US 702 du 4 décembre 2010

Philosophie : un passage en seconde ?

Profitant d’une tribune offerte par l’UNESCO, L. Chatel,
fidèle à son habitude, a voulu faire l’événement en annonçant
l’introduction d’un enseignement de philosophie dès la classe
de Seconde générale et technologique.

On ne peut que se réjouir
que le ministre s’intéresse
à cette question. Cela signifiet-
il, qu’enfin, quelques mois
après qu’il ait imposé une
réforme structurelle des voies
générale et technologique, il
s’intéresserait aux contenus
enseignés ?

On peut en douter quand on
regarde le détail de ses préconisations
 : permettre aux
enseignants de philosophie
d’intervenir dans le cadre de
l’ECJS (comme si cela n’était
pas déjà possible et effectif
dans nombre d’établissements
 !) ou de façon ciblée au
sein des cours d’autres disciplines pour en « éclairer
la portée philosophique ». S’agit-il d’un enseignement,
avec un programme et un horaire spécifiques
 ? Non ! D’une initiation ? Pas plus ! Mais
d’interventions du professeur de philo. Les enseignants
apprécieront cette prose si vague. Cette
mesure se mettrait évidemment en place à
moyens constants.

À nouveau, l’instrumentalisation ministérielle d’une
véritable question a semé le trouble et la confusion, pour mieux cacher la réalité.

Rappelons, par exemple, que
l’enseignement de la philosophie
est absent des séries professionnelles,
malmené dans
les séries technologiques et
dans la série S qui voient les
possibilités de dédoublement
fondre dans l’utilisation des
heures globalisées.

Un tel sujet, au coeur de la
définition de la formation des
lycéens, mérite mieux que
cela. Pour sa part, le SNES
demande la garantie, dans les
grilles horaires nationales, de
dédoublements dans toutes
les séries de Terminale. Il a,
depuis des années, le mandat de l’introduction
d’un enseignement de philosophie en Première
L. Outre qu’elle s’inscrit dans la nécessité de
revaloriser cette série, elle permettrait aussi d’expérimenter
les possibles extensions aux autres
séries d’un enseignement anticipé.

C’est sur ces bases que le SNES interviendra
auprès de l’Inspection générale qui a été chargée
par le ministre d’élaborer un cahier des charges.

Roland Hubert

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