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Un film de Eran Riklis (Israël-Allemagne-France)

"Playoff" Sortie en salles le 4 juillet 2012

En 1982, l’entraîneur de basket israélien Max Stoller est devenu une véritable légende dans son pays. Tenté par de nouveaux défis, il quitte Israël pour prendre en main l’équipe nationale d’Allemagne de l’Ouest qu’il doit conduire au championnat du monde de Los Angeles.

Mais non seulement l’équipe qu’il lui faut entraîner est constituée de joueurs peu motivés qui n’ont pas envie d’être bousculés dans leurs habitudes, mais il devient la cible de la presse israélienne qui le considère comme un traître.

En dépit de ces obstacles, il décide de mener à bien sa mission mais cette obstination à poursuivre n’est pas uniquement guidée par le choix de la réussite. Un autre projet lui tient à cœur, plus personnel, celui de repartir sur les traces de son enfance brisée par la guerre, un jour de 1943.

Ses recherches le conduisent à rencontrer l’actuelle occupante de l’appartement où il vécut autrefois avec sa famille, une jeune femme d’origine turque déracinée, pour laquelle il se prend d’affection et qu’il décide d’aider.

Après une trilogie constituée de "La fiancée syrienne" , de "Les citronniers" et de "Cup Final", le réalisateur Eran Riklis avait décidé que son prochain film n’aurait plus comme sujet central des israéliens et des palestiniens. En réalisant " Playoff" qui est l’adaptation d’une histoire vraie, il prouve combien il lui est difficile de prendre ses distances avec l’histoire explosive du Moyen-Orient.

Au départ, le projet de "Playoff" reposait sur le passage de l’entraîneur de basket Ralph Klein d’Israël à Allemagne de l’Ouest. C’est une rencontre entre lui et Eran Riklis, quelque temps avant sa mort prématurée, qui a fait naître l’autre pan du récit lié à son histoire personnelle survenue en Allemagne au cours de la seconde guerre mondiale.

La souffrance de Max Stoller dans le film est enfouie au point qu’il est parvenu à se la cacher à lui-même et c’est au terme d’un long périple qu’il va pouvoir se réconcilier avec son passé et avec sa famille. Longtemps, sa carrière professionnelle, surtout couronnée de succès, lui a servi de parade.

Le rapport au père qui a toujours été présent dans l’œuvre de Eran Riklis est ici une ligne forte du film. Il y Max lui-même et son père dont la guerre l’a privé, le jeune basketteur rebelle dont on découvre qu’il a eu une relation trouble avec un père disparu, et l’adolescente turque en quête d’une figure paternelle.

Le traitement de " Playoff" débouche sur un film de facture classique, sur une narration à l’ancienne constituée de ces petites révélations livrées à doses "homéopathiques" qui finissent par installer un malaise latent, un suspense psychologique prenant. Le film bénéficie du grand soin que Eran Riklis a apporté à la reconstitution de l’Allemagne du début des années 80 qui rejaillit sur la dimension humaine du récit et met en évidence les liens qui unissent Max et Deniz et qui ont en commun la distance spirituelle et physique, chacun avec son pays d’origine.

Francis Dubois

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