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jusqu’au 21 mai

Pasteur Ephraïm Magnus au CDN de Gennevilliers

Magnus Pasteur Ephraïm est une œuvre de jeunesse. Hans Henny Jahnn l’écrit quand il a vingt deux ans et qu’il est en exil en Norvège. Le texte est publié en 1919 et aussitôt condamné par l’église catholique ce qui ne l’empêche pas d’obtenir en 1920 le prix Kleist, haute distinction littéraire de l’époque. Quelques années plus tard, Brecht et Bronnen montent des extraits du texte sur une scène berlinoise. La pièce fait scandale et la critique dénonce en Jahnn « un auteur dévoyé, perverti, se vautrant dans la fange... »
Mais la pièce a aussi ses fervents défenseurs et Alfred Döblin écrit à son propos : « rien de plus fort, de plus vécu, à part les œuvres de Strindberg, n’avait été formulé sur la scène contemporaine ».

Le texte : Au moment de sa mort, le vieux Magnus indique à ses trois enfants les deux chemins à suivre.
La première des deux voies indiquées consiste à vivre les choses sans retenue. La deuxième à devenir l’égal de Dieu. Jakob, le premier fils tente d’assouvir ses instincts charnels jusque dans le crime. Ephraïm, le second, devient prédicateur et choisit la voie de l’ascèse et de la souffrance. Johanna accompagne Ephraïm dans son choix avant de s’éteindre dans ses bras.
Violente, impulsive mais d’une sincérité absolue l’œuvre de Jahnn, s’insurge contre la religion chrétienne qu’elle accuse d’avoir instauré hypocrisie, mensonge, injustice et du même coup, étouffé les pulsions charnelles.

Hans Henny Jahnn, né en 1894, écrit jusqu’en 1925 uniquement des pièces de théâtre : Le couronnement de Richard III, Le médecin, sa femme, son fils ou Médée en 1926, avant de se consacrer à l’écriture de romans jusqu’en 1951. En 1914, il fuit l’Allemagne en guerre mais dès son retour, il crée avec Friedrich Harms, son ami, Eléonor Philips sa future femme, et un groupe de jeunes idéalistes la communauté « Ugrino » avec le but de réveiller les consciences et de sublimer les mauvaises pulsions de l’homme par la création artistique.
Il quitte une seconde fois l’Allemagne en 1933 à l’approche du nazisme.
Après un exil de treize ans, de retour dans son pays, il devient membre de l’Académie des sciences et de Littérature de Mayence.
Il est un des rares intellectuels à avoir refusé de rompre les liens avec la RDA.
Francis Dubois

Jusqu’au 21 mai - Conception et mise en scène : Christine Letailleur
Centre Dramatique National de Gennevilliers
41 avenue des Grésillons - 93230 Gennevilliers
Location au 01 41 32 26 26

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