Brevet

Nouveau brevet : audience DGESCO du 28 mai 2009

Après l’audience en bilatérale du 29 avril, cette 2ème rencontre avec la DGESCO sur l’architecture du DNB était multilatérale, mais dans une configuration restreinte dans la mesure où seuls le SNES, le Se-Unsa et le Sgen-Cfdt avaient été invités. Informé par nos soins, le SNEP a toutefois réussi à imposer sa présence.

Ont participé à la rencontre pour le SNES : Roland Hubert, Monique Daune et Sandrine Charrier

L’audience, qui a duré près de deux heures, a clairement mis en évidence les fortes divergences entre le Se et le Sgen d’une part, et le SNES et le SNEP d’autre part ; si nous nous attendions à l’expression de ces divergences, nous avons été surpris et choqués par le ton agressif du Se et le violent réquisitoire qu’il a prononcé contre nous devant l’administration (nous accusant clairement de nous accrocher obstinément à un système d’évaluation par note chiffrée qui pénaliserait, par nature, les élèves en difficulté et donc de vouloir maintenir un système qui réussit à convaincre que 15% à 20 % des élèves n’auraient pas leur place dans un collège pour tous…et prévenant gentiment le ministère que de toute façon, au bout du compte le SNES voterait contre toute modification !).
Le Sgen s’est exprimé de manière plus « soft » mais il était sur la même longueur d’onde et il a défendu les mêmes positions.

C’est évidemment le rapport au socle commun et aux disciplines, et une conception différente de la fonction et des missions du collège, qui constituent la ligne de partage entre l’axe Se/Sgen et celui de la FSU.

Vous trouverez dans le tableau ci-dessous un résumé du positionnement respectif des uns et des autres sur le document de travail qui nous avait été soumis.

Conception du DNB
Se et Sgen - Un diplôme qui ne valide que l’acquisition du socle commun (« il faut respecter la loi ») ;
- Rejet de toute évaluation chiffrée responsable de l’échec de 15 à 20% des élèves ;
- Volonté de changer de paradigme en n’évaluant que des compétences ;
- Le DNB n’a jamais été notre « tasse de thé » (Sgen)
- Permet à tous les élèves de prendre conscience de leurs acquis au lieu de se situer par rapport à une norme qui pénalise les élèves en difficulté ;
Snes et Snep - Un examen qui doit être maintenu car il donne du sens aux apprentissages et constitue un rite de passage ;
- Ne doit pas être un diplôme de fin de scolarité obligatoire ni un examen de passage au lycée ;
- Un ensemble avec contrôle continu et épreuves terminales ;
- Evaluer la culture commune à travers une prise en compte de toutes les disciplines obligatoires
- Rééquilibrer les disciplines pour réduire la hiérarchie actuelle ;
- Opposés à la conception même du socle ;
- L’expérimentation des 3 différents livrets de compétences a mis en évidence les problèmes que posaient ce socle et son évaluation ;
- Déjà une mascarade et de fortes disparités entre les établissements pour le niveau A2 et le B2i ;
- Impossible d’y voir clair à la rentrée 09 en l’absence de livret de compétences clairement défini ;
- Pas sérieux d’envisager une validation pendant le conseil de classe ;
- Le renvoi au jury pour sa validation serait un moindre mal, à condition que les épreuves terminales ne soient pas adossées au seul socle
Socle commun
Se et Sgen Permet à tous les élèves de prendre conscience de leurs acquis au lieu de se situer par rapport à une norme qui pénalise les élèves en difficulté ;
Snes et Snep - Opposés à la conception même du socle ;
- L’expérimentation des 3 différents livrets de compétences a mis en évidence les problèmes que posaient ce socle et son évaluation ;
- Déjà une mascarade et de fortes disparités entre les établissements pour le niveau A2 et le B2i ;
- Impossible d’y voir clair à la rentrée 09 en l’absence de livret de compétences clairement défini ;
- Pas sérieux d’envisager une validation pendant le conseil de classe ;
- Le renvoi au jury pour sa validation serait un moindre mal, à condition que les épreuves terminales ne soient pas adossées au seul socle
Principe d’évaluation chiffrée
Se et Sgen - Il « détruit » les élèves
- Un handicap pour les élèves en difficulté ;
- Il doit être abandonné et tout ce qui donne un signe dans ce sens doit être retenu.
Snes et Snep - Pose un certain nombre de problèmes ;
- Nécessité de réfléchir sur l’évaluation des élèves mais la meilleure aide à apporter aux élèves n’est pas de cacher les difficultés ni de casser le thermomètre ;
Contrôle continu (CC)
Se et Sgen - (Se-Unsa) Les notes chiffrées du contrôle continu ne sont pas fiables car certains enseignants prennent parfois en compte le comportement des élèves et les notent sévèrement pour les « saquer » (sic !) ;
- Rejet total de toute prise en compte des notes chiffrées obtenues pendant l’année ;
- Pour la prise en compte des seuls points au-dessus de 10 (1ère inflexion vers l’évaluation des seules compétences ; signe fort que l’évaluation chiffrée ne serait plus l’essentiel ; une manière de valoriser les élèves en fonction de leurs goûts…)
- Contre le coefficient 2 en EPS
- Rejet de la NVS (note de vie scolaire)
Snes et Snep - Opposés à un contrôle continu qui ne donnerait que des « bonus » ;
- Doit prendre en compte toutes les disciplines obligatoires (note intégrale) y compris la technologie (oubliée dans le document de travail)
- La suppression du contrôle continu serait un « casus belli » pour la profession
- Points au-dessus de 10 uniquement pour les options facultatives (légitime de valoriser un investissement supplémentaire)
- Rejet de la NVS
- SNEP pas demandeur, mais favorable au coefficient 2 pour l’EPS (discipline marginalisée dans le socle et absente de toute épreuve terminale)
Epreuves terminales
Se et Sgen - Pour leur suppression au profit de la validation du seul socle ;
- Ne maintenir que le français et les maths serait déjà un signe fort
- Les épreuves doivent fournir « quelques » éléments au jury pour pouvoir revenir sur une éventuelle non validation du socle
Snes et Snep - Pour le maintien des 3 épreuves actuelles (français, maths et HGéo) et l’introduction d’une épreuve en LV ;
- Les épreuves ne doivent pas être adossées au socle et doivent porter sur ce qui a été travaillé en 3ème ;
- Nécessité d’y voir clair sur la nature des épreuves et ce qu’elles visent à évaluer ;
- Impossible de maintenir l’affichage de 2 pôles (Humanités et Sciences-techno), comme le fait le 1er document de travail ;
Détail des épreuves terminalesEpreuves de SVT, Physique chimie et technologie
Se et Sgen - Pas demandeurs ;
- S’il doit y avoir une épreuve, elle doit être laissée au choix de l’élève (pour valoriser ses goûts et ses compétences spécifiques dans une des 3 disciplines)
Snes et Snep - Nous n’étions pas demandeurs a priori, mais pourquoi pas, à condition que chacune des 3 disciplines ait le même coefficient ;
- Plutôt favorables à un tirage au sort entre les 3 disciplines afin de ne pas alourdir le nombre et le volume des épreuves terminales
Détail des épreuves terminalesPDMF (parcours de découverte des métiers et des formations)
Se et Sgen - favorables au PDMF et demandeurs d’une épreuve permettant aux élèves de rendre compte de leur parcours personnel ;
- Le Sgen demande le retour au 1er projet qui affichait une épreuve PDMF + LV (« intérêt d’introduire une épreuve qui permet de vérifier la capacité à communiquer ») ;
- Le Se est favorable à un travail de l’élève sur son PDMF mais pas en LV ; interroger l’élève sur un document élaboré en amont favoriserait le « bachotage » mais ne vérifierait pas ses compétences langagières en LV ;
- Impossible à évaluer en 2010 avec un parcours qui commence seulement à se mettre en place en 5ème à la rentrée 2009
Snes et Snep - Un travail sur l’orientation et sur la découverte des métiers est nécessaire mais il n’est pas question d’évaluer un élève (sa personne) à travers son parcours de découverte car il ne faut pas sous-estimer les biais sociaux, les processus psychologiques à l’œuvre dans l’élaboration d’un parcours personnel d’orientation ; Imaginer une épreuve d’examen à partir de ce travail est donc un non-sens.
- Le parcours de l’élève ne saurait constituer l’élément déclencheur d’une épreuve de LV car on mélangerait les genres ; il serait déjà assez difficile de demander à l’élève de présenter son parcours en français, l’exiger en LV n’aurait aucun sens !
Détail des épreuves terminalesLangue vivante
Se et Sgen Pour le Se, il n’y a aucune raison d’introduire une épreuve de LV spécifique (il y a déjà le niveau A2 dans le socle)
Snes et Snep - Le congrès du SNES s’est prononcé pour une épreuve écrite, mais une épreuve orale serait une avancée ;
- L’épreuve doit porter sur le programme de LV de 3ème et le support déclencheur doit être un document écrit, visuel ou sonore de langue ;
- La passation d’une telle épreuve prend du temps ; la prévoir alors en fin d’année entre le conseil de classe et les épreuves écrites pour ne pas désorganiser le collège en cours d’année ;
Détail des épreuves terminalesHistoire des Arts
Se et Sgen Ni le Se, ni le Sgen ne se sont exprimés.
Snes et Snep - Le SNES s’est opposé à la mise en place de cet enseignement.
- Il n’était pas demandeur d’une épreuve terminale (l’HdA sera déjà évaluée dans le cadre des disciplines qui y contribuent).
- Mais l’épreuve interdisciplinaire envisagée est plus intelligente qu’un repérage d’œuvres artistiques sur une frise chronologique (comme cela avait été évoqué dans un premier temps) ;
- D’accord avec l’idée de réfléchir à un travail interdisciplinaire.
- Il doit avoir le même coefficient (2) que toutes les autres épreuves ;
- Impensable d’introduire une telle épreuve en 2010 (notamment car les profs d’arts plastiques et d’éducation musicale ont déjà à mettre en œuvre de nouveaux programmes simultanément sur les 4 niveaux de classe).
- Cet enseignement ne doit par ailleurs pas faire l’objet d’une nouvelle rubrique sur le bulletin trimestriel ;
Calendrier
Se et Sgen - Pas d’application avant 2012 (pour le Se) ;
- Impensable en 2010 (pour le Sgen)
Snes et Snep - Pas d’application précipitée : beaucoup de nouveaux programmes au collège qui demandent du temps pour leur appropriation, trop de flou autour des livrets de compétences, de la nature des épreuves (QRC etc…) ; Pas de mise en œuvre possible en 2010.

Conclusions de l’administration

Le ministère ne souhaite manifestement pas aller à l’affrontement sur la question du collège (la DGESCO lit attentivement l’US). A en croire J.L. Nembrini et Patrick Allal, le ministère serait prêt à tenir bon sur le calendrier d’élaboration de la nouvelle architecture (CSE maintenu le 1er juillet) mais en permettant une entrée en vigueur progressive.

L’année 2009-2010 serait une année blanche, sans changement par rapport à cette année.
Cela laisserait le temps aux IG de réfléchir à des épreuves qui portent sur le programme de 3ème tout en permettant au jury de revenir sur la non validation du socle.

Le livret de compétences devrait être plus simple (assez sommaire pour l’élève et assez facile à renseigner pendant le conseil de classe pour ne pas surcharger ce dernier) mais il ne sera pas généralisé à la rentrée prochaine : un livret optionnel pourrait être mis à disposition des établissements qui souhaiteraient l’utiliser.

Des établissements pourraient tester tout ou partie des nouveautés introduites par l’arrêté de juillet, mais sans prise en compte pour l’obtention du diplôme.

Les épreuves terminales écrites ne seraient pas affichées sous la forme de 2 pôles.

La DGESCO a noté le désaccord entre nous sur le statut des épreuves de SVT, Ph.Chimie et technologie (tirage au sort ou au choix des élèves). La question n’est donc pas tranchée. Dans tous les cas de figure, le coefficient dans ce domaine serait de 2.

La DGESCO a pris note qu’il y avait plutôt accord pour une épreuve orale de LV mais que rien n’était tranché sur le choix du déclencheur. Elle tient, en fait, à faire intervenir le PDMF dans le DNB.

Le ministère pourrait lâcher sur le contrôle continu en allant dans le sens de nos demandes. Il réfléchit aussi à d’autres pistes : éventuel retour de la prise en compte des notes en 4ème (ce qui n’aurait aucun sens depuis la disparition du cycle 4ème-3ème), renoncement au coefficient 2 en EPS si tout le monde était contre (ce qui n’est évidemment pas le cas du SNEP ; on peut entendre leur argument que l’EPS serait la seule discipline à être totalement absente, sous une forme ou sous une autre, des épreuves terminales ).

La DGESCO pourrait explorer la piste du 50-50 pour l’équilibre des coefficients entre contrôle continu et épreuves terminales.

Une nouvelle maquette devrait nous parvenir sous 48 heures.

Une 2ème réunion était programmée pour le jeudi 4 juin mais le SNES a fait remarquer qu’on ne pouvait pas continuer à discuter dans un cadre multilatéral restreint qui écarte systématiquement d’autres organisations syndicales.

Pour permettre à la DGESCO de rencontrer les autres organisations syndicales, le nouveau RV est repoussé au lundi 8 juin à 18 heures.

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