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Prérecrutement : Assurer la démocratisation du recrutement. contribution au thème 2

Deux professeurs de maths de 58 ans disaient leur bonheur d’avoir 40 ans et 39 ans de cotisation retraite grâce au système des IPES. Concours qu’elles avaient passé en première et seconde année de fac et qui leur avait permis d’étudier dans la sécurité sans courir après les petits boulots. Tout entières à leurs études et assurées de l’écrit des épreuves d’admissibilité des épreuves du CAPES. Ce système comme celui des Écoles normales pour les instituteurs qui recrutait en 2nde, à la fin de la Terminale, celui des CP-CAPET a permis à des élèves issus des CSP défavorisées d’entrer dans les métiers de l’enseignement et de leur garantir une retraite. La société du XXIe siècle ne serait plus capable d’offrir cet ascenseur social aux enfants des couches sociales défavorisées.

Les prérecrutements ne doivent pas être les suppléments d’âme de l’élévation du niveau de recrutement. Défendre la qualité de l’enseignement est consubstantielle de l’établissement de ces prérecrutements qui doivent être massifs, correspondre à 80, 70, 60 % du nombre de postes mis aux concours. A discuter.

Ils permettront ainsi d’atténuer la crainte d’étudier pour « rien » plus forte chez les étudiants issus des CSP défavorisées qui choisissent des formations courtes pour accéder plus vite à l’emploi. L’accès aux métiers de l’enseignement devient avec l’élévation du niveau de recrutement extrêmement aléatoire. Qui va tenter ce parcours de 5 années d’études sachant que bon an mal an 8 d’entre eux sur 10 ne pourront pas devenir professeur ? C’est une sélection beaucoup plus cruelle que celle pour devenir médecin qui sait qu’après un 1 ou 2 ans d’études, il sera médecin. Un étudiant qui après deux ans de prépa entre dans une école d’ingénieur sait qu’il obtiendra son diplôme après 3 ans d’école.
Les concours de l’enseignement d’aujourd’hui aboutissent à une sélection sociale qui est en faveur des fils des cadres. Sans parler des étudiants issus de l’immigration « visible », très peu présente dans nos salles de professeurs et donc dans nos propres instances.
Les seules études menées localement sur les effets sociologiques du passage du recrutement des instituteurs du bac à la licence avait fait disparaître presque totalement les enfants d’ouvriers ou d’employés du corps des PE.

Il faut savoir être exigeant pour notre profession mais nous sommes aussi un syndicat de la transformation sociale nous devons travailler aussi et surtout pour qu’un jour « la cuisinière puisse diriger l’état ».

Alain Billate, UA, S3 Bordeaux

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