plus mal ressenties que l’ascenseur social
ne fonctionne plus. Il est
temps de s’attaquer vraiment à la difficulté scolaire
dans toutes ses dimensions et ses origines, de
développer une véritable formation initiale et
continue des enseignants en lien avec les
recherches dans ce domaine.

Il faut diminuer les effectifs de classe et installer
des temps d’enseignement en groupes, notamment pour permettre une diversification des
pratiques pédagogiques.

José Pozuelo

Autres articles de la rubrique US 736 du 7 décembre 2013

  • Langues vivantes : un groupe de travail et des assises
    Malgré les interpellations du SNES-FSU sur les épreuves de langues vivantes au baccalauréat, seules celles de la série L ont été retouchées. Ce qui ne résout en rien les problèmes de fond et... Lire la suite (Décembre 2013)
  • Brevet et bac 2014, c’est parti !
    Le calendrier du mois de juin 2014 (conseils de classe, procédures d’orientation, brevet des collèges et baccalauréat) est paru au B.O. n° 44 du 28 novembre 2013. Pour la métropole, les... Lire la suite (Décembre 2013)
  • ST2S : quelle mise en oeuvre ?
    La situation reste très inquiétante tant pour les enseignants que pour les élèves. Le SNES-FSU multiplie les interventions et appelle à renseigner l’enquête sur les activités interdisciplinaires et le... Lire la suite (Décembre 2013)
  • STI : bilan de la réforme
    Dans le cadre du bilan des réformes des formations générales, technologiques et professionnelles des lycées, commandé par le ministre, la DGESCO a organisé une réunion intersyndicale le jeudi 21... Lire la suite (Décembre 2013)
  • Avenir de nos métiers : la mobilisation est indispensable
    Après les discussions multilatérales avec les organisations syndicales, le ministère devrait présenter rapidement un projet de réécriture de nos statuts. La parole des personnels doit être entendue.... Lire la suite (Décembre 2013)