Brevet

Nouveau brevet (mai 2009) : copie à revoir

DNB Dgesco 20 mai 2009

Annoncée depuis 2005, la rénovation du Brevet se fait par étapes successives qui préparent toutes la future architecture du diplôme qui devrait, selon le ministère, entrer en vigueur dès la session 2010. La question devant passer au CSE du 1er juillet, nous avons exigé que la DGESCO dévoile rapidement son projet. Le document de travail qui nous a enfin été remis est pour le moins inquiétant.

Depuis 2005, le ministère décline progressivement l’article 32 de la loi Fillon qui stipule notamment que le brevet doit attester la maîtrise du socle commun, intégrer les résultats en EPS et prendre en compte « les autres enseignements suivis par les élèves selon leurs capacités et leurs intérêts ».

L’obsession à faire du socle commun le pivot de toute réflexion sur le futur brevet et l’interprétation du Ministère de l’art. 32 a irrigué tous ses projets depuis cette date. Après avoir imposé en 2008, à marche forcée, la validation des piliers 2 et 4 (niveau A2 et B2i) qui pose pourtant de sérieux problèmes, il veut aujourd’hui mettre un point final en exigeant la validation des sept piliers dès la session 2010 à travers un livret de compétences qui n’est toujours pas défini à ce jour.

La reconnaissance de la maîtrise de l’ensemble du socle se ferait au moyen d’une fiche d’attestation validée par le chef d’établissement, éventuellement remplie en conseil de classe. La maîtrise du socle constitue une condition sine qua non de l’obtention du brevet, mais le jury pourrait « repêcher » les élèves au vu des différents éléments dont il dispose, en particulier les résultats aux épreuves terminales.

Les épreuves terminales liées aux exigences de ce socle et la transformation de leur nature conduiraient à des épreuves qui n’évalueraient plus les mêmes choses : des questions à réponses courtes (QRC) en HGEC au lieu de paragraphes argumentés ; l’introduction d’une nouvelle épreuve de sciences au statut encore flou (SVT et/ou physique chimie et/ou technologie) sous la forme de QRC ; 2 épreuves orales en interne, l’une en Histoire des Arts (imposée par le conseil des ministres sur injonction présidentielle) avec évaluation d’un projet interdisciplinaire et l’autre en LV. Si le Snes revendique depuis longtemps une épreuve terminale en LV, il récuse une épreuve dont le support serait le parcours de découverte des métiers et des formations (PDMF) sur la base d’un dossier réalisé par l’élève en amont rendant compte des « éléments de son parcours personnel » !

Quant au contrôle continu, le Ministère envisageait, dans un premier temps, de ne prendre en compte que les points au-dessus de 10 dans toutes les disciplines. Suite à nos vives protestations face à ce qui aurait été un véritable casus belli, le document semble revenir à la situation actuelle en affichant toutes les disciplines obligatoires avec un coefficient 1 (sauf EPS coef. 2). Une incertitude demeure cependant du fait de la référence aux options facultatives dans le même cadre et de la présentation à part de la note de vie scolaire. En tout état de cause, le Snes n’acceptera pas que seuls les points au-dessus de la moyenne dans les disciplines obligatoires soient pris en compte.

Ce projet est totalement inacceptable en l’état. Si le contrôle continu devait se résumer aux seuls points au-dessus de 10, il induirait une hiérarchie des disciplines contraire à la culture commune que nous portons et conduirait les élèves à « choisir leurs matières » ; il passe outre les problèmes de validation du socle commun déjà mis en lumière par les différents livrets de compétences expérimentés ; la nature des épreuves écrites adossées au socle fait également craindre une évaluation au rabais ; le risque est réel d’un appauvrissement des pratiques artistiques en éducation musicale et arts plastiques, au profit de la préparation de l’épreuve d’Histoire des Arts ; toute évaluation de l’élève à travers son PDMF serait une aberration, et son habillage sous la forme d’une épreuve orale de LV la rend encore moins pertinente ; nous exigeons une vraie épreuve de langue vivante, qui porte sur l’ensemble du programme de 3ème et non sur le seul niveau A2.

La DGESCO a programmé une réunion de travail avec les organisations syndicales le 28 mai : le SNES y portera avec force ses analyses et ses propositions. Documents de travail, compte-rendus et analyses du SNES sont consultables sur le site.

Monique Daune et Véronique Henryon

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