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Physique Chimie : Analyse des aménagements de programme de 2nde par le CSP mis à jour le 23/02/2017

Depuis la rentrée 2016, les élèves de collège suivent un nouveau programme de Sciences-Physiques. Le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) a adopté ces jours-ci un aménagement le programme de seconde GT. La logique ne permet cependant pas de traiter le phénomène transitoire qui découlera de la réforme ces deux prochaines années. En effet, les élèves de 4ème et 3ème de cette année n’auront pas étudié l’intégralité du nouveau programme de cycle 4. Le CSP a d’ailleurs délimité le "champ des interrogations" pour le DNB 2017. Par manque de temps, de nombreux professeurs ne traiteront pas cette année en 3ème la masse volumique, l’organisation de la matière dans l’univers et les signaux sonores.

I Suppressions

On observe quelques suppressions de points de programme de seconde étudiés de façon curriculaires au collège. Certains professeurs de lycée peuvent regretter de perdre l’occasion de travaux pratiques de révisions sur de lointaines notions telles que la "propagation rectiligne de la lumière" et la "chromatographie" (désormais éliminée du programme de 5ème car trop anecdotique). La chromatographie, occasion d’un TP rapide et complet en terme de raisonnement scientifique, permettait de faire suivre l’extraction d’une substance chimique par son analyse. Le programme perd donc en cohérence pour économiser une séance d’une heure trente. En Première et terminale S, la chromatographie n’est revue rapidement qu’en tant que technique d’analyse déjà maîtrisée par les élèves.

Attention, en ce qui concerne la "masse volumique", supprimée dans la colonne de gauche du programme mais résiliente dans la colonne de droite ! Il faudra savoir l’utiliser pour travailler la "densité". Or cette notion est exclue du champ des sujets du DNB 2017. Peu de professeurs trouveront le temps de l’enseigner cette année en 3ème. Cette adaptation de programme arrive donc trop tôt.

La suppression de l’étude de la structure de l’univers en 2nde semble être la suite logique du programme de cycle 4. Là encore, attention : ce thème est aussi exclu du DNB 2017 et peu d’élèves de la période transitoire l’étudieront ! A plus long terme, bien que ce sujet passionne enseignants et élèves, on peut penser que cette partie restera sacrifiée car chronophage. Elle fera sans doute l’objet d’une étude superficielle en une ou deux heures avec un support vidéo et/ou un exposé d’élèves. L’enjeu du DNB et la perte d’une demi-heure hebdomadaire en 3ème pèseront sur le chronomètre et ne permettront pas de l’approfondir. Par ailleurs, l’apparition de cette étude au cycle 4 permet de mieux faire coïncider le programme français de sciences-physiques avec celui évalué par PISA. En effet, jusque maintenant, un élève de 15 ans encore en 3ème ne pouvait pas répondre à certaines questions de connaissances posées par PISA (structure de l’univers, signaux sonores et lumineux par exemple). Le SNES-FSU ne cherche pas à ce que les programmes se conforment mieux à ceux de PISA, test qui engendre de regrettables dérives utilitaristes, mais il remarque que les élèves de 15 ans en 2nde, soumis à PISA, qui n’auront pas révisé la structure de l’univers au lycée réussiront moins bien l’évaluation sur ce thème.

II Glissements et apparitions

L’étude des tensions alternatives est reportée de la classe de 3ème à la 2nde, ce qui pour un professeur de collège semble aller de soi. Cette partie du programme était difficile à maîtriser pour les élèves de 3e (ce qui la remplace est malheureusement plus complexe). Il n’est pas inutile d’étudier la tension électrique que l’on mesure aux bornes d’une prise dans nos habitations. Le courant alternatif a remporté la "guerre des courants" dans les années 1880 aux USA sur le courant continu, seul objet d’étude aujourd’hui au collège. Pour le professeur de lycée général qui ne traite pratiquement plus d’électricité, cette apparition fait cependant l’effet d’un cheveu sur la soupe dans le programme. Il faudrait réellement réintroduire une partie électricité plus consistante dans le programme de 2nde plutôt qu’un chapitre isolé.

La mesure de pression en pascal fait son apparition puisqu’elle a disparu du programme de cycle 4 en SP, ceci bien qu’elle soit indirectement apparue en SVT dans la partie "météorologie" ... pour ce qui est de la cohérence horizontale entre les disciplines, il ne faut sans doute pas trop en demander !

Enfin deux apparitions, là aussi sans lien avec l’actuel programme de 2nde :" établir un bilan énergétique pour un système simple, siège d’une transformation chimique ou physique" et "effet d’une force sur la valeur de l’énergie cinétique". Les collègues trouvent ces deux points un peu incongrus et doutent de l’intérêt de compliquer l’approche plus évidente qui consistait à dire qu’une force pouvait avoir un effet sur la vitesse d’un objet.

Conclusion :

Les professeurs de lycée estiment que la balance est déséquilibrée sous le poids d’ajouts dont ils ne voient pas l’utilité. Ils auront encore moins de temps qu’aujourd’hui pour traiter le programme de 2nde.

Quid des élèves en période de transitoire jusqu’à la rentrée 2019 ?

Accessoirement, les collègues se demandent pourquoi la dénomination de leur discipline change si souvent : les "sciences physiques" du collège devenues" sciences physiques et chimiques" au lycée se transformeront avec ce nouveau programme en "physique chimie".

Ils s’interrogent aussi sur la signification des glissements de certaines notion d’une case à l’autre du programme dans le même thème. Cela indiquerait-il un ordre des chapitres à traiter alors que le texte programmatique laisse toute liberté sur ce point à l’enseignant ?

Enfin, à l’usage, ils auraient préféré voir le programme de 2nde entièrement refondu avec la suppression des grands thèmes et de l’obligation qui en découle de tirer des fils rouges trop souvent artificiels pour lier les objets d’étude actuel.

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