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Un film de Karim Aïnouz (Brésil – Allemagne)

"Praia do Futuro" Sortie en salles le 3 décembre 2014.

Donato est maître-nageur sur la plage de Praia Do Futuro à Fortaleza, Brésil.

Un jour, il sauve de la noyade un touriste allemand, Konrad.

Les deux jeunes gens s’étant épris l’un de l’autre, Donato décide d’abandonner sa mère et son jeune frère pour suivre Konrad à Berlin.

Après des années de silence et la mort de la mère, Ayrton, le benjamin devenu adulte, retrouve son frère à Berlin.

Les retrouvailles s’avèrent difficiles dans ces circonstances, mais ils tentent pourtant de renouer les liens perdus.

Cinéma :"Praia do futuro"

Si les qualités du film de Karim Aïnouz tiennent au récit, elles sont surtout dans la manière de filmer les paysages et les corps, dans l’époustouflante beauté et l’ampleur de l’image.

"Praia do Futuro" est un film sur les corps, la masculinité et sur les affrontements physiques, qu’ils soient amoureux ou conflictuels.

Qu’il s’agisse des séquences de baignade dans une eau furieuse, d’étreintes passionnées, d’hostilité à l’autre, l’image est frontale, saisie par une caméra au plus près des corps ou des éléments.

" Praia do Futuro" en même temps qu’il raconte l’histoire d’une passion, aborde hors anecdote, les thèmes de la trahison, de la culpabilité et de la famille homoparentale avec l’apparition dans le troisième tiers du récit, d’Ayrton.

Mais " Praia do Futuro " est surtout un magnifique objet cinématographique. La construction du film évite tout tracé linéaire sans jamais perdre son fil narratif et la beauté des images ne verse jamais dans l’esthétisme.

Les personnages sont finement dessinés même si, au hasard des atmosphères contrastées et des époques, ils se modifient et se tiennent momentanément dans un domaine décalé.

Fortaleza, ville du nord du Brésil aux limites de la mer et du désert et Berlin constituent les décors du film.

Fortaleza autour de son port industriel équatorial un peu abandonné est filmée avec une lumière forte et aveuglante. Berlin chargée de son histoire tragique de ville réinventée y apparaît en contraste.

Pourtant telles que Karim Aïnouz les filme, ces deux villes ont des liens évidents et c’est leur différence et leur parenté à la fois, qui font la chair de la narration.

Pour ce réalisateur, le cinéma est le terrain des corps et de l’espace. Ici, plus que les paroles, ce sont les gestes qui définissent les personnages.

Pour l’originalité de la mise en scène, la beauté de la photo. Pour les comédiens superbes…

Francis Dubois

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