Brevet

Nouveau brevet pour 2010 : le ministère choisit l’affrontement

Projet Brevet 3 juin

La Dgesco vient de nous renvoyer une nouvelle maquette du DNB différente de celle du 28 mai qui montre que le ministère fait le choix de dénaturer le brevet pour transformer le collège en profondeur.

Premier désaccord : la place accordée aux disciplines. Nous avions fermement annoncé que la prise en compte des seuls points au-dessus de 10 dans le contrôle continu pour l’ensemble des disciplines obligatoires remettait en cause la notion de culture commune et constituait pour la profession un casus belli. Cette architecture induirait des stratégies d’élèves qui feraient des choix pouvant être pénalisants à terme.

C’est une nouvelle hiérarchie des disciplines qui se profile, selon qu’elles sont évaluées plusieurs fois, réduites à l’obtention d’un bonus, présentes à une évaluation terminale par tirage au sort, ou qu’elles comptent intégralement : EPS (coeff 2) et note de vie scolaire (coef 1). Ce choix va dans le sens des demandes du Se et du Sgen comme 1ère étape vers l’abandon de toute note chiffrée (responsable selon eux de l’échec de 15 à 20% des élèves) et vers un brevet ne validant à terme que l’acquisition du socle.

C’est là notre deuxième point de désaccord : la maquette rend obligatoire dès la session 2010 la validation des 7 piliers du socle alors que les livrets de compétences expérimentés ont mis en évidence les problèmes posés sur le fond et sur la forme par l’évaluation par compétences et que l’évaluation du niveau A2 et du B2i a donné lieu à une véritable mascarade. Conscient de ces difficultés, le ministère prévoit de renvoyer au jury la validation possible des piliers dont la maîtrise n’aurait pas été attestée par les enseignants de l’élève, d’où l’idée de créer une épreuve écrite supplémentaire de SVT, sciences physiques ou technologie (avec tirage au sort) et de revoir les modalités et le contenu des épreuves pour mieux les adosser au socle.

Notre 3ème désaccord porte sur la conception de certaines épreuves : rien ne garantit que les QRC (questions à réponses courtes) seront cohérentes avec les finalités des disciplines concernées ; elles risquent en revanche d’induire un apprentissage sans grand intérêt basé sur une simple mémorisation (voir encadré pour les épreuves orales).

Reste le calendrier. Il n’y a aucune raison de travailler dans l’urgence et d’examiner au CSE du 1er juillet un texte qui ne prévoirait pas d’entrée en vigueur à la session prochaine. Mais le ministère veut inscrire tout de suite dans le marbre une transformation du collège et de ses missions à partir d’une redéfinition des disciplines et de leur évaluation.

DEUX EPREUVES ORALES QUI POSENT PROBLEME : LV et Histoire des arts

Inacceptables, ces épreuves posent problème à la fois sur le fond et sur la forme : les contenus n’ont que peu de liens avec les pratiques de classe, occultent des dimensions importantes au cœur des disciplines, et traduisent des dérives inquiétantes dans la conception de l’évaluation.

Ces oraux auraient lieu pendant les heures de cours, et cette évaluation pourrait constituer un « moment d’enseignement » lors d’une séquence pédagogique… Que de confusions !

Langues vivantes :
- l’épreuve se passerait sous la forme d’un entretien. De quoi s’agit-il ? Qu’appelle-t-on « un document support produit par l’élève » ? S’agit-il réellement d’une évaluation de langue vivante ?
- le ministère persiste à dire que l’oral de LV « peut notamment s’appuyer sur le PDMF ».

Pour le SNES il ne peut être question d’évaluer l’élève (sa personne) à travers son parcours de découverte des métiers et des formations qui ne peut servir de support à aucune évaluation.

Histoire des arts : dénaturation
- le contenu de l’épreuve tourne le dos à la réalité des contenus d’enseignement des disciplines artistiques et ignore les programmes en vigueur à la rentrée 2009 ! L’histoire des arts ne peut avoir de sens pour les élèves que si elle est articulée à des pratiques artistiques. Les programmes d’histoire en vigueur en 3ème jusqu’en 2012 ne permettent pas d’envisager une évaluation de ce type.
- comment imaginer que les élèves « présentent un bilan d’un travail interdisciplinaire … à partir d’un support personnel ou réalisé en équipe » sans horaire formalisé dans leur emploi du temps ? L’interdisciplinarité demande du temps et ne doit pas se mener au détriment des programmes scolaires et des pratiques artistiques.

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