Actualité théâtrale

À partir du 19 janvier au Théâtre La Bruyère

« Piège mortel »

Sydney Brown est un auteur qui a écrit, entre autres, une pièce policière qui a connu un très grand succès. Alors qu’il se trouve en panne d’inspiration dans son joli cottage, voici qu’il reçoit le manuscrit d’un jeune homme qui fut son étudiant dans le cours d’écriture qu’il donnait à l’Université. Il sent que ce sera un immense succès, celui après lequel il court en vain désormais et, surprise inespérée, ce jeune homme souhaite venir le voir pour qu’il soit son premier lecteur. Il se demande comment s’approprier ce manuscrit ? Chercher à en être coauteur ainsi que le suggère sa femme ou pourquoi pas le tuer purement et simplement ?

Adaptée par Gérald Sibleyras d’une pièce de Ira Levin, l’auteur du célèbre Rosemary’s baby, constamment jouée depuis son écriture 1978, la pièce fourmille de rebondissements. Il y a du suspense, des surprises, du rire et de l’humour noir selon les codes du genre.

Théâtre : Piège mortel

Le metteur en scène Éric Métayer, habitué des Molières aussi bien en tant qu’acteur que metteur en scène, a situé l’action dans un petit cottage anglais où seul le bureau, pièce maîtresse du mobilier d’un écrivain, changera au cours de l’avancée de la pièce. Les quatre acteurs sont à la fois intrigants et drôles. Nicolas Briançon donne à Sydney Brown le visage d’un auteur exaspéré par la fuite de l’inspiration, qui ne veut perdre ni sa notoriété ni l’aisance matérielle qu’elle lui procure, cynique, machiavélique, cherchant à avoir toujours un coup d’avance. Face à lui Cyril Garnier est le jeune auteur Clifford. Naïf ou roué, c’est à voir, Sydney n’en fera-t-il qu’une bouchée ? Virginie Lemoine fait de Myra, la femme de Sydney, une femme prête à quelques entorses avec la morale (mais pas trop !), qui glisse de son personnage de gentille tricoteuse à celui d’une femme apeurée dans son coin quand elle n’est plus à la hauteur du jeu. Enfin Marie Vincent apporte à la pièce une note déjantée avec son personnage de voyante à l’accent impossible, voyante extra-lucide mais pas complètement !

On prend beaucoup de plaisir à ce duel entre menteurs « atteints de la maladie du polar » où chacun cherche à tromper l’autre, au ping-pong des dialogues et aux situations qui se retournent à plaisir.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 15h30

Théâtre La Bruyère

5 rue La Bruyère, 75009 Paris

Réservations : 01 48 74 76 99

Se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « We love arabs »
    Hillel Kogan est un artiste engagé. Il est à la fois danseur, chorégraphe, interprète, acteur, concepteur et dramaturge mais cette accumulation de titres qui lui ont valu de nombreuses récompenses... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « La nostalgie des blattes »
    Sur un plateau nu, une estrade, et sur cette estrade, assises sur deux simples chaises, deux femmes plus très jeunes. La plus ancienne dans son poste voit arriver la remplaçante avec une belle dose... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Trahisons » de Harold Pinter
    Jerry et Emma se retrouvent devant un verre deux ans après leur rupture. Leur embarras n’a d’égal que l’émotion de se revoir. Pendant des années, alors qu’une amitié sincère et de très longue date liait... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Les deux frères et les lions »
    Une ambiance très british avec chansons traditionnelles, thé et scones, nous accueille pour ce conte inspiré d’une histoire vraie, dont les héros sont encore vivants. Deux jumeaux habillés de la même... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Novecento »
    Novecento est un conte qui nous entraîne sur un paquebot transatlantique, à la rencontre de Novecento, né et abandonné sur le piano de la salle de bal du bateau, devenu un musicien de génie et qui... Lire la suite (Septembre 2017)