Archives 2006

PIRE QUE PIRE ! ILS VEULENT LA PEAU DES CIO

Selon sa déplorable habitude, en plein milieu des vacances de Noël, le MEN a fait connaître sa volonté de ponctionner sévèrement les moyens du second degré : Baisse de 30% en moyenne de tous les concours pouvant aller jusqu’à 50% et pénalisant gravement les collègues contractuels.

S’agissant des co-psy, le Ministère organiserait la mise en extinction du corps, il ne s’y prendrait pas autrement !
Il prévoit en effet de faire tomber les recrutements pour 2006 à 55 postes (50 postes pour l’externe et 5 postes pour l’interne !), ce qui correspond à une baisse de 50% par rapport à 2005 et de 70% par rapport à 2004.

Cette chute des recrutements n’est justifiée par aucun argument sérieux.

Celui de la baisse démographique n’est pas recevable quand on sait qu’un CO-PSY a actuellement en charge 1500 élèves de collège, lycée et lycée professionnel répartis dans trois établissements en moyenne. Pour l’enseignement supérieur il y a actuellement un CO-PSY pour 18000 étudiants. La situation pourrait donc, sans gabegie, être quelque peu améliorée !

Mais ce que prévoit le MEN c’est la paralysie rapide du service public. En effet, à partir de 2008 on chiffrera à près de 350 le nombre des départs en retraite par an. Sachant que la formation des CO-PSY dure deux ans, on comptera donc en 2008, 300 postes vacants, auxquels il faudra ajouter les 143 Postes disparus mystérieusement dans les méandres des rectorats (différence entre les postes annoncés par le MEN et les postes effectivement implantés sur le terrain).

Avec un tel recrutement on ne remplacera qu’un départ en retraite sur 5 !

Si ces coupes sombres persistent en 5 ans le corps perdrait 30% de ses effectifs et 60% en dix ans. Le nombre d’élèves à suivre, aider, conseiller passerait rapidement à 2000 en moyenne par CO-PSY.

Le mouvement de fermetures de postes sur le terrain amorcé depuis la première fois dans l’histoire de la profession en 2005 ne pourrait que s’accentuer de même que la réduction du nombre de CIO.

A qui profitera cette hémorragie ? Au privé bien sûr, qui depuis la rentrée se fait de plus en plus pressant sous forme de « coaching » pour la scolarité ou l’orientation , profitant de l’inquiétude des familles pour vendre fort cher, ce que le service public, gratuit et doté de personnels qualifiés, peine de plus en plus à assurer .
On sait que certains, au sein de la Majorité, piaffent d’impatience pour « libéraliser » le service public d’orientation. Monsieur le ministre des collectivités territoriales n’a t il pas inauguré le 14 décembre un « CIO » privé chargé d’informer sur les carrières du public !
D’autres ne rêvent que du modèle Anglais, fonctionnant sous forme de GIP et chargé essentiellement du placement à court terme des sortants du système scolaire.

Les CO-PSY considèrent qu’ils ont un rôle à jouer dans l’élévation du niveau d’aspiration des élèves, leur réussite scolaire et l’aide à l’élaboration de leurs projets .
Le service d’orientation qui se dessine est conforme à l’Ecole à deux vitesses instituée par la loi Fillon. Pour ceux qui en ont les moyens : « cabinets-conseils » et « coachs » ; Pour les autres orientation dès 14 ans vers l’Entreprise, en fonction des débouchés locaux et prise en charge des fonctions, assurées aujourd’hui par les co-psy, par les enseignants.

Il faut arrêter ça !

Devant une attaque d’une telle ampleur la profession doit se rassembler et se mobiliser. Plus que jamais il faut relancer les élus et les parents pour qu’ils interviennent.
Les résultats des élections professionnelles du 6 décembre dernier ont confirmé que les Co-psy soutenaient majoritairement les positions du Snes pour défendre le métier et l’existence des CIO.

Le SNES a déjà proposé une AG ouverte à toute la profession le 28 Janvier à Paris pour débattre et organiser la riposte. Il participera aux actions avec l’ensemble des autres catégories de personnels qui devraient se décider rapidement. Mais il nous faut envisager des actions spécifiques.
Dores et déjà adressons au MEN tous nos vœux revendicatifs pour un collectif budgétaire avec rétablissement des 250 postes au concours et arrêt des suppressions de postes sur le terrain et des fermetures de CIO.

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