US magazine 703 du 22 décembre 2010

Quel métier d’enseignant la réforme du lycée dessine-t-elle ?

La mise en place de la Seconde Chatel
commence à produire sur la profession
des effets nocifs. Toute réforme demande
un effort de mise en place, mais le fardeau est
léger quand la nouveauté semble bien fondée.
Installer des dispositifs auxquels on ne croit
pas vraiment, dans un contexte de pénurie de
moyens, n’est pas un parcours de santé... et
devient source de souffrance.
Pour les professeurs qui ne l’ont pas choisie,
la prise en charge dans les heures d’enseignement
de l’accompagnement personnalisé
est souvent vécue comme une dévalorisation
du métier : une tâche pour laquelle il n’y a pas
eu de formation, qui désempare et laisse le
sentiment de perdre à la fois son savoir-faire,
son temps et celui des élèves.

Ne pas se laisser faire

Devoir gérer des questions qui jusque-là
étaient fixées nationalement, comme les
dédoublements, ainsi que l’organisation de
l’accompagnement personnalisé et de certains
enseignements d’exploration, impose
des tâches nouvelles qui ne sont pas jugées
comme participant du coeur du métier, mais
dont on sent qu’il faudrait qu’elles en deviennent
une indispensable condition d’exercice.
Dans un autre contexte, dans lequel les disciplines
ne seraient pas en concurrence avec
l’accompagnement, dans lequel les programmes auraient été le fruit de la recherche
du consensus au service des élèves, dans
lequel arbitrer entre les dédoublements ne
serait pas choisir le collègue qui sera en complément
de service ailleurs, dans lequel travailler
l’accompagnement personnalisé ne
serait pas prendre la place du CO-Psy dont le
poste a été supprimé avec son départ à la
retraite, dans lequel il serait possible de se former
sereinement et en « présentiel » avant de
se lancer dans la nouveauté, dans lequel...
les évolutions du métier en lien avec celles de
la société et des élèves pourraient être pensées et élaborée, collectivement et positivement
plutôt que subies.

Que faire ? Le SNES propose d’agir pour
obtenir a minima un moratoire : ne laissons
pas la réforme du lycée continuer de se mettre
en place. Informons les collègues (outils en
ligne : Courriers de S1 et www.snes.edu, puis
Réforme du lycée), participons aux actions
locales, académiques et nationales (bientôt
une pétition), ne nous laissons pas faire !
Reprenons la main sur notre métier !

Alice Cardoso, Valérie Sipahimalani
lycees@snes.edu

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