US 729 du 30 mars 2013

Programmes de SES : enfin des allègements !

On ne peut que se féliciter de la décision d’alléger les programmes du cycle
terminal de SES même si une révision plus générale est indispensable.

Le Conseil supérieur de l’éducation du 21 mars
a adopté les allègements des programmes
de SES du cycle terminal, applicables à la rentrée
2013. Le SNES-FSU, qui depuis deux ans ne cessait
d’alerter sur la lourdeur des programmes,
se félicite de ces allègements et du consensus
assez large qui semble être apparu sur cette
nécessité, qu’il était le seul à porter dès 2011.

Ces allègements sont aussi le résultat de la mobilisation
des enseignants de SES : le ministère a
enfin accepté d’écouter les personnels et leurs
organisations représentatives, ce qui a permis un
travail pertinent sur le contenu des programmes.
Les collègues auront ainsi plus de temps pour
réintroduire des pédagogies actives plus
conformes à l’esprit de la discipline.

Malgré tout, ces allègements restent encore
insuffisants, en particulier en Terminale, et ne
remettent pas en cause la construction des programmes
(approche trop notionnelle, cloisonnement
excessif entre économie et sociologie).
Le SNES-FSU continue de demander la remise à
plat de la réforme Chatel des voies générale
et technologique du lycée et portera auprès du
futur Conseil supérieur des programmes la nécessité
d’une remise à plat des programmes de SES.

Des collègues nous demandent d’apporter quelques précisions à propos de l’article « SES
et médias : un mariage raté » publié dans le
supplément à L’US n° 728 « Femmes et médias ».

ET LA QUESTION DU GENRE ?

Si la question du genre est présente dans les
programmes de SES, cette présence pose le
problème plus large de la construction des programmes
et du statut des indications complémentaires
(IC) : hormis la référence à la socialisation
différentielle en Première ES, le « genre »
n’apparaît pas dans les notions essentielles et
dans les deux premières colonnes du programme,
alors que les IC y font explicitement
référence, à chaque niveau des programmes.
Censées « borner » le programme, ces IC ont parfois
une dimension prescriptive inquiétante pour
la liberté pédagogique des enseignants, mais sur
ce cas particulier, elles viennent essentiellement
« fixer » un thème que les enseignants abordent
quasi systématiquement depuis longtemps : la
réflexion sur le genre, la socialisation différentielle,
les inégalités hommes-femmes, font partie
des thèmes qui « accrochent » facilement les
élèves et permettent de faire réfléchir les citoyens
en formation sur la société dans laquelle ils vivent.

Romain Gény et Georges Ortusi

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