US 674 du 22 novembre 2008

Projet Darcos pour le lycée : toujours inacceptable

Le succès de la manifestation du
19 octobre et le fait que le SNES ait
quitté les discussions ont contraint le
ministre à revoir sa copie sur le projet de
réforme du lycée ; le point d’étape présenté
au lendemain de la mobilisation
s’est ainsi traduit par des reculs certains,
pour la Seconde notamment :

- l’horaire élève initialement annoncé à
27 heures est passé à 30 heures (au-delà
des moyennes de l’OCDE pourtant présentées
comme un modèle à suivre en
matière de formation des élèves) ;

- l’organisation en modules semestriels
ne concernerait que les enseignements
d’exploration et d’approfondissement.

Les annonces diffusées dans la presse vendredi 14 novembre
donnent quelques précisions sur l’horaire élève : français 4 h,
mathématiques 3 h 30 ou 4 h, histoire géographie et
ECJS 3 heures ou 3 h 30, sciences expérimentales 3 h, LV 5 h,
EPS 2 h.

Le projet n’est donc pas acceptable :

- rien n’est dit sur les possibilités de dédoublement ou les
effectifs notamment dans les disciplines ci-dessus ;

- contenu flou et gestion locale pour les 3 h du module
« d’accompagnement » ;

- risque de marginalisation et de dénaturation des disciplines
qui ne seraient plus enseignées que sur un semestre : SES,
enseignements artistiques, langues anciennes, LV3, enseignements
technologiques, d’autant plus que tous les lycées ne
feront pas la même offre de formation (inégalités renforcées par
les conséquences de la suppression de la carte scolaire) ;

- mise en place de parcours d’initiés malgré les annonces sur les
contraintes de choix des modules par les élèves (pas plus d’un
module correspondant à une discipline du tronc commun,
sauf pour le champ scientifique) ;

- aucune visibilité sur le cycle Première-Terminale.
Se dessine une Seconde profilée, avec une diversification
des parcours fortement compromise, une réduction inadmissible
des horaires disciplinaires, un affichage démagogique
d’une plus grande liberté offerte aux élèves alors
que la voie technologique, facteur réel de démocratisation,
est sabordée, puisque réduite à des modules aux horaires
restreints.

Ces annonces ne traduisent pas la volonté d’élever le niveau de
qualification de l’ensemble des élèves, ni d’assurer à tous une
formation riche qui leur permette de comprendre le monde et
développer l’esprit critique et citoyen.

Pour le SNES, ce projet ne doit pas être mis en oeuvre.

Roland Hubert

Autres articles de la rubrique US 674 du 22 novembre 2008

  • Manifs lycéennes en RFA
    Berlin : quelque 80 000 lycéens ont manifesté mercredi 12 à Berlin et dans plusieurs grandes villes allemandes pour protester contre les classes surchargées et une école à deux vitesses qui... Lire la suite (Novembre 2008)
  • Etats Généraux des lycées
    Samedi 29 novembre 2008 Eurosites saint-ouen ÉTATS GÉNÉRAUX DES LYCÉES Le SNES, le SNEP, le SNUEP et le SNUPDEN organisent la montée à Paris d’un représentant par lycée pour POUR IMPULSER UNE AUTRE... Lire la suite (Novembre 2008)
  • Chahut à l’école polytechnique : Darcos ne tient pas sa classe
    600 lycéens, tous élus des conseils de vie lycéenne étaient invités à débattre de la réforme des lycées. Las ! Point de débat. Les lycéens, furieux, ont eu l’impression que tout était déjà décidé, le... Lire la suite (Novembre 2008)
  • Un autre lycée est possible
    qui lutte contre les inégalités sociales et assure la réussite de tous en termes de formation et de parcours d’étude ; qui soit le lieu privilégié des apprentissages ; qui soit lisible. Pour le SNES,... Lire la suite (Novembre 2008)