Arts plastiques

Présentation Novembre 1999

Étant aujourd’hui l’objet de diverses attaques, victime de certaines contrevérités, notre discipline a besoin de textes fédérateurs auxquels chacun puisse faire référence.
Il est essentiel de participer au débat, à la mise en discussion des contenus de nos enseignements, de réfléchir à la place de notre discipline, de nous approprier cette réflexion jusque dans nos pratiques. Ainsi personne ne devrait plus ignorer ce que nous faisons, donc ce que nous sommes, et ce qu’est une réelle culture artistique au collège et au lycée.
Qui s’intéresse aujourd’hui aux « arts plastiques » et cherche à en comprendre la démarche et l’évolution, doit peut-être commencer par regarder les programmes de terminale de 1909, les mettre ensuite en parallèle avec ceux de 1999, constater le chemin parcouru et entrevoir ainsi le devenir de cette discipline face aux évolutions de la société et du système éducatif.
(consulter pour cela, le très utile « Du dessin aux arts plastiques » de Marie-Claude GENET DELACROIX et Claude TROGER au CNDP)
On peut constater sans peine que nous sommes passés progressivement d’une convention représentative stricte, axée sur le modèle classique, à une large ouverture aux formes contemporaines de création. Cette mutation ne s’est pas faite sans quelques malentendus, sans certaines confusions autant dans les familles que dans le corps enseignant.

Programme

Or, il semble que ces malentendus, lorsqu’ils existent viennent justement d’un manque d’adhésion à cette charpente qu’est pour nous un programme national.
Les professeurs d’arts plastiques sont attachés à une certaine ouverture des programmes et ne réclament pas une rigidité qui ne serait pas de mise ici. L’absence de manuel scolaire et de contenu plus précis oblige chaque enseignant à créer son propre « musée » à faire oeuvre créatrice, ce qui est fabuleusement intéressant et fait le sel de notre discipline, mais, qui n’est nulle part reconnu à sa juste valeur.
Cependant, peut-on considérer que l’on a réellement un programme national ?
Comment modifier la forme des programmes pour mieux équilibrer : liberté pédagogique, inventivité personnelle des enseignants d’une part, et formation commune à tous les élèves, programmes nationaux de l’autre ? Pour avoir des références mieux définies et faciliter ainsi la tâche des enseignants ?
Se pose donc la question de savoir s’il faut aménager les programmes aux conditions d’enseignement que nous vivons ou s’il faut se battre pour obtenir des conditions d’enseignement qui soient adaptées aux contenus de nos programmesil semble qu’il soit possible de se sortir de cette impasse en réfléchissant d’abord à l’épanouissent physique, intellectuel et sensible de nos élèves, aux outils dont ils ont besoin pour avancer dans leur vie avec le plus de richesse possible.

Collège

Les élèves de sixième arrivent avec des bagages souvent très différents ; ils sont déjà nombreux à n’avoir pas eu droit au minimum prévu par les programmes de l’école primaire, alors qu’une minorité a pu participer à plusieurs ateliers,(ce qui, par ailleurs, pose le problème d’un fonctionnement que certains voudraient voir généraliser). Comment cette hétérogénéité pourrait être mieux prise en compte dans le programme ?
En quatrième, suite aux changements dans le système d’orientation, se pose le problème de la maturité de certains élèves. Comment faire lorsqu’il devient difficile d’aborder l’analyse d’image ou certaines notions comme la représentation de l’espace ?
En troisième, comment apprécier l’application des nouveaux programmes ? La mise en place d’une pédagogie par projet semble difficilement réalisable sans formation réelle des enseignants dans le cadre de la classe. Quelles sont les stratégies qui permettent à chacun de s’en sortir ?
L’accent mis sur l’architecture est judicieux, a-t-il sa juste place par rapport aux autres notions à acquérir ?

Lycée

L’introduction progressive des nouveaux ateliers de pratique artistique va changer la « donne ». Au delà de ce que l’on peut en penser, de ce qu’ils amènent de perversion au système qui était déjà en place, il est important de s’exprimer sur leurs contenus et leur évaluation afin d’en infléchir l’orientation. Ces ateliers s’adressant à tous les élèves, quels contenus leur donner, différents de ceux des options ?
Le ministère étudie une refonte des programmes des options facultatives et des « L arts » . Est-il toujours, dans le contexte actuel, judicieux de garder un tronc commun sur tout ou partie du programme, entre la seconde et la première, d’une part, et entre les différentes options d’autre part ? Ces troncs communs correspondent-ils, d’après vous à une nécessité d’ordre disciplinaire ou à une recherche de simplification de la structure pour une meilleure gestion administrative ?
Le choix de la Renaissance à 1937 pour la seconde et la première s’articule-t-il correctement avec les acquisitions antérieures ? Avec, également, les programmes d’histoire et de lettres ?
Les dossiers personnels « arts plastiques »,présentés au bac par les élèves de terminale préfigurent de ce que pourront être les TPE ,que penser de ce type d’évaluation, quels en sont les inconvénients ou les avantages pour l’élève, pour l’examinateur ? Le coefficient des options ne mériterait-il pas d’être augmenté ?
Le programme de terminale semble cohérent avec la nécessité de travailler le contemporain. Est-il en adéquation avec les compétences demandées par la suite aux élèves qui continueront en DEUG ? Quels types de liens arrive-t-on à tisser avec les collègues de fac ?

TPE

Ils sont prévus en première et terminale L et devraient porter sur deux disciplines dominantes de la série. Quels thèmes interdisciplinaires pourraient être travaillés : avec l’histoire autour d’une période, avec la philosophie sur la question de l’esthétique... ?
Entre un enseignement qui paraît, pour certains, bâti sur l’aléatoire, et un enseignement cadré dans un carcan qui évacuerait la posture artistique de l’enseignant, il nous appartient de poursuivre la construction d’une ligne cohérente où chacun (jeunes et adultes) trouverait ses repères. Des programmes vivants, conçus en intelligence avec ceux qui les travaillent, comme outil essentiel d’appropriation et de communication.

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