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Programmes personnalisés de réussite Educative (PPRE)

Textes de référence : Article 16 de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école du 23 avril 2005 Décret n° 2005-1013 du 24 août 2005 (dispositifs d’aide et de soutien au collège).
Circulaire n° 2006-138 du 25 août 2006 (Mise en œuvre des PPRE à l’école et au collège)

La loi Fillon du 23 avril 2005 prévoit que le chef d’établissement propose un PPRE à tout élève qui risque de ne pas maîtriser les connaissances et les compétences indispensables à la fin du cycle. La circulaire du 25 août 2006 précise que les difficultés prises en compte sont prioritairement d’ordre scolaire, en français, mathématiques ou langue vivante, soit une partie seulement du socle commun que tous les jeunes sont censés acquérir avant la fin de la scolarité obligatoire.
L’élève en difficulté serait ainsi privé de l’ensemble de la culture scolaire et cantonné à des exercices répétitifs. De plus, le sentiment de stigmatisation et de relégation risque de rendre plus difficile encore l’entrée dans les apprentissages.

Les PPRE ont fait l’objet d’une expérimentation en 2005-06 dont la synthèse n’a pas été rendue publique avant la généralisation à tous les collèges. Un rapport publié par l’IG suite à cette expérimentation pointait déjà deux difficultés : un dispositif mal cadré, des objectifs mal définis.

Rapport PPRE juin 2006

Les PPRE ont été en principe étendus au cycle central depuis la rentrée 2007. Les échos sont accablants : multiplication auprès des élèves d’intervenants divers leur donnant des consignes parfois contradictoires, labellisation PPRE de dispositifs qui n’ont rien à voir (tutorat d’élèves de 6ème par des élèves de troisième, par exemple) même s’ils peuvent avoir leur pertinence dans un autre cadre.

Les moyens n’ayant pas été dégagés, ce sont souvent les heures d’ATP de sixième qui ont été transformées en HSE pour pouvoir mettre en place ce dispositif : d’une aide suivie et régulière assurée par un enseignant connaissant les élèves, on passe à un « coup de pouce » ponctuel et le plus souvent non concerté. Or le PPRE s’adresse aux élèves en grande difficulté, ceux là même qui ne peuvent tirer profit d’un dispositif trop ponctuel. Ils n’ont pas besoin d’un « petit cours » de plus, mais d’une pédagogie différenciée sur la durée qui leur permette d’entrer réellement dans les apprentissages.

Alors que la loi Fillon prétend viser la réussite de tous, un paragraphe de la circulaire sur les PPRE affirme déjà que l’alternance collège/entreprise dès la 4ème constitue "une réponse plus adaptée aux besoins de certains élèves" que la poursuite d’un PPRE. Ce passage montre bien qu’avec le socle commun et les PPRE, c’est un collège à plusieurs vitesses et l’éviction précoce de nombreux élèves que l’on organise.

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