US Magazine 673 du 25 octobre 2008

Programmes d’histoire : Nouvelle offensive mémorielle ?

« Est-ce qu’il ne faudrait pas
qu’une bonne fois pour
toutes ce que nous considérons
comme devant être enseigné
aux élèves soit prescrit par la
représentation nationale ? »

Cette déclaration de Xavier Darcos,
le mardi 28 octobre, lors de
son audition devant la Mission parlementaire sur les questions
mémorielles montre une profonde
méconnaissance – démagogiquement
entretenue ? – de l’élaboration
des programmes scolaires.
En quoi les députés, qui déclarent
par ailleurs l’importance fondamentale
d’enseigner des héros
positifs à la jeunesse, sont-ils compétents pour légiférer sur des
contenus enseignés ? Le SNES
réaffirme que la définition des
contenus de programmes relève
de l’Éducation nationale en
concertation avec les enseignants
et leurs organisations représentatives,
l’Inspection générale, les
universitaires.

Plus grave encore, le ministre
déclare que l’école intègre particulièrement
les lois mémorielles
et il cite l’article 4 de la loi de
2005 (portant sur le « rôle positif
de la présence française outremer
 ») qui a pourtant été abrogé.
Comment le ministre de l’Éducation
nationale pourrait-il
l’ignorer ? Il ajoute qu’il y était
personnellement favorable...

L’ensemble des propos du
ministre(1) et des députés présents
est inquiétant : volonté de courtcircuiter la société civile, confusion
constante entre les lois
mémorielles, la question des commémorations
à l’école et le
contenu des programmes d’histoire.

On ne peut que dénoncer le danger
que représente l’écriture d’une
histoire officielle même sous couvert
d’un vote parlementaire. Plus
on légifère sur ce point, plus on
ajoute de la confusion, de la polémique.
Loin d’apaiser les querelles,
cette logique les fait naître
ou les réactive.

Les dérives d’instrumentalisation
ne sont que trop évidentes et pourraient
concerner bien d’autres disciplines.

Alice Cardoso

1. Tous les liens utiles sur http://www.snes.edu/spip.php?article15931

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