Inspection

Protocole d’inspection des professeurs-documentalistes Cachez-moi cette circulaire de missions que je ne saurais voir !

L’analyse du Groupe Documentation du SNES au sujet du protocole signé de l’Inspection Générale Etablissement et Vie Scolaire (IG EVS) paru en février 2007 qui est en fichier joint.

Le « protocole d’inspection des enseignants documentalistes » (fév.2007) de l’IGEVS n’a pas permis d’uniformiser les pratiques d’inspection. Ici les IPR n’en font aucune mention, là il est envoyé pour préparer l’inspection. Tel inspecteur tient à assister à une séance pédagogique ; pour tel autre l’inspection consiste à un entretien en présence du chef d’établissement et du CPE. Mais la normalisation des inspections est-elle le véritable objectif de ce texte ?

En l’absence d’une nouvelle circulaire de missions, ce protocole trace les futures orientations du métier. Empilant les impératifs en tous genres, le fil conducteur n’apparaît qu’à travers la structure du texte. Il s’ouvre sur la politique documentaire – et non plus sur la formation des élèves, ce qui était le cas de la circulaire de missions de 86. Le documentaliste est chargé du « conseil » et même du « pilotage » de cette politique. Or sa conception est un travail qui devrait associer toute l’équipe éducative et son pilotage relève du chef d’établissement. La contradiction entre la multiplication des domaines
d’intervention et la baisse des recrutements est flagrante. Cet alourdissement des tâches entraînera des choix qui se feront au détriment de la formation des élèves. Le silence du protocole quant à l’animation d’une séance pédagogique est significatif. Nous n’aurions plus qu’à « contribuer » à la formation des élèves, en y participant « de manière directe ou indirecte », à « coopérer avec les enseignants disciplinaires » et à « élaborer les outils qui leur
permettront de (...) faire acquérir aux élèves les compétences nécessaires ». Mais comment se fera un tel transfert de compétences ? Quelle sera notre légitimité auprès de nos collègues ? Et ne sommes-nous pas les garants de la pédagogie documentaire ?

Le profil professionnel qui se dégage est plus proche de celui d’un conseiller que d’un enseignant, en totale cohérence avec la baisse drastique des recrutements. Le CDI deviendrait un service de documentation dirigé par le
documentaliste, assisté de « collaborateurs » – stagiaire à 16heures, emploi aidé, professeur sans élève...

Lors d’une audience du SNES en mai 2008, MM. Durpaire et Legoff, IG EVS, à la question du statut du protocole national d’inspection, ont répondu qu’il n’était qu’un « outil de formation en direction des IPR ». Il n’aurait donc pas vocation à se substituer à la circulaire de missions, laquelle, en l’état actuel des choses, reste le seul texte officiel à définir les missions des professeurs documentalistes


Cette analyse est le fruit de stages syndicaux organisés depuis la parution du protocole. Continuez à réagir sur :documentalistes@snes.edu ?

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