Faire tout ou partie du programme

Paroles de profs

Il est fréquent que, pour des raisons multiples tout à fait justifiées, les professeurs , de SVT comme les autres, aient des difficultés à terminer le programme officiel.
Les témoignages ci-dessous ont été recueillis sur la liste de diffusion SVT du SNES à la mi-novembre 2002
Ces témoignages sont anonymés mais n’engagent nullement le SNES.
Ils sont rangés dans l’ordre chronologique.

N’oubliez pas d’aller voir l’article de Christian Orange sur ce sujet .

Professeur 1
Bonjour à tous
Je prépare en ce moment (17 novembre) les Tp de 4 ème sur le volcanisme (le premier
qui me fait remarquer que je suis en retard, je l’assassine... voyez comme les néotitulaires stressés à force de vouloir bien faire sont suceptibles et peu enclins à apprécier la critique)...

Professeur 2
Rassurez-vous ! Il y a deux ans j’ai eu pour la première fois du collège,dont des 4èmes . A la même époque j’étais loin d’en être au volcanisme !!! Le plus important n’est pas forcément de faire le programme, mais que les élèves comprennent et réfléchissent.

Professeur 3
Bonjour cher collègue vous soulevez un problême important :
- faut-il suivre les instructions trés strictement quitte à abandonner sur e chemin les élèves qui ne suivent pas
- faut-il "prendre du large" avec les instructions au profit des élèves ?
Je ne résoudrai pas ce problême aujourd’hui mais je trouve que les instructions sont de plus en plus difficiles à mettre en applications et j’ai bien peur que malgré nous nous contribuiions à creuser l’écart entre les plus chanceux qui sont aidés soit parce qu’ils sont dans des établissements bien fournis soit parce qu’à la maison ils disposent des matériel et aide (je pense en particulier à l’informatique de plus en plus importante dans notre discipline.
Je pense que nous devons tenir l’équilibre entre finir le programme sinon nous pénaliserions nos élèves et travailler pour tous quitte à laisser un peu l’informatique de côté surtout que nous ne devons pas oubblier que nous sommes des naturalistes notre vocation n’est pas de sombrer dans le virtuel.

Professeur 1 à nouveau

Merci à tous de rebondir sur ma petite parenthèse..
Effectivement, j’ai bien du souci d’ores et déjà avec le bouclage de programme.
J’enseigne pour la première fois en collège, ayant effectué mon stage en lycée, et je découvre avec effroi le manque de motivation des classes de quatrième. Comment motiver des élèves quand on les voit une heure et demie par semaine ?? Alors, oui, je m’autorise à quelques digressions qui ne me font pas avancer bien vite, mais qui permet de susciter un intérêt pour la matière et plus largement pour l’apprentissage en général. Le labo du collège se résume à trois placards dans la salle, ce qui fait que j’ai du mal à les rendre attentifs par la manipulation de matériel (j’ai fait des pieds et des mains pour obtenir UN VTT... mais la patte de lapin a très bien marché en 5ème). Mais qu’en dira l’inspecteur ?? Je lui répondrai que je fais mon métier : donner envie aux élèves de venir à l’école. J’aurai raison, non ?

Professeur 4
Tu fais ton métier en donnant envie aux élèves de venir à l’école mais tu dois aussi faire ton métier en ayant le soucis de traiter au mieux le programme : les deux ne sont heureusement pas incompatibles.C’est à la fois l’enseignante qui parle mais aussi la mère de famille. Mon fils a eu 3ans de suite la même enseignante en SVT "qui n’avait pas le soucis de traiter le programme mais de prendre le temps de bien traiter ce qu’elle pouvait".
Résultats des courses : en 6e, la moitié du programme non traitée, en 5e : la partie A fonctionnement et santé n’a jamais été terminée ; en 4e, seule la reproduction a été traitée, les séismes à peine abordés ( quasiment pas de géologie en 2 ans !). Enfin en 3e, il a changé d’enseignant qui a bien traité la génétique et l’immuno...mais s’est arrêté là.
Il est donc rentré en Seconde avec des pans entiers de SVT jamais abordés.J’ai enseigné 5 ans en collège de ZEP de banlieue parisienne et je sais ce qu’il est possible de faire. J’enseigne maintenant en lycée et chaque fois que j’établis les pré requis avec mes élèves (et si ils ont
des docs supports, la majorité d’entre eux retrouvent les notions essentielles de collège : notion de chromosomes, division cellulaire..., tectonique des plaques...), je me dis qu’il y en a peut être quelques uns comme mon fils qui partent de rien... et je trouve cela profondément inégalitaire.
Alors bien sûr, il vaut mieux reprendre une notion difficile au lieu de passer à la suivante pour finir à tout prix le programme. Mais l’acquisition d’une culture scientifique commune permettant à nos élèves de comprendre au mieux le monde dans lequel ils vivent et, pour ceux qui en auront besoin, d’avoir des bases pour la suite de leurs études, est un objectif du
collège et du lycée. Nous sommes payés par l’état pour faire ce travail, il me paraît donc plus que normal qu’un inspecteur puisse reprocher et sanctionner un enseignant de ne pas prendre en compte cette mission de notre enseignement.

Professeur 2 à nouveau
Il me paraît indispensable de préciser qu’il y a souvent inadéquation entre
le programme et la réalité sur le terrain, simplement au niveau horaire. Il
est inutile de rappeler je pense, le nombre de fois où après un an de mise
en pratique, on supprime quelques parties du programme. Par contre on peut
citer le programme de 1°L et ES qui est à traiter dans un cas avec 1h30 et
dans l’autre avec 0,75h ! Enfin, le nouveau programme de TS, sur la
phylogénie et les Homininés en 3 semaines, bonjour les dégats ! Et pour ces
problèmes-là, les inspecteurs devraient être capables de dire avant que l’on
ne fasse les programmes : stop, cela ne va pas.

Professeur 1 encore
Je savais en écrivant ce mail lapidaire hier que je prêtais le flanc à la critique. On ne peut pas exposer un point de vue sur des notions aussi complexes que les programmes ou les rapports avec les inspecteurs en dix lignes...
Il va sans dire, que même avec mon peu recul de débutante, je suis consciente que je travaille pour tous les élèves y compris pour ceux qui veulent réussir une scolarité en lycée. Seulement, travaillant en zone rurale, où le nombre d’élèves qui ne savent pas lire et écrire correctement est effarant, je cherche surtout à travailler avec eux en prenant le temps de développer des activités variées et en rapport avec la vie courante. Par exemple, sur le mouvement et sa commande en 5ème, nous avons passé une heure à commenter des radios que les élèves m’avaient apporté : c’est trop, mais nous avons passé un bon moment, ce qui doit les motiver pour travailler, s’il y prennent du plaisir.

Les techniques de bouclage de programme, je les connais : eh !, je sors de l’IUFM, où j’ai appris des tas de choses, bref, j’ai été formée, quoi ! C’est la mise en pratique qui n’est pas évidente la première année, surtout quand on découvre les ambiances indisciplinées de collège...Evidemment que je fais mon métier du mieux que je peux, avec entrain et plaisir (les collègues se moquent gentillement de moi et appellent ça "la fougue de la jeunesse"), mais pas au "top" pour ce qui est de la gestion du temps...c’est ça que je peux dire à un inspecteur.

Professeur 5
J’aimerai apporter ma contribution dans le débat sur les programmes. J’aimerai vous souligner qu’il ne faut pas vous culpabiliser si vous ne terminez pas vos programmes.
Si vous faites votre travail vous n’avez rien à vous reprocher.
Les gamins savent à qui ils ont affaire et leurs parents également. Si vous êtes tracassés, les élèves sentent la brèche, ils s’y engouffrent et finissent par vous "bordèliser". Et là, plus la peine de finir les programmes. Le premier devoir du professeur est de s’adapter à sa classe pour une meilleure transmission des savoirs grâce à une bonne motivation, au désir et au plaisir d’apprendre, des deux côtés de la paillasse. Ces conditions d’apprentissage prennent du temps et de la patience. J’enseigne en collège et je n’ai pas le temps de boucler mes programmes. A la fin de l’année, en sixième , je n’ai jamais le temps de commencer la partie sur l’élevage et les cultures, en cinquième, j’ aborde la transmission de la vie sans jamais la terminer. J’ arrive à la moitié de la partie C sur la métabolisme du programme en troisième.
J’ai fait un choix je l’assume. Je préfère prendre du plaisir avec mes classes dans la transmission de connaissances plutôt qu’assurer un programme, ’le petit doigt sur la couture d’un pantalon".
Nous ne devons pas avoir peur de notre Hiérarchie ’ Principal ou IPR" et des parents . Il faut avoir bonne conscience, nous sommes une majorité de professeur soucieuse de l’intérêt des élèves.
Les sanctions sont insignifiantes : passer les échelons à l’ancienneté au lieu du grand choix. Il est vrai que la différence représente le prix d’une maison neuve en fin de carrière. Et alors ? Le plaisir de transmettre ses savoirs a-t-il un prix ? Je choisis le désir d’enseigner plutôt que d’être propriétaire.
De plus, un bon inspecteur honnête, non coupé des réalités des conditions de transmission des savoirs, ne peut pas nous sanctionner surtout si nous apportons une bonne argumentation :
a.. les programmes sont élaborés par des groupes de travail constitués par des IPR et des universitaires n’ayant aucune pratique pédagogique sur le terrain qui s’acquière en enseignant à des élèves et non pas derrière un bureau ;
b.. les programmes de collège sont conçus pour deux heures hebdomadaires, alors que nous n’avons qu’une heure et demie hebdomadaire, horaire plancher, surtout depuis les I.D.D..
c.. Les effectifs élèves sont trop chargés et le niveau hétérogène alors que le programme officiel insiste sur "l’accent mis sur les conditions pratiques et expérimentales suppose que les conditions de formation pratique des élèves- constitution de groupes d’effectif limité (moins de 24 élèves et 3 groupes pour 2 divisions , je le souligne)- soient créées partout, selon les recommandations de la circulaire n°97-052 du 27 février 1997 ;
d.. nous n’enseignons jamais 36 semaines avec les voyages, les spectacles, les cross , les stages, les congés de maladie...
e.. nous n’avons pas assez de formations continues pour la mise en application des programmes ;
f.. nous n’avons jamais de remplaçant lors de nos absences ( même pour des absences de plus de 15j : exemple , l’année dernière, j’ai subi une intervention chirurgicale : 10semaines d’absence, 4 semaines de remplacement).
Une collègue de lycée dénonce l’inégalité des élèves. Les élèves qui n’ont pas vu l’intégralité du programme de collège seraient défavorisés. Je veux bien partager ce point de vue. Il serait injuste de rendre responsable les collègues de collège pour ces inégalités qui dépendent du milieu social des parents et de l’accès à la culture. Il existe une inégalité flagrante entre un élève venant d’un collège de banlieue populaire et celui d’ un centre ville bourgeois. Je pense que le collège unique aurait pu réduire ces inégalités si on lui avait donné les moyens de le faire. Alors la "gueguerre" entre les professeurs des écoles et ceux des collèges et entre ces derniers et ceux des lycées, sur la responsabilité de l’échec scolaire me semble puérile surtout venant de professeurs ayant acquis une culture et un esprit critique plus poussés.

Professeur 6
Oula, la notion de respect du programme est à manier avec circonspection et prudence. Tu prends tes responsabilités - et je suis d’accord avec toi - mais il ne faut pas faire croire aux jeunes arrivés que cela peut-être fait en toute impunité, certains IPR étant très tatillons sur
ce sujet... et nous sommes tenus, en fonctionnaires respectueux et responsables, à obéir aux textes !

Professeur 7
Je suis à 100% d’accord avec Prof 5 dans le sens où je ne vois pas l’intérêt de finir le programme dans le simple but de dire :"j’ai fini le programme". Quel bénéfice retirent les élèves d’engranger des connaissances qu’ils ne comprennent pas et n’approfondissent pas ! Il faut aussi savoir que certains d’entre eux n’auront plus de cours de bio de leur vie et il est plus important qu’ils partent avec des connaissances claires sur la sexualité, la santé et l’hygiène qu’ils sachent par exemple tout sur la vision ou l’érosion... Il faut savoir où sont les priorités de l’enseignement scientifique au collège. Je pense que notre enseignement par résolution de problèmes leur apprend à réfléchir et à avoir un esprit critique en sachant se poser des questions et se donner les moyens d’essayer d’y répondre.
Alors pour moi finir les programmes restent ,dans cette optique,...IMPOSSIBLE !

Professeur 8
Je savoure ce débat pédagogique entre ceux qui font tout le programme à tout prix et ceux qui disent n’en faire qu’une partie mais bien la faire.
Je suis maître de stage de jeunes collègues PLC2 ou contractuels qui par définition entrent dans le métier et se posent très souvent la question entre les instructions qu’ils reçoivent à l’IUFM et la réalité du terrain où ils doivent comme chacun de nous essayer d’établir une progression dans un temps toujours trop court.
La réponse que je leur fais et que j’essaye de pratiquer moi-même est d’établir un équilibre entre les tranches de programme et les compétences à former.
Plus simplement si une partie de programme est prévue pour 6 H, je ne dépasserai pas ces 6H mais je vais chercher quelles sont les notions essentielles à démontrer et choisir les activités et compétences que je vais développer (formatif) et évaluer (sommatif) dans le cadre de ces 6H en fonction des moyens que j’ai. Les programmes proposent des exemples d’activités, il ne s’agit pas de toutes les faire et on peut en faire d’autre. La liberté pédagogique de chacun est dans ces choix ; ce qui n’est pas démontré est apporté ( le fait du maître) pour amorcer la problématique suivante. Au bout du compte, on arrive à couvrir toutes ou au moins une très
grande partie du programme en développant les compétences dont il convient aussi d’équilibrer les apprentissages selon les niveaux ou les classes. En conclusion, faire un peu de tout mais bien le faire.
Le débat syndical me paraît se situer à un autre niveau : il s’agit de savoir quels sont les moyens mis à notre disposition pour assurer une pratique pédagogique de qualité et là j’en veux beaucoup à toutes les réformes qui se sont succédées durant ma carrière d’enseignant et qui ont à chaque fois sacrifié les conditions d’exercice de notre métier.
J’ai débuté en 1976 en Collège avec 2h / semaine / classe avec dédoublement systématique au delà du seuil de 24 élèves.
Aujourd’hui, en 2002, c’est 1h30 / semaine / classe avec des effectifs de 24 à 29 élèves dans toutes les classes sans dédoublement hors mis les 6èmes une fois par quinzaine (ce n’est pas le pied !). Bonjour la démocratisation de l’éducation nationale ! Merci Messieurs HABY, JOSPIN et ROCARD (loi de 1989). Parallèlement les moyens matériels n’ont pas suivi : combien d’ordinateurs et de postes d’EXAO sont mis à disposition des profs de SVT en
Collège ? (ne parlons pas de ceux mis à disposition des élèves ...). Et toujours pas d’agent de Laboratoire ! Tout est du démonstratif sans prise en compte réelle par les élèves. Ils ont
soif de concret (la main à la pâte ...) mais il faut une débauche d’énergie et prendre des risques parfois inconsidérés (sécurité de plus en plus draconienne sur les appareils de chauffage, l’électricité 220V, les produits chimiques, l’utilisation du vivant ...) pour tenter de les satisfaire.
Enfin les contenus des programmes peuvent aussi être remis en question avec une part de plus en plus grande à la théorie et à l’abstraction ( voir le stage réalisé au S4 avec le groupe SVT l’an dernier).
Aujourd’hui la France se plaint d’une désaffection de nos élèves vers des orientations scientifiques. Je ne crois pas me tromper en disant que c’est le fruit de ces politiques successives qui ont conduit à cet état de fait.
Voilà mes chers collègues, tout en étant d’accord avec les points a, b ,c,
d, e, f de prof 5, je pense avoir recentré le débat. J’attends vos
réactions.

Professeur 9
Bonjour !
Je suis néo-titulaire en collège (camarade de promo de prof 1 qui a lancé le débat) et je pense qu’il n’y a pas de quoi débattre, tout le monde veut la même chose (du moins ceux qui ont encore la foi...) : la réussite "citoyenne" des élèves. J’entends par là que nous souhaitons que nos élèves aient des bases scientifiques pour comprendre le monde qui les entoure et qu’ils
puissent, indépendamment des SVT, avoir un métier qui leur convient... Ces 2 objectifs peuvent être contradictoires car parfois, leur donner la culture scientifique nécessite d’approfondir certains points et donc d’être dans les choux pour finir le programme...
J’ai été inspecté début octobre et j’ai évoqué ce problème avec l’IPR (Sainte Brigitte, priez pour nous !)... et ses conseils m’ont semblé judicieux : comme le faisait remarquer un collègue, on n’est pas obligé de faire toutes les activités citées dans le programme ! On a le droit de faire un peu de magistral ! Il ne faut pas chercher à tout faire en activités et si on a un peu de retard, certaines notions peuvent se traiter en faisant une petite discussion suivie d’un résumé sans laisser de temps d’autonomie. L’autonomie et l’évaluation formative, qui souvent prennent du temps, sont à pratiquer à chaque séance, pas forcément à chaque paragraphe... du moins, je pense. Certes je suis jeune, c’est ma première "vraie" année mais je crois qu’il est possible de réguler son retard tout au long de l’année...même si je reste persuadé que les programmes sont un peu lourds et qu’il est difficile de les boucler... . Haut les coeurs, ne perdons pas le plaisir d’enseigner, adaptons nous aux élèves et n’hésitons à raccourcir certains points aux profits d’autres qui seront plus utiles à nos élèves (notamment tout ce qui concerne la santé publique à mon avis) mais n’oublions de donner les bases pour nos troisièmes soient prêts pour le lycée.

Professeur 10

Je suis une vieille prof qui enseigne depuis près de 20 ans et je dois avouer que je trouve toujours aussi difficile de boucler un programme surtout quand on a affaire à des enfants pour lesquels la lecture et l’écriture posent problème ; certes ils semblent plus éveillés et assez vifs qu’il y a plusieurs années mais ils ont énormément de mal à faire passer leur intelligence au bout du stylo .Celà demande beaucoup de temps et de persuasion pour obtenir quelques résultats à l’écrit et de la cohérence . Tout cela doit se faire en entretenant la motivation qui bien sûr change au cours des années, ce qui fait qu’il n’y a aucune recette miracle.
Mais je suis sûre qu’en essayant d’investir un peu plus dans une qualité plutôt que dans une quantité superficielle et peu construite on arrive à de meilleurs résultats, en tout cas à un plus grand plaisir d’apprendre... La notion de plaisir doit exister dans notre métier, nous ne sommes pas des machines à faire le programme idéal mais des hommes au service de la transmision
d’une culture scientifique. C’est sûr que lorsque le milieu familial ne permet pas d’intégrer les connaissances de l’école dans des discussions , il y a une responsabilité plus lourde pour l’enseignant à montrer que l’école apporte quelque chose à la vie comme la vie apporte beaucoup aux SVT ! Il ne faut pas sombrer dans un débat moi je termine et moi je me libère mais tenir compte du contexte de la culture de chaque classe pour tenter de l’amener un peu plus loin et lui ouvrir des horizons vers d’agréables perspectives scientifiques. Je crois que c’est ainsi que nous arriverons davantage à amener des jeunes vers les sciences, par un certain humanisme en fait...

Professeur 11
En tant qu’enseignant nous voulons intéresser nos élèves aux S.V.T., qu’ils comprennent.
En tant que fonctionnaire nous sommes tenus de faire ce que l’administration nous demande soit entre autre finir le programme.
J’ai utilisé une solution intermédiaire l’année dernière pour satisfaire au mieux les deux aspects.
J’ai fait mon programme comme vous tous : beaucoup trop lentement.
Pour palier à ce problème, j’ai fait des sorties sur un thème en considérant que la sortie m’avait permis d’aborder le programme. Bien sur les éléments du programme sont survolés, mais outre le bénéfice d’une sortie, au moins les élèves auront entendus une fois les termes.
Cela reste une solution intermédiaire mais j’ai l’impression ainsi de rendre compatible "intérêt et compréhension des élèves" avec "finir le programme".

Ce débat a donné lieu à un stage en janvier 2003. Christian Orange, didacticien des sciences à l’IUFM de Nantes nous a apporté son concours dans la réfexion : voyez sa contribution dans « paroles de Chercheurs ».

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