Archives 2007

*Rapport Lunel : Une recette éculée pour une orientation à deux vitesses !"

Clermont-Ferrand, le 27/03/2007

RAPPORT LUNEL : Une recette éculée pour une orientation à deux vitesses.

Le schéma national de l’orientation et de l’insertion professionnelle qui vient d’être communiqué au 1er ministre s’inscrit dans une logique illusoire d’adéquation des formations à l’emploi. Il place l’Ecole dans une position de « fournisseur » face aux besoins des entreprises et la rend largement responsable du chômage des jeunes. Passant sous silence la forte implication actuelle des milieux professionnels dans la construction des diplômes professionnels (notamment dans les commissions paritaires consultatives) et dans l’implantation des formations, le rapport fait porter sur l’orientation la responsabilité de toutes les difficultés scolaires et d’accès à l’emploi.

Non, toutes les difficultés ne proviennent pas d’une inadaptation entre formation et emploi ou d’une méconnaissance des métiers. En faisant certains choix économiques et sociaux, en limitant volontairement le recrutement de jeunes diplômés sortant du système éducatif, les entreprises prennent la responsabilité de la précarité et du chômage, notamment chez les jeunes.

L’orientation cristallise toutes les insuffisances du système scolaire, (absence de passerelles, manque de places, dispositifs pédagogiques insuffisants) largement provoquées par les politiques éducatives et budgétaires.

Le rapport confirme les axes de la circulaire de rentrée en organisant le transfert des missions des conseillers d’orientation-psychologues sur les enseignants, désormais contraints d’assurer des « entretiens d’orientation » systématiques du collège au lycée, en passant par le lycée professionnel. Il valorise sans aucun recul l’apprentissage et les dispositifs extérieurs à l’école comme seule solution à l’échec scolaire.

Enfin, profitant de la pénurie organisée de conseillers d’orientation-psychologues, il préconise le recrutement de conseillers d’orientations non psychologues, mais « VRP des métiers », actant ainsi que le service public d’orientation devrait avant tout être piloté par l’insertion et les desiderata des entreprises dès le collège. Dans le même temps, le secteur marchand du coaching se réserverait le monopole d’une orientation et prétendrait être seul à tenir vraiment compte de la psychologie des élèves, de leurs intérêts et de leur épanouissement.

Le SNES s’opposera à toute mesure qui irait dans le sens d’un renforcement des inégalités entre les élèves et selon les régions. Il mettra tout en œuvre pour que le service public de l’Education Nationale offre pour l’orientation un accompagnement qualifié assuré par des conseillers d’orientation-psychologues plus nombreux et mieux reconnus afin de remplir toutes leurs missions.

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