Actualité théâtrale

Jusqu’au 26 juin au Théâtre de Belleville - Paris

« Play house » Partenaire Réduc’snes

En treize mini-scènes et moins d’une heure, Martin Crimp nous raconte une vie de couple qui se délite sous l’effet du quotidien. De l’émerveillement de l’installation dans un petit appartement à l’arrivée d’un bébé, dont ils se demandent qui a pris cette décision, en passant par le nettoyage du réfrigérateur, le brossage de dents, le désir amoureux, la voisine qui écoute tout, les mobiles qui envahissent les soirées, les cadeaux ratés. La banalité du quotidien, les petits malentendus pourrissent peu à peu l’élan amoureux qui laisse même parfois place à la haine. L’Anglais Martin Crimp, un des dramaturges les plus en vue des scènes britanniques aujourd’hui, s’inscrit ici dans la lignée de Harold Pinter quand il décortique les rapports conjugaux, mais le titre renvoie aussi à Maison de poupée d’Ibsen et au désenchantement qui tue l’amour conjugal. Par contre son ton est singulier, ironique, caustique et déjanté.
culture/théâtre
Rémy Barché, qui avait mis en scène récemment La ville, du même auteur, au Théâtre de La Colline, situe la pièce dans un décor très pop avec des couleurs acidulées, des meubles en kit qui se brisent facilement à l’image de la vie et des sentiments de Simon et Katrina. Une voix off annonce le titre des treize scènes et c’est parti. Les deux acteurs impriment un rythme rapide, les réparties fusent et ils occupent l’espace avec une énergie éblouissante. Tom Napolitano se laisse entraîner, l’air parfois un peu surpris pour ne pas dire ahuri par les initiatives de Katrina, qu’interprète Myrtille Bordier. Véritable boule d’énergie quand elle danse, quand elle se jette sur Simon, quand elle envoie promener le voisin qui sonne à la porte, elle surprend par sa détermination. Et en même temps cette énergie apparaît en contradiction avec cette vie si vide, où l’imagination se perd au fil des jours comme en témoigne l’évolution du cadeau qu’elle fait à Simon. Ils dressent un portrait plutôt drôle mais très acide de notre société, d’autant plus incisif que la pièce est d’une grande concision.
Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 19h30, le dimanche à 20h30

Théâtre de Belleville
94 rue du Faubourg du Temple, 75011 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 48 06 72 34

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « De Pékin à Lampedusa »
    Ils connaissent les dangers de la traversée du désert et de la Méditerranée et pourtant ils sont des milliers à se lancer, au péril de leur vie, dans ce périple où les attendent des passeurs sans foi ni... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Liberté ! (avec un point d’exclamation) »
    Des pieds chaussés de chaussettes rouges s’échappent d’un coffre d’où sort la voix d’un homme fredonnant la chanson de Moustaki Ma liberté. C’est bien de liberté que va nous parler Gauthier Fourcade et,... Lire la suite (Août 2017)
  • « Contagion »
    Nombreux sont ceux qui ont cru, tout au moins au début, que le développement des réseaux sociaux allait permettre de sortir du formatage des media et contribuer à redonner vie à la démocratie en... Lire la suite (Août 2017)
  • « De si tendres liens »
    Dans une série de tableaux successifs se déploie la relation d’une mère divorcée et de sa fille unique, une relation où les souvenirs de l’une rencontrent ceux de l’autre avec ce qu’il peut y avoir de... Lire la suite (Juillet 2017)
  • « Night in white Satie »
    Un drôle de bonhomme, ce Monsieur Satie, avec son pince-nez un peu de travers, ses costumes de velours (il en acheta sept identiques, tous de couleur moutarde, à la suite d’un héritage), son chapeau... Lire la suite (Juin 2017)