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Note sur les programmes (définitifs) d’histoire pour le collège Bilan des modifications apportées suite à la consultation officielle

Suite à la consultation officielle menée - ou pas ! - dans les académies, le groupe d’experts a apporté certaines modifications aux programmes d’histoire. Certaines répondent aux demandes de la profession, d’autres relèvent davantage de l’activisme de certains groupes influents... En outre, une liste de repères historiques a été ajoutée sans aucune consultation... En l’état, les programmes demeurent pléthoriques et présentent encore certaines difficultés. C’est pourquoi le SNES compte proposer plusieurs amendements au Conseil supérieur de l’Education (CSE) qui se tient début juillet.

Les programmes définitifs d’histoire ont fait l’objet d’un plus grand nombre de modifications substantielles que ceux de géographie. Si certains points critiqués ont pu être revus (par exemple, la réintroduction de l’étude de la civilisation arabo-musulmane en 5e ou encore le rééquilibrage entre les capacités « raconter » et « expliquer »), le caractère pléthorique demeure le problème majeur de cette réécriture – partielle et timide ! – des programmes d’histoire.

Une solution aurait été de permettre aux enseignants une véritable possibilité de choix parmi certains thèmes d’étude et même, comme en géographie, un volant horaire annuel dédié à une question d’actualité ou à un approfondissement librement choisi.

Globalement, ces programmes définitifs font apparaître l’influence des différents groupes qui ont demandé des modifications ou des ajouts dans les domaines de la parité ou celui des faits religieux (IESR). Ceci accentue la densité des contenus et allonge le catalogue des « repères » : par exemple, l’ajout de « l’Encyclique Rerum Novarum 1891 » n’était vraiment pas indispensable comme « capacité à connaître et utiliser » pour des élèves de quatrième !? C’en est caricatural…

Le détail des programmes (résumé)

La fin d’une périodisation calquée sur les quatre niveaux du collège est confirmée (le haut Moyen Age est coupé entre 6e et 5e ; Louis XIV passe en fin de 5e) mais l’idée d’un vaste chapitre comparatif sur les monothéismes en fin de 6e est abandonnée au profit d’un découpage proche des chapitres actuels.

En sixième

- Une heure ajoutée au chapitre introductif sur l’Orient.
- Outre quelques ajouts de détail, la modification majeure concerne le dernier chapitre sur les monothéismes : seuls le judaïsme et le christianisme sont étudiés (8-10 h) tandis que l’islam retrouve sa place en 5e.
- Ajout d’un dernier chapitre sur les « Empires chrétiens du haut Moyen Age » (5 h) : empires byzantins et carolingien qui occupent une place moins anecdotique que dans le projet initial et retrouvent leur horaire minimal actuel (5-7 h).

En cinquième

- Le haut Moyen Age demeure écartelé entre la 6e et la 5e, mais ce sont les « débuts de l’islam » (Islam ?) qui constituent désormais le premier chapitre d’étude. Par rapport au projet initial, le contenu a été développé dans le sens de l’histoire culturelle et d’un temps plus long (VIIe-IXe siècle) comme dans les programmes actuels.
- Le chapitre II sur l’Occident féodal (12-14 h) est réduit de 2 h par rapport au projet et retrouve un horaire comparable au programme actuel (13-14 h). La parité est explicitement affichée (« homme ou femme », « féminin ou masculin ») bien qu’elle ne corresponde guère à une réalité médiévale…
- Dans le chapitre IV sur la « Modernité », le thème des « Grandes Découvertes » a été intégré à celui portant sur les « bouleversements culturels et intellectuel » avec disparition de la notion d’« humanisme » et de la référence à la « mondialisation ».
- Le programme se termine, comme prévu, avec l’étude du « roi absolu ».

En quatrième

- Ajout de sept noms – surtout des sculpteurs – à la liste d’artistes : heureusement qu’elle « n’est ni impérative, ni limitative » !!
- Modifications de détail dans les chapitres I et II : retour de l’Encyclopédie ou du Congrès de Vienne parmi les « repères » ; suppression de l’étude des « grandes figures de la Révolution et de l’Empire ».
- Modification plus importante du chapitre III sur le XIXe siècle avec une réécriture plus dense du thème 1 sur l’« âge industriel » et ajout de repères : le « Manifeste du Parti communiste 1848 » (actuellement document de référence) et « l’Encyclique Rerum Novarum 1891 » (une nouveauté qui apparaît peu pertinente pour des élèves de 4e !). Par contre, on peut saluer l’ajout de « l’abolition de l’esclavage et suffrage universel en 1848 » comme capacité à « situer dans le temps ».
- Suppression des références à l’été 1914 pour éviter une redite avec le programme de 3e.

En troisième

- Ajout de cinq femmes à la liste d’artistes : vive la parité !
- Rééquilibrage du chapitre I sur « un siècle de transformations scientifiques, technologiques, économiques et sociales » avec diminution de 2h du volume horaire (désormais 6-8 h) et fusion des thèmes économiques et sociaux.
- Le chapitre II sur les « guerres mondiales et régimes totalitaires » regagne 2 h et quelques précisions tandis que les références à Clemenceau et à la guerre totale sont abandonnées.
- Le chapitre III sur la « géopolitique mondiale depuis 1945 » connaît quelques reformulations de détail.
- Le chapitre IV sur la « vie politique française » est toujours séparé du contexte mondial, mais rappelons que « le professeur est libre de traiter les programmes dans un ordre différent de celui dans lequel les thèmes sont présentés » (introduction aux programmes). Donc on peut parfaitement étudier le thème 2 sur 1940-1946 avec celui sur la Seconde guerre mondiale.
- Dans le détail : ajout des repères relatifs au « Régime de Vichy 1940-1944 », à la « fondation du CNR par J. Moulin 1943 » ou encore à la « libération […] droit de vote des femmes 1944-1945 » ; suppression de la référence à « Charles de Gaulle et la fondation de la Ve République 1958 »… Le gaullisme serait-il passé de mode !?

Les « repères »

Le programme d’histoire se termine par la liste des 47 repères temporels (43 repères dont certains avec 2 ou 3 dates) qu’« à la fin de la scolarité obligatoire, l’élève doit connaître et savoir utiliser ». Au total, on en retrouve moins que dans les programmes actuels (52 repères) mais certains sont plus précis (14 juillet et 26 août 1789, 22 septembre 1792).

Les repères qui disparaissent :
- la naissance de l’agriculture ; la naissance de l’écriture (au profit des « premières civilisations ») ;
- la dislocation de l’empire romain (ne correspond plus à la périodisation retenue) ;
- le baptême de Clovis (les Mérovingiens ne sont plus étudiés) ;
- la chute de Constantinople (l’Empire byzantin a failli disparaître des programmes) ;
- l’imprimerie ; les réformes protestantes (au profit de la Renaissance) ;
- les inventions : James Watt ; Pasteur ;
- la collectivisation ; les procès de Moscou (au profit de « 1924-1953, Staline au pouvoir) ;
- Hitler chancelier ; les lois de Nuremberg (au profit de « 1933-1945, Hitler au pouvoir »).

Parmi les suppressions ou simplifications, certaines manifestent-elles un parti-pris idéologique ?
- « 1936, lois sociales du Front populaire » devient « 1936, victoire électorale du Front populaire » ;
- « 1945, Sécurité sociale » disparaît ;
- « 1949, République populaire de Chine » disparaît ;
- « 1947, plan Marshall – indépendance de l’Inde » et « 1954-1962, guerre d’Algérie » deviennent « 1947-1962, principale phase de la décolonisation » ;

Parmi les nouveautés :
L’âge des églises romanes ; la première croisade ; la Renaissance ; l’édit de Nantes ; le congrès de Vienne ; Jules Ferry et l’école gratuite, laïque et obligatoire ; la loi de 1905 ; Verdun ; le Régime de Vichy ; le mur de Berlin (1961-1989), les années Chirac ; l’euro.

Enfin, certains repères font l’objet d’une nouvelle formulation : le VIIIe s. avant JC ; Périclès ; la « paix romaine » ; « Louis XIV, Versailles » ; le Consulat et l’Empire ; la Première Guerre mondiale ; Staline ; Hitler ; la Seconde Guerre mondiale ; la décolonisation.

Groupe Histoire-Géographie du SNES-FSU - juin 2008

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