Débat

Nouvel enseignement : l’exemple de l’ECJS

Quel Bilan ?

L’évaluation par l’institution est insuffisante et biaisée, car essentiellement quantitative et s’appuyant sur des expériences réussies ou visibles, sans que soit analysé sur ce qui se passe au quotidien dans la classe. Les bilans s’embellissent lorsqu’ils ils remontent la hiérarchie.

L’enquête que nous avons pu mener en seconde et première révèle :

- en seconde une certaine appétence des élèves sur laquelle il faut s’interroger. Beaucoup d’enseignants témoignent du fait que les élèves participent activement aux débats proposés. Cet intérêt découle du fait que les thèmes sont en rapport avec leurs préoccupations et surtout peuvent prendre en compte leur expérience, pour aboutir à l’élaboration d’un vrai savoir (citons le questionnement sur l’autorité parentale par exemple). Cela aboutit-il pour autant à un vrai savoir ? La relation pédagogique semble être modifiée.

- en première, bien que la progression proposée soit cohérente avec les programmes de seconde en amont et de terminal en aval, les élèves se sentent souvent moins concernés. Il faut certainement y voir une conséquence du rejet massif du politique par les jeunes.

- en terminale, les programmes, tels qu’ils sont actuellement proposés, vont dans le bon sens par l’intégration de savoirs nombreux et reliés aux programmes des disciplines. Mais ces savoirs supports de l’ECJS doivent être mis en confrontation et non pas transmis de manière assertive et dogmatique.

Quelques principes et remarques en l’état actuel de la pratique de l’ECJS :

- les savoirs « mobilisés » en ECJS doivent être liés aux disciplines. Cet enseignement ne peut dispenser d’un réel travail sur des questions d’actualité qui méritent d’être réellement traités dans les programmes.

- nous déplorons que les horaires de certaines disciplines aient été amputés pour permettre la création de l’ECJS.

- la démarche de recherche documentaire, de réflexion structurée, de travail sur l’argumentation orale ne peut se satisfaire d’une demie heure semaine ou de deux heures mensuelle. Nécessaire, voire indispensable, elle suppose une formation efficace des enseignants tant sur les contenus que sur la confrontation des pratiques. Elle doit être mieux intégrée aux différents enseignements.

- les enseignants concernés doivent être volontaires , l’ECJS ne doit pas être une simple variable d’ajustement des services.

- l’ECJS doit être clairement distinguée de l’heure de vie de classe. Certains chefs d’établissements oublient qu’il existe un programme et souhaiteraient que cette heure soit le lieu de pacification sociale au moment de conflits.

Que proposons nous ? L’éducation à la citoyenneté ne peut être reléguée dans un enseignement marginal défini par des contenus souvent intéressants mais qui, détachés des contenus disciplinaires ne peuvent être réellement appropriés par les élèves. Il faudrait partir des programmes en cours de construction, intégrer des questions d’actualité qui peuvent faire sens pour les élèves. Les méthodes proposées actuellement nous semblent pertinentes à condition qu’il ne s’agisse pas d’une pédagogie officielle.

Dominique Comelli , Georges Ortusi