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Un film de Marjane Satrapi et Vincent Patronnaud (France)

 "Poulet aux prunes" Sortie en salles le 26 octobre 2011

Son violon brisé, Nasser Ali Khan, l’un des plus grands musiciens de son époque, semble avoir définitivement perdu le goût de vivre.

Face à l’impossibilité de trouver un instrument digne de remplacer celui qu’il a perdu, il décide de se coucher et d’attendre que la mort l’emporte.

Au cours de ces journées où il gît dans son lit, il cède à des rêveries aussi mélancoliques que joyeuses qui le renvoient à sa jeunesse, le conduisent à s’entretenir avec Azraël, l’ange de la mort et anticipent sur l’avenir de ses enfants.

Au fur et à mesure que le puzzle de sa vie réelle ou rêvée se construit, se révèle le vrai secret de sa vie, la magnifique histoire d’amour qui a, autrefois, nourri son génie et sa musique.

 La première idée qui vient à l’issue de la projection de "Poulet aux prunes" est que, ce qui était à l’origine une bande dessinée se serait sans doute mieux accommodé d’un film d’animation que d’une réalisation classique avec des comédiens.

La structure à tiroirs qui fonctionnait dans l’album et entraînait un parcours ludique du récit était sans doute difficile à transposer dans un film, fut-il conduit comme un conte, avec au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire, de plus en plus de distance avec le réalisme.

"Poulet aux prunes" balance sans cesse entre burlesque et émotion, fantaisie et gravité, et joue sur le mélange des genres. Les flash-back, peut-être à cause du parti pris d’utiliser des esthétiques différentes, rendent parfois confuses les avancées dans le temps, les ellipses.

Marjane Satrapi et Vincent Patronnaud, à jouer avec tous les styles, à passer de la parodie de la sitcom au mélo italien, au film fantastique, nous égarent parfois quand les éléments du puzzle rassemblés peinent à déboucher sur le motif final.

Mathieu Amalric semble embarrassé par son personnage. Il force parfois son jeu et les apparitions dans de tous petits rôles de Jamel Debbouze, Chiara Mastroiani, Isabella Rosellini ou Edouard Baer dans le rôle de l’ange de la mort, ressemblent à des clins d’œil pour le moins superflus et qui parfois, faussent le jeu général.

Après "Persépolis", "Poulet aux prunes" déçoit un peu. Du coup, l’esthétique du film, le beau travail sur les couleurs, la photographie, sur des décors reconstitués en studio qui vont parfaitement avec le mélange des ingrédients narratifs, tombent à plat ou tournent un peu à vide.

  Francis Dubois

 

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