Archives 2007

Octobre 2007 Info Rapide n° 1 :Stopper l’avalanche !

Depuis la rentrée, les annonces de mesures, toutes plus iniques les unes que les autres, pleuvent : bouclier fiscal, suppression de 23000 postes de fonctionnaires dont 11200 dans l’Education Nationale , franchise médicale , mise en cause des retraites , réforme du statut des fonctionnaires…L’entrée est toujours la même : chercher à opposer les différentes catégories de la population : Régimes spéciaux contre régime général pour les retraites, salariés du privé contre salarié du public, Enseignants contre Parents, classes moyennes contre classes populaires, malades contre bien-portants etc…

Dans l’Education Nationale, moins de 3 ans après le vote de la loi Fillon, on envisage déjà de tout refaire. Une réforme de l’Ecole primaire devrait être annoncée dans les prochains jours, le collège unique mis en accusation et le lycée prétendument « budgétivore » verront leur sort réglé en 2008. Il s’agit ni plus ni moins de trancher dans le vif des horaires et des programmes pour pouvoir absorber le choc des suppressions massives de postes. Les personnels non enseignants ne seront pas épargnés.

S’agissant de l’orientation, 2 nouveaux rapports sont en préparation. L’un qui constitue le volet social du projet de loi de finances , réalisé par F. Reiss, président de la commission des affaires culturelles de l’assemblée ; L’autre qui correspond à une nouvelle commande adressée au nouveau « Haut conseil pour l’Ecole ».

Les questionnements sont toujours les mêmes, (ce qui est un peu désobligeant pour les rapporteurs des quelques dizaines d’avis, d’audits, de consultations et de rapports précédents !). Le Ministre l’a annoncé, c’est en Janvier que le chantier de l’orientation sera ouvert en même temps que la réforme du second degré. La décentralisation des CIO est de nouveau à l’ordre du jour ainsi que la redéfinition de notre métier, voire de notre statut (Le rapport Lunel prévoyait de couper le corps en deux, la mission sénatoriale sur la formation professionnelle prévoit la création d’une nouvelle sorte de conseiller : « les conseillers d’orientation professionnelle et psychologues (cop 2) » )

Il faut réagir face à ces attaques tous azimuts qui sont contraire à l’intérêt des jeunes, à la démocratisation de l’accès aux études, dans un contexte où le gouvernement s’apprête à organiser la privatisation des services publics jugés « non rentables ».

Le 18 Octobre la FSU appelle les personnels à s’engager dans l’action par des grèves, manifestations et rassemblements notamment pour l’ouverture immédiate de négociations salariales, pour préserver et améliorer la réponse aux besoins des usagers du service public ainsi que le statut de la fonction publique . Il faut prendre toute notre place dans ces actions aux côtés des enseignants et des autres salariés de la Sncf, de la Ratp, d’Edf et Gdf .

Nous vous invitons à signer la lettre ouverte au Président de la République « améliorer la réussite scolaire de tous les jeunes, il n’y a rien de plus urgent » élaboré par l’ensemble des fédérations de l’éducation nationale, les parents d’élèves et les lycéens. Cette lettre est accessible sur http://www.lettreouverteaupresident.org/

Il nous faut également alerter les élus avant la discussion parlementaire sur le budget (un modèle de lettre a été envoyé à l’ensemble des CIO. Que chaque équipe se l’approprie, s’en inspire, et le modifie à loisir !) et préparer dans l’unité une forte mobilisation pour l’action de mi-novembre avec l’ensemble des fédérations de fonctionnaires.

Il faut imposer d’autres choix pour la société, pour l’Ecole !

Un nouveau rapport sur l’orientation ?

La FSU a été reçue mercredi 26 septembre par le Président de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée. Celui-ci doit en effet produite un avis, conjointement avec le Président de la Commission des Finances, sur « le rôle, la place et la formation » des conseillers d’orientation-psychologues. Il a donc entrepris une série de consultations avec le MEN (Degesco), le délégué interministériel, les organisations professionnelles, syndicales, les associations de parents, les représentants des lycéens, des régions et des chambres professionnelles. Il a également déjà rendu visite aux CIO de Versailles et de Strasbourg.

Notre interlocuteur s’est placé dans une position d’écoute mais est malgré tout revenu sur les critiques récurrentes vis-à-vis de la profession : « Mauvaise image auprès de l’opinion, corps qui fonctionnerait sans hiérarchie » et sur les nouvelles mesures de transfert d’une partie de nos tâches sur les enseignants notamment les entretiens d’orientation.

Nous sommes bien évidemment revenus sur les illusions du « tout information », du mythe de l’adéquation formation-emploi et des liens entre élaboration du projet et construction identitaire.

M. Reis s’est dit préoccupé de la difficulté à promouvoir l’orientation vers les filières professionnelles et technologiques, mettant en cause la pertinence de la voie générale pour tous les élèves.

Nous avons insisté sur la réduction des passerelles, les suppressions de première d’adaptation ainsi que la nécessité de travailler le rapport aux savoirs et à l’avenir pour les jeunes de milieu populaire ; ce que les CO-Psy du fait de leur place et de leur formation sont les plus aptes à faire.

Lors de leurs visites dans les CIO, les membres de la commission ont semble t-il montré beaucoup d’intérêts pour l’activité des CO-Psy et du CIO. Mais on ne peut s’empêcher de penser que ce énième rapport risque fort de se couler dans les traces de ses nombreux prédécesseurs : transfert des CIO aux régions, transformation du métier en conseiller d’orientation professionnelle, instauration de guichets uniques avec ANPE, mission locale, service d’information jeunesse.

En outre, les 3000 suppressions d’emplois de stagiaires au prochain budget laisse entière l’interrogation sur le volume du recrutement de l’année prochaine.

En juin 2008, nous évaluons à trois cents le nombre de départs en retraite, augmenté des départs du corps pour promotion (accès au grade de directeur ou concours IIO ou chefs d’établissement). On peut donc tabler sur 330 départs prévisibles pour 55 collègues entant dans les académies soit un remplacement sur 6 !

Il faut bien comprendre que dans le cadre des suppressions de postes de fonctionnaires, les 5 postes non pourvus sur 6 seraient supprimés. Les conséquences seraient effectivement dramatiques sur l’existence des CIO (reconfigurations à prévoir) ainsi que sur les mutations. La défense du métier va donc bien de pair avec la défense de l’emploi public.

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